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dans le but d'améliorer les conditions matérielles et morales de son peuple. Mais après deux ans d’un labeur incessant, il se heurta à tant de difficultés qu'il fut obligé de renoncer à l’exécution de son projet, et plein d’amertume et de désappointement cruel, il se retira du monde. Dans sa vie isolée, il devint la proie de méditations sombres sur le sort de l'humanité. D'un autre côté, c’est le poète Freiligrath qui décrit la misère sociale dans un poème célèbre qu’il adressa directement au roi de Prusse le menaçant de l'explosion du courroux populaire.
De ce qui précède, il résulte que l’atmosphère de tous les pays de l'Europe était déjà à cette époque bien chargée d'idées socialistes. L'idéal d’un nouvel ordre des choses travaillait toutes les têtes, mais c'était surtout la France, avec Paris pour centre du mouvement social, qui était devenue une vraie fournaise où
S’agitait le problème social et où l'Etat même prit l'initiative pour ven trouver la solution; car la Constitution de 1789, en procla-
mant les droits de l’homme et en accordant les droits de citoyen et l'égalité civile et politique à tous les Français sans distinction de classe ni de religion, renfermait déjà en elle-même le principe du droit de travail et le devoir de l'Etat de faciliter par le travail les moyens d'existence à la classe ouvrière. Malheureusement, la révolution qui avait supprimé les classes privilégiées, tels que la noblesse de naissance et le haut clergé, avait créé une autre noblesse représentée par la bourgeoisie capitaliste. Il en résulta que la classe ouvrière, après avoir secoué les chaînes du servage, resta soumise à la tyrannie du capitalisme qui arriva à son plus haut degré sous le régime industriel créé par le gouvernement
Libéral de Louis-Philippe. Toutefois, les doctrinaires du socia-
lisme français et anglais, tels que Owen, Godwin, Fournier, Cabet et Prudhon, ne sont pas sortis du domaine de la théorie 3 ils se sont contentés de jouer le rôle d’apôtres en faisant la propagande en faveur de leurs doctrines basées sur un prin- Ccipe métaphysique : la croyance dans la bonté de Dieu ou de la nature : « Dieu, dit Fourrier, est bon, et le monde qu'il a créé ne peut être que bon. L'homme est perfectible, et prétendre que la perfection n’est pas faite pour les hommes, c’est accuser Dieu de méchanceté. » Cabet, de son côté, dit qu’il est impossible d'admettre que la destinée de l’homme soit d’être malheureux sur la terre. Lorsqu'on considère qu'il est essentiellement sociable et
314 LES GRECS ET LES SÉMITES par conséquent sympathique et affectueux, il n’est pas possible d'admettre qu'il soit naturellement méchant. Les troubles et les désordres, les vices et les crimes, les guerres et les révolutions, les catastrophes et les calamités, ne sont pas l'effet de la volonté de la nature; leur cause est dans la mauvaise organisation de la société. Par conséquent, il faut changer l’organisation, et le meilleur ordresocial conduisant l'humanité au bonheur et à la perfection est un problème de l'intelligence et de la raison. Lessocialistes anglais Owen et Godwin étaient à peu près du même avis. Ils admettaient que l’état rationnel de l'existence humaine est basé sur les lois immuables de la nature et que l’ordre positif actuel est artificiel et ne peut être que préjudiciel à la société. Par conséquent, ce qu'il faut, c’est le retour à la nature. Au fond, ce n'était qu'un réveil de la théorie de J.-J. Rousseau. Proudhon d’un esprit plus pratique, abandonnant le côté religieux et moral du problème prétendait qu’il faut créer avant tout la science sociale. En résumé, tous ces doctrinaires ont mis leur confiance de la réussite de la solution du problème social dans la propagande de leurs idées, tant parmi les classes pauvres que riches ; ils espéraient que le prosélytisme seul suffirait pour convertir l’humanité au régime de la communauté et ils étaient tout à fait opposés à l'emploi de moyens violents pour imposer leur idéal. Il est tout naturel que les défenseurs de ces doctrines utopistes n'aient pu exercer une influence quelconque sur l'esprit du xIx° siècle enclin à la critique et animé de l’amour du gain, des plaisirs et du luxe ; ils ont surtout oublié que les puissants et les riches ne se déposséderont jamais volontairement de leurs biens et de leur position privilégiée.
L'homme perspicace et mieux pénétré que tous ses devanciers
de l’origine de la misère sociale, et connaisseur plus profond de l'histoire de l’organisation vicieuse de la société actuelle, fut sans
doute Karl Marx, le vrai fondateur du socialisme moderne. Tou-
tefois, il faut reconnaître que Ferdinand Lassalle, son contemporain fut, non seulement un des hommes les plus remarquables du mouvement socialiste en Allemagne, mais aussi le premier qui éleva la voix en faveur des classes opprimées. C'est lui qui, en 1849, a exposé dans la Nouvelle Gazette rhénane, en des couleurs très sombres, la situation des classes ouvrières, mettant en lumière leurs conditions malheureuses d'existence en contraste
avec l’opulence et les richesses accumulées par les capitalistes au .
moyen du travail fourni par la main des ouvriers. En 1848, il s’engagea dans le parti démocratique des provinces rhénanes, et
en.
LL épcitu Lattes, - "4
peu après que le gouvernement prussien eût dispersé l’Assemblée nationale de Francfort, Lassalle fit valoir sa puissante éloquence pour entraîner le peuple à une résistance armée. Il fut arrêté et jeté en prison, mais il réussit, par sa défense éloquente, à se faire absoudre. Après sa mise en liberté, il se consacra complètement aux études philosophiques et littéraires ; il publia un ouvrage en deux volumes sur la philosophie d'Héraclite, qu’il interpréta magistralement dans le sens du système hegelien., En 1859, il fit paraître une tragédie historique, Frantz von Sickingen, où il met en relief le grand agitateur du xvi° siècle, Ulrich von Hutten. Dans la même année, il publia une brochure sur la Guerre austro-italienne et le rôle futur de la Prusse, où il développait un plan de politique nationale que Bismarck soumit au roi de Prusse et fit mettre à exécution avec succès, quelques
années plus tard. En 1860, il publia un autre ouvrage de juris-
prudence, en deux volumes, sur le Système des droits acquis, ayant pour but une réconciliation entre le droit positif et la philosophie de droit. Mais engagé dans le parti démocratique qu'il défendait non seulement par ses écrits, mais aussi par ses actes,
il ne cessa de consacrer son activité aux questions économico-
sociales, et il devint le fondateur de la démocratie sociale allemande. C'est dans la réponse au Comité central de Leipzig, où il demandait la convocation d’un congrès d'ouvriers allemands et où il développait, sous une forme brillante et avec une clarté pénétrante, les trois principes fondamentaux de son Credo : 1° La loi d’airain où soit la loi des salaires, d’après laquelle la demande du travail augmente, et la rétribution s'élève à mesure que croissent la population et les débouchés, mais ce n’est que le salaire
, nominal qui augmente, car le prix des objets et des substances
alimentaires s'élèvent du même pas, à cause de la rente que peuvent exiger les propriétaires du sol et qui croît avec le nombre des compétiteurs. Lassalle en conclut que l’ouvrier ne peut Jamais, par ses propres efforts, sortir de la misère. Il doit toujours, sous le régime de la concurrence, vendre son travail contre
la quantité de rétribution strictement nécessaire à sa subsistance
et à celle de sa famille ; 2 la concurrence a pour conséquence l'appauvrissement de la classe ouvrière, ainsi que l’accroissement des profits et de l’entreprise du capital; 3° pour mettre fin à cet état de choses, il est nécessaire de fonder des associations entre le travaïl et le capital, donnant le droit aux ouvriers de prendre part aux bénéfices du produit de leur travail. Lassalle doit être considéré comme un des précurseurs du socialisme
d'État en Allemagne, car il donnait à la démocratie ouvrière la conscience d’elle-même, en lui montrant en même temps la main protectrice de la royauté prussienne. Dans un célèbre discours, au parlement, il indiquait au futur empire d'Allemagne, la mission de protéger le prolétariat contre la concurrence. Ce discours lui a valu les éloges les plus éclatants, en plein Parlement, du chancelier de Bismarck, qui reconnut en lui l'homme de cœur, animé de sentiments national et monarchique, faisant les plus grands efforts pour réaliser un idéal national, l'Empire allemand. C'était d'autant plus méritoire de la part du chancelier que Lassalle était juif, et qu’il figurait au premier rang parmi les champions les plus saillants de la démocratie allemande. Cela prouve, d’une manière incontestable, que Lassalle fut le fondateur du socialisme de la chaire; où soit le socialisme d’État. En échange, Karl Marx fut le fondateur du socialisme radical révolutionnaire, auquel il a su donner une interprétation scientifique, en cherchant dans l’histoire une base pour une loi générale d'évolution du capital, traçcant l’histoire de son origine dans le passé et établissant son rapport futur avec le travail. En conséquence, il considérait l’organisation économique actuelle comme une forme évolutive de celle du moyen-âge, de même que celle-ci, comme le résultat d’une transformation du régime économique de l'antiquité. Mais l'originalité de son système économique consiste plutôt en une théorie nouvelle sur l'origine du capital en opposition à celle de l’école libérale moderne selon laquelle le capital est une conséquence de l’épargne ou de la consommation reproductive, et le profit du capital résulte de la loi normale de la valeur, tandis que pour Marx, le capital est la conséquence d’une spoliation séculaire, et le profit du capital se forme par la violation des lois normales de la valeur. D'après lui, le capitalisme suppose l'existence antérieure du servage et de l'esclavage, d’où il résulte que le capital n’est que l'accumulation du surtravail ou du travail non payé, et le surtravail n’est qu'une corvée plus lourde et plus savamment organisée que celle à laquelle le serf était assujetti. Le socialisme de Marx est également la négation du rôle social de l'épargne. Epargner, ce serait à la fois acheter du surtravail et tuer l'échange pour acheter ce surtravail à meilleur compte. L'humanité, d’après lui, ne pouvait s'affranchir du joug des forces physiques que grâce à la division du travail, et c’est avec la division du travail que la société s’est scindée en classes inégales, dont l’une a accaparé les moyens de production et fait travailler l’autre à son profit.
Le premier écrit qui a appelé l'attention du monde savant sur Karl Marx futson Manifeste communiste, publié à Bruxelles en 1847, en collaboration de Engel. Ce document remarquable, riche en idées originales, contient d’abord des considérations philosophiques et historiques sur l'évolution de la société, ensuite un grand nombre de concepts qui révèlent un esprit supérieur et de pénétration, mettant en lumière tous les points faibles et noirs de l’organisation sociale actuelle. Ce qui paraît surtout prodigieux, C'est l'exposition des faits, vraiment lumineuse chez un jeune homme d'une vingtaine d'années. Voici quelques idées fondamentales de ce document : « L'histoire de l'humanité est l'histoire des luttes de classes et l’histoire moderne est celle de la lutte entre la bourgeoisie et le prolétariat. » — «La formation des classes et leurs relations sont le résultat des conditions économiques de production et de distribution qui à leur tour dépendent des régimes de gouvernements respectifs. » — «Le bouleversement des régimes économiques est la conséquence forcée des luttes de classes. Dans notre temps, c’est la bourgeoisie qui représente le régime économique en décadence, tandis que le prolétariat représente le régime nouveau dans sa première phase d'évolution. Le mouvement du prolétariat n’a donc d'autre but que l’organisation des éléments de la société destinés à démolir le pouvoir de la bourgeoisie et à conquérir les forces productives sociales nouvelles pour remplacer la propriété et la production individuelles par celles de la communauté. »
Inspiré par la philosophie naturaliste de Feuerbach, Marx a cherché une explication réaliste et objective de l’évolution humaine, ce qui l’a amené à formuler la théorie d’après laquelle
toutes les institutions sociales, tant politiques que religieuses,
sont le résultat des forces productives de la collectivité en rapport avec les conditions économiques du pays et que la misère Sociale est due à la lutte de classes. Il est incontestable que Marx, malgré ses puissantes facultés intellectuelles et sa grande culture scientifique, ne serait jamais arrivé à former ses lois d'évolution sociale s’il n'avait pas vécu à l’époque où le capital était déjà arrivé au pouvoir, ayant créé des sources nombreuses de production, grâce au travail accumulé par les forces combinées des machines et des mains d'ouvriers, car avant que la science avait découvert les forces motrices de la vapeur et de l'électricité, les forces productives de la collectivité étaient encore assez limitées, et la classe bourgeoise, à peine sortie de
la phase révolutionnaire, se trouvait encore en pleine lutte pour conquérir le pouvoir ; par conséquent, elle acceptait de bon gré la doctrine que les institutions sont le produit des conditions sociales et économiques. Mais une fois arrivée au pouvoir, la bourgeoisie est devenue conservatrice et s’est refusée à reconnaître la théorie qui admet que la misère sociale est l'effet des conditions économico-sociales et qu'il suffit d’un changement de cet ordre de choses pour améliorer le sort de la société. Elle prétend au contraire que tout changement, pour être stable, ne peut se faire que par la voie d'évolution, lentement et progressivement, qu’il est d’abord nécessaire d'améliorer l’état, moral des hommes et de modifier leur mentalité, et qu’au lieu de maintenir un esprit d’animosité parmi les différentes classes sociales, il conviendrait d'amener le calme dans les esprits et la justice dans
l’ordre économique ainsi que la paix entre le capital et le travail.
Il est vrai que déjà avant Marx, avaient surgi plusieurs systèmes socialistes, ayant eu pour auteurs Proudhon et Blanqui en France, Lassalle en Allemagne, Hopkins et Thomson en Angleterre, qui renfermaient quelques-unes des théories contenues dans le programme de Marx, mais l'originalité de Marx consiste en ce qu’il a ramené tous les problèmes en un seul, celui du capital, et donné une explication nouvelle de son origine et sa formation en proclamant des principes économiques distincts de ceux de Smith et d’autres économistes, et en les appuyant sur une conception nouvelle de la plus-value et des
bénéfices ; en un. mot, il a fondé le socialisme scientifique. Bien.
que celui-ci ait été dans ces dernières années l'objet de critiques sévères et de discussions raisonnées au sein des Congrès socialistes, au point de subir des modifications sérieuses, cela ne change pas la valeur de son interprétation économique et philosophique de l'histoire.
Quoi qu’il en soit, si on juge cette doctrine au point de vue de l'évolution humaine en rapport avec la liberté individuelle, il faut considérer le collectivisme comme une négation de l'initiative particulière, des droits individuels et des principes de la propriété individuelle, et par conséquent comme une des nombreuses utopies rêvées par quelques cerveaux généreux,
mais irréalisables dans la pratique; mais si l’on juge au point de
vue de l’évolution de la morale sociale, on est forcé de reconnaître que Karl Marx occupe le premier rang parmi les philosophes socialistes du xix* siècle, ayant exercé, de même que Darwin une grande influence sur les Anges de notre époque, par
le fait seul.d’avoir su associer la connaissance profonde de la philosophie de l’histoire d'évolution de son siècle à l'idéal le plus élevé d’une nouvelle forme de la vie sociale et synthétiser les opinions de grands penseurs d’autres pays dans un corps de doctrine à lui, dans le seul but de renouveler les conditions d'existence de la société humaine. |
Pour nous rendre mieux compte de la haute personnalité de Karl Marx, il n'est pas sans intérêt de connaître le milieu et les circonstances dans lesquels il s’est élevé et qui ont contribué puissamment à la formation de son intelligence et à l’évolution de ses principes. | |
Né en 1818, à Trèves, de parents israélites, d’un père allemand,
avocat de profession, et d’une mère hollandaise, tous deux
d'esprit très cultivé et versés dans la littérature étrangère, Marx s’appropria, dès sa première jeunesse, l'esprit cosmopolite de ses parents et le goût pour la littérature internationale: de plus, il utilisa les rapports intimes de sa famille avec celle de Westphal,
dont le fils, le baron Edgard Westphal, plus tard ministre prussien, lui servit de mentor dans l'instruction littéraire. Le
jeune Marx fit ses études de philosophie et d'histoire à l’'Université de Bonn, avec l'intention de se consacrer au professorat. Mais s'étant signalé de bonne heure par ses idées libérales, il fut l'objet de persécutions de la part des autorités prussiennes, et,
voyant sa carrière brisée, il se fit journaliste. fl publia la … Rheinsche Zeitung für Politik qui était à cette époque le journal le
plus radical de l'Allemagne. En 1843, il se maria avec la fille du baron de Westphal. En 1844, se voyant traqué par la police prussienne, il émigra à Paris où il fonda les Annales en combinaison avec l'éditeur allemand du Vorweærts. A l'instigation du
Souvernement prussien, le ministère Guizot l'expulsa. Il passa
quelque temps à Bruxelles où il fonda une branche de la Fédération communiste dont le centre était Paris et où il publia son Manifeste communiste, mais en 1849, il s'établit définitivement à Londres, Doué de facultés intellectuelles très puissantes, et renseigné de bonne heure, par Sa triste expérience, sur l’état
d'âme du peuple allemand et sur l'esprit réactionnaire de ses
gouvernants, il n’y a rien d'étonnant que son cœur se fût rempli d’amertume contre tous ceux qui opprimaient l'essor de l'esprit et le sentiment de liberté. Il dirigea particulièrement son attention sur les rapports psychologiques et historiques dans le mouvement
* - lent de l’évolution de l'humanité et il finit par se persuader qu'il ‘n'y à jamais de mouvement politique, qui ne soit en même
temps social et que pour obtenir un changement dans l’ordre politique, il faudrait d’abord accélérer le mouvement dans l’ordre social. Pour cela, il est nécessaire que le prolétariat arrive à la connaissance de son triste état. Aussitôt il se mit -à l’œuvre en collaboration avec son ami Engel. Il commença par développer sa théorie dans plusieurs publications anglaises, françaises et allemandes, et ensuite il consacra ses plus grands efforts à l'ouvrage Le Capital, en trois volumes, qui l’a rendu célèbre. Le premier volume parut en 1873, le second en 1885 et le troisième en 1894. Mais comme homme d'action, il ne se contenta pas
d'écrire des livres, il mit sa volonté en action dans le but de
fortifier le prolétariat par l’union et l’organisation sous la forme internationale, avec la devise : l'émancipation économique et politique du prolétariat. |
Il est incontestable que l’œuvre de Marx a grandi et prospéré même après sa mort. Le prolétariat de tous les pays s’est orga-
nisé pour la défense de ses intérêts collectifs, mais si nous
jugeons d’après l’expérience de ces dernières années, il renferme dans ses principes mêmes les germes de la décomposition future. C'est la haïne contre la classe bourgeoise, et comme la haïne est incapable de créer et de fonder une chose durable et encore moins les assises d’un édifice social, il est improbable qu’une nouvelle société, avec des conditions de vitalité, puisse naître, grandir et se consolider sur un terrain miné par les’ microbes de la haine. La nouvelle société ne sera formée que sur le principe de l'amour du prochain et de justice et sur le sentiment de la solidarité humaine, qui forceront les deux partis aujourd'hui en guerre à signer la paix et amèneront la réconciliation entre le capital et le travail. | | |