‹ Les Greffes Dermo-Épidermiques d'Ollier-Thiersch: Historique – Technique Opératoire Indications ThérapeutiquesChapitre 14 sur 41 · V. -- L'opération elle-même et ses différents temps · texte numérisé non relu

V. -- L'opération elle-même et ses différents temps

l'opération elle-même comprend deux temps principaux . l" la taille des greffes, 2° leur transport sur la plaie.

A. — Taille des greffes.

Avant d'aborder la question de la taille des lambeaux, il nous paraît utile de rappeler ici tout d’abord les diverses expériences faites sur le degré de résistance de la greffe.

WENTSCHER [430] nous fournit, à ce sujet, des documents intéressants. Il a pu conserver des lambeaux d’épiderme dans une solution salée stérile ou même à sec, sur de la gaze, pendant 22 jours. Dans ce dernier cas, on ramollissait la greffe dans de l’eau salée au moment de l’employer.

Sur 59 cas, 30 donnèrent microscopiquement un résultal positif, mais 18 seulement furent suivis d’un succès clinique.

Des fragments de peau, placés pendant 2, 6, 8 jours, même pendant six mois, dans du liquide d’ascite par LJUNGREN ont pu, après ce délai, reproduire de l’épithélium.

Cet auteur réussit à greffer avec succès des fragments d'épiderme qui avaient séjourné un mois dans du liquide d’ascite.

Ceci n’a plus lieu de nous étonner, aujourd'hui, car nous savons, d’après les récentes et remarquables recherches de JARREL, que des organes ou fragments d'organes, immergés dans le liquide de Locke, peuvent, pendant un temps très long, conserver leur vitalité.

Sans aller si loin, Dupraz [118] a prouvé que l’on pouvait appliquer sur une plaie des greffes de Thiersch provenant d’une jambe amputée 9 heures auparavant et les voir reprendre et proliférer. GIRDNER, enfin, a greffé avec succès des lambeaux prélevés sur un cadavre six heures après la mort.

On sait que la peau résiste mieux au froid qu’à la chaleur. Un lambeau maintenu pendant 14 heures à une tempéra-

tie

ture de 5°, à pu être greffé avec succès (WENTSCHER) [432], 434]. Les hautes températures exercent sur la vitalité du issu une influence fâcheuse. Toutefois WENTSCHER [434] nous apprend de nouveau que l’épithélium n’a pas été détruit, dans une de ses expériences, par l'exposition à —- 50° pendant un quart d'heure.

Bien qu'il ne faille pas attacher trop d'importance à des expériences isolées, ces faits nous éclairent suffisamment sur le pouvoir de résistance du tissu à greffer.

Ils démontrent que si l'opération de la greffe ne réussit pas toujours, la faute doit en être attribuée à d’autres causes qu'aux mauvaises conditions de température auxquelles est soumis le lambeau ou à la durée de son exposition à l'air.

Autant que possible, les greffes seront prises sur le patient lui-même.On n’est pas encore bien fixé sur les inconvénients qu'il y a à faire des greffes homoplastiques, c’est-àdire à greffer des lambeaux empruntés à un sujet différent. L'âge exerce-t-il une influence ? Y a-t-il des avantages à greffer sur un enfant, de la peau provenant d’un adulte; ou sur un adulte, de la peau provenant d’un vieillard ? Ces points ne sont pas complètement élucidés. |

De nombreux faits cliniques semblent prouver que l’origine homogène de la greffe n’est pas un obstacle à sa reprise. Mais nous pensons qu'il y aurait lieu d'approfondir ce point, car on cite des cas d’insuccès chez des malades ayant reçu des lambeaux provenant d’une autre personne. DoBsoN raconte que des lambeaux pris sur un vieillard pour être transplantés sur un adulte ne réussirent pas, tandis que la réussite fut complète lorsqu'on les eut empruntés à un élève du service.

Mais un des inconvénients les plus sérieux de la greffe homoplastique, réside dans la possibilité de l’inoculation de maladies telles que la syphilis et la tuberculose.

M. Féréoz [134] a communiqué à la Société médicale des Hôpitaux, en 1881, une observation recueillie par le Docteur

Page 1