INTRODUCTION
Les greffes constituent un des procédés de réparation chirurgicale les plus féconds en pratique. Aussi de tout temps, les chirurgiens ont-ils songé, en présence d’une vaste plaie qui ne se cicatrisait pas, à hâter la guérison par la transplantation de téguments étrangers.
Il y a deux grandes méthodes très différentes de transplanlation cutanée : dans l’une, le lambeau de peau, qu'il la comprenne toute entière ou qu'il ne soit composé que d’une ou de plusieurs de ses couches, est complètement détaché du lieu où il a été pris : c’est la greffe proprement dite ; dans l’autre, le lambeau transplanté est laissé rattaché à son lieu d'origine par une portion plus ou moins large de son pourtour, le pédicule, et, par lui, conserve des connexions vasculaires qui entretiennent sa nutrition jusqu'à ce qu'il ait « pris racine » : c’est une véritable autoplastie.
De par définition l’autoplastie étant éliminée, il y a à considérer, d'après GraRD [166], trois sortes de greffes, suivant l'origine du transplant : 1° la greffe autoplastique où mieux la greffe autogène (pour ne pas employer un qualificatif qui peut prêter à confusion), dans laquelle le lambeau est emprunté au malade lui-même ; 2° la greffe homoplastique dans laquelle le transplant est emprunté à un autre individu ; 3° la greffe hétéroplastique ou hétérogène dans laquelle le lambeau est emprunté à un individu d’une espèce différente, à un animal par conséquent ; aussi la désigne-t-on souvent sous le nom de z0ogreffe.
Depuis quelques années, on n’emploie plus guère que la greffe à grands lambeaux dermo-épidermiques, dite greffe d'Ollier-Thiersch. Mais avant d'en arriver à cette méthode bien connue aujourd'hui et qui donne de si beaux résultats, on à longuement tatonné, longuement discuté, ainsi que le montre l'exposé historique que nous allons faire, véritable revue critique qui fera voir les différentes phases par lesquelles a passé la méthode.