OBSERVATION II
(Du Docteur JALIFIER, Lyon Chirurgical, janvier-février 1920)
Et Jules, 340 rég. d'infanterie.
Blessé le 27 août 1918. « Blessure, par éclat d'obus, de la région de la tabatière anatomique gauche, avec section des-tendons du pouce, des tendons des radiaux, et ouverture de l'articulation radio-carpienne. Ligature de la radiale. Cicatrisation complète, deux mois après la blessure. »
Vu le 10 mai 1919, — Cicatrice adhérente au squelette de la région de la tabatière anatomique, transversale. Ankylose à peu près complète du poignet en flexion légère. Petits mouvements du pouce possibles uniquement par le jeu des muscles de l’émi-
nence thénar ; l'opposition est possible mais sañs force avec l'index, et déjà impossible avec le médius.
Intervention le 27 mai 1919. — Résection de la cicatrice cutanée transversale. Mobilisation du poignet qu'on redresse, ce qui exige quelque force. La recheche des extrémités tendineuses est facile pour les bouts inférieurs ; celles des bouts supérieurs exige une incision longitudinale sur la face postérieure de l’avant-bras. On reconstitue le tendon du premier radial par un greffon mort de trois centimètres, puis successivement les tendons du long abducteur et du court extenseur du pouce, par des greffons morts de trois, et trois centimètres et demi. Le tendon du long extenseur est restauré par suture directe.
On emploie comme greffons morts, des tendons de patte de chien. Suture au fil de lin fin. On fixe au catgut l’aponévrose au-dessus des greffons. Suture cutanée aux crins. Immobilisation plâtrée, le poignet étant en extension, le pouce en abduction et extension modérées.
Au huitième jour, ablation des fils. La plaie s’est cicatrisée par première intention. È
Au vingt-troisième jour ablation du plâtre. Le doigt est laissé libre pour permettre les mouvements actifs cui s'ébauchent.
Le 10 août, le pouce a recouvré ses, mouvements dans leur intégrité la plus absolue. Le blessé peut à volonté l'étendre au maximum, à angle droit'avec l'index. ,