‹ Les Greffes Tendineuses MortesChapitre 9 sur 22 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

(Du Docteur JALIFIER, Lyon Chirurgical, janvier-février 1920)

B... Albert, ouvrier mobilisé. 4

Le 10 juillet 1918, cet homme est pris sous un éboulement et reçoit un bloc de pierre sur l’avant-bras gauche. Il entre à l’hôpital le lendemain.

On constate : « Large arrachement de la face dorsale de l'avantbras, intéressant surtout le côté radial. Gros délabrement musculaire et vaste déchirure cutanée qui empêchent toute suture. »

Nettoyage du foyer d'’attrition ; remise en place aussi bien que possible des lambeaux cutanés. Immobilisation de la main sur une attelle qui relève le poignet et les doigts.

Pour raisons militaires, quitte aussitôt l'hôpital.

Revient le 28 octobre 1918. « Cicatrisation complète de la plaie ; mais il existe une double déformation : 1° chute de la main en inclinaison cubitale ; 2° immobilisation du pouce en flexion dans la paume ? gêne des mouvements de flexion des autres doigts

consécutive à cette position vicieuse. Pas de -contracture. » Il

s'agit d'une perte de substance musculaire ou tendineuse, intéressant les muscles du côté radial de l’avant-bras.

Intervention le 12 décembre 1918. — Longue incision sur la face dorsale du pouce et de l’avant-bras. Les extrémités inférieures des tendons du long abdueteur, du court extenseur et du long extenseur du pouce sont facilement retrouvées. La section

RD ne

a porté très bas, au niveau de la tabatière anatomique. On isole ces extrémités tendineuses du bloc cicatriciel qui les englobe. Le tendon du premier radial externe est intact. Le deuxième radial externe à été sectionné an niveau du poignet ; les deux extrémités en sont facilement retrouvé»s : la perte de substance est de cinq centimètres.

Le traumatisme a arraché les autres tendons au niveau de l'insertion musculaire, et le corps du muscle lui-même a été partiellement détruit : La perte de substance varie de six à huit centimèetres.

On comble ces pertes de substance par des greffons morts. Suture soigneuse au fil de lin fin, le pouce étant en extension modérée, la main en inclinaison légère sur le bord radial. Suture de la peau aux crins, avec drainage du décollement cutané par un faisceau de crins.

Immobilisation de la main dans la position de suture, par une attelle plâtrée. :

“Au septième jour, ablation des fils ; réunion de la plaie par première intention. k

Au quinzième jour, ablation du plâtre. Le blessé ébauche quelques mouvements. On maintient encore l’immobilisation pendant une dizaine de jours.

Le 8 février. Le malade à peu à peu repris l'usage de son pouce. La greffe n'agit pas seulement comme un tracteur mort permettant l’action des fléchisseurs, mais il existe des mouvements actifs et notables d'extension. Il n'arrive pas à faire l'angle droit avec le pouce et l'index, peut-être à cause de ce fait, que nos sutures n’ont pas été faites en hyperextension. L'électrisation des muscles permet de sentir la corde fournie par les tendons au niveau de la tabatière anatomique. La main n’est plus inclinée sur le bord cubital, et la force d'inclinaison radiale est redevenue normale.

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