OBSERVATION VII
(Due à l’obligeance du Docteur M. DURAND)
R..…. Louis, 9% rég. d'inf.
Blessé le 24 janvier 1918, à Verdun. Prisonnier soigné en Allemagne.
Plaie par éclat d’obus de l’avant-bras droit, sur le bord interne, ayant pénétré à travers la masse des épitrochléens, à trois doigts du coude environ. Rétraction de l'index, complètement fléchi dans la paume, impossible à redresser. En fléchissant complètement le poignet, on obtient un certain degré d'extension. Un projectile est repéré à deux doigts au-dessus du poignet, au ‘niveau des vaisseaux radiaux. Le rétraction de l'index semble donc être en rapport avec une altération tendineuse dont le siège parait devoir être au niveau du projectile. £
Intervention Le 24 juin 1919. — Ablation du projectile. IL s’agit d'un éclat d’obus, très adhérent. On ne fait aucune dissection, de sorte que l'état des lésions n’est pas reconnu. Le blessé est envoyé deux mois en convalescence
Au retour, même état du doigt. :
Nouvelle intervention Le 27 août 1919. — Incisson sur le bord radial du grand palmaire. On se porte vers la cicatrice et on y recherche le tendon qu’on suppose adhérent. On ne le trouve pas. On fait alors une dissection méthodique de la région, et on recherche le paquet des tendons fléchisseurs. Parmi eux, un seul est rétracté, il est situé profondément ; on s'assure que le jeu de tous les autres est parfait, Après s'être rendu compte que le tendon rétracté est bien le long fléchisseur de l'index, on le sectionne franchement en travers au-dessus de la gaîne des fléchisseurs, ce qui permet le redressement immédiat et complet du doigt rétracté. Pour obtenir l'extension complète de l'index, on est obligé d'écarter de six centimêtres les deux bouts du tendon sectionné. On comble cet intervalle par une greffe de tendon mort de même longueur. Suture soigneuse au catgut. Fermeture de la plaie aux crins, sans drainage.
Immobilisation au plâtre, le doigt étant en extension correcte.
Au septième jour, ablation des fils. Réunion de la plaie par première intention.