INTRODUCTION
« La greffe animale, à dit Paul Bert, n’est ni une question, ni un ensemble de questions, mais toute une méthode,
que l’on peut employer pour la solution de maints problèmes physiologiques, et dont les savants qui S’occupent de physiologie morbide pourront un jour tirer les plus habiles résultats. »
Cette prédiction scientifique illustrée et brillamment confirmée d’abord par les travaux de l’éminent physiologiste ne cesse de se réaliser entre les mains de ses successeurs.
Pratiqué couramment dans le règne végétal, cet ancien mode de réparation devait attirer les recherches d’expérimentateurs nombreux. Appliqué à l’homme, les résultats en demeurèrent longtemps incertains, souvent contradictoires.
Peu à peu la greffe est sortie du cadre que lui avait assigné P. Bert. En une symbiose féconde, biologistes et chirurgiens ont uni leurs efforts. Depuis l’apparition de l’aseptie, plus récemment à la suite des travaux retentissants de Carrel et Guthrie, cette question a été remise à l’ordre du jour, avec une vitalité accrue par l’intérêt qu’elle présente. ;
Elle est entrée dans le domaine de la thérapeutique chirurgicale, où elle constitue une précieuse ressource.
Les traumatismes de guerre ont multiplié comme à l’envie les plaies contuses, les vastes délabrements avec pertes de substance parfois considérables. Des impotences fonctionnelles plus fréquentes et plus graves qu’en temps normal en furent la conséquence.
Le champ des applications chirurgicales s’élargissait avec la variété des lésions produites. Pour suppléer aux tissus déficients, réduire les impotences on eut recours à des procédés nouveaux.
Par: les résultats qu'on en pouvait espérer, les greffes. acquirent en chirurgie réparatrice uné place prépondérante : greffes vasculaires, tendineuses, osseuses, nerveuses, ete., devinrent opérations courantes.
Nous avons eu l’occasion de voir pratiquer dans leservice de notre maître, M. le docteur Durand, quelques ténoplasties, par le procédé de MM. Nageotte et Sencert. Il semble appelé à rendre d’utiles services et devoir obtenir droit de cité dans le domaine chirurgical.
Nous allons, après un aperçu historique des divers modes de restauration tendineuse, l’exposer brièvement, ‘et étudier les résultats qu’il nous a fournis.