HISTORIQUE
La ténorraphie est depuis longtemps entrée dans la pratique chirurgicale. Elle compte à son actif d’innombrables suecès, et c’est le procédé de choix pour réparer les solu-
tions simples de continuité résultant de blessures des ten- .dons. s
Par suite de conditions physiologiques, ou de par la nature même de la lésion, il est souvent impossible d’avoir recours à cette opération.
Sous l’influence, par exemple, de la tonicité ou de la contraction musculaire, capable à elle seule de provoquer une rupture, par le jeu normal des muscles antagonistes, | les extrémités tendineuses, sollicitées par des forces opposées s’écartent secondairement au point de rendre vaine toute tentative de rapprochement, quand l’une d'elles n’a pas été immédiatement arrachée, ou partiellement détruite.
Au lieu d’une section franche, l’agent vulnérant peut occasionner une plaie irrégulière : les tissus lésés sont
. attris et contus; les tendons dissociés impropres à la suture directe.
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Les infections, enfin, amènent par un processus nécro- : sant, l’élimination des tendons sphacélés et exfoliés. Quelquefois atténuées elles n’aboutissent point toutes à: ce stade ultime; elles provoquent cependant des réactions inflammatoires de voisinage : une masse cicatricielle se forme aux dépends des tissus conjonctifs devenus fibreux et adhérents, où tous les organes englobés demeurent paralysés. Des rétractions musculaires peuvent également s’en suivre. è
Dans les plaies récentes où existe un grand écart des extrémités tendineuses, comme dans les lésions anciennes où s’est établie une cicatrisation à distance défectueuse, on à mis en œuvre divers artifices pour rétablir la continuité.
I. Autoplasties. — Dès le xvi‘ siècle, Andrea della Croce, est d'avis qu’on doit toujours suturer les tendons écartés, car, dit-1l, s'ils ne se réunissent pas par leur propre substance, 1ls se réunissent en suite par l’intermédiaire de la cicatrice cutanée et des parties charnues. Chassaignac - (1854) semble s'être inspiré de cette idée, quand il a réuni un bout de tendon à une cicatrice cutanée où l’autre bout était adhérent.
Missa, en 1770; paraît être le premier à avoir réalisé l’anastomose tendineuse. Lefort, Tillaux, Duplay et Schwartz ont vulgarisé ce procédé en y adaptant quelques modifications.
De nombreux chirurgiens se sont proposé d’allonger le tendon pour suppléer à la portion déficiente : Prioleau, Rabère, Boyer, ont eu recours à des autoplasties par glissement, après section complète au-dessus de la lésion.
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Poncet, par section partielle, dite en « accordéon » : -Hibbs, au moyen de deux incisions à angle droit inversées ont obtenu des résultats appréciables.
Czerny à préconisé le dédoublement du bout proximal, qu’on renverse sur son pédicule, et suture au bout distal: avec de légers perfectionnements, c’est le moyen auquel on s'adresse le plus souvent aujourd’hui.
Ollier conseille de combler la perte de substance à l’aide de fragments autoplastiques, que l’on emprunte aux tendons. voisins en bon état.
D. Mollière interpose la couche conjonctive péritendineuse, dans l’opération de la « vaginoplastie ».
V. Rochet, en présence d’une section des fléchisseurs de l’index droit avec écart irréductible des deux bouts, restaure le fléchisseur superficiel à l’aide d’un segment emprunté au fléchisseur profond.
Nous ne citerons que pour mémoire l’opération de Lobker (1884), réséquant cinq centimètres de radius et cubitus, pour diminuer, par raccourcissement osseux, une rétraction des tendons palmaires; et le rapprochement de l’insertion osseuse de Poncet.
IT. Corps étrangers. — Le tendon étant un simple organe de transmission, divers corps étrangers inertes ont été tour à tour interposés pour rétablir la solution de continuité. À
B. Anger pratiqua la suture à distance à l’aide d’un fil d'argent.
Glück se servit d’une tresse de catgut.
Von Lescer employait des bandelettes de Caoutchouc.
Kümmel, Lange, Volfler, Mencière, utilisèrent des fils de soie tressés ou en écheveau.
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Baldassari des tubes d’osséine ; Lotheissen des bandes de gélatine durcie dans le formol.
Le grand nombre des procédés mis en œuvre prouve leur insuffisance : outre la complexité et la réalisation aléatoire de plusieurs d’entr’eux, les uns suppriment l’autonomie des tendons en les rattachant à des muscles dont, à l’état normal, ils ne ressortissent pas; les autres réduisent la résistance à la traction d’un organe dont c’est la fonction primordiale.
Souvent mal tolérés et éliminés, résorbables ou non les corps étrangers, s’ils semblent orienter le processus de cicatrisation, s’enkystent et conservent leur individualité propre. Ils ne sauraient Ss’unir par un cal solide aux extrémités réséquées.
III. Homo et hétéroplasties. —- Giück, en 1881, a réalisé expérimentalement sur le poulet et le dindon des homo et hétéro-greffes musculo-tendineuses.
Fargin et Assaki (1885), purent greffer avec succès des tendons, entre animaux d’espèce différente : de chien à lapin, de canard à lapin, de lapin à poulet, et entre animaux de même espèce : lapin, chien, cobaye.
Peyrot, en 1886, interpose, sans amélioration notable, un tendon de chien sur le fléchisseur du médius gauche.
Monod (1887) peut présenter à la Société de Chirurgie un pouce doté de mouvements appréciables ; il s’était servi pour combler une perte de substance du long fléchisseur, d’un tendon de jambier postérieur de lapin tué juste avant le prélèvement.
Quelques autres tentatives infructueuses de greffe vivante fraiche ont confiné ces essais au laboratoire.
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