‹ Les Greffes Tendineuses MortesChapitre 8 sur 22 · RESTES · texte numérisé non relu

RESTES

d’organe, on tue les éléments cellulaires ; mais cette action est limitée et l’appareil conjonctif au sein duquel ils se trouvent n’est en rien modifié. Le greffon mort ainsi obtenu est transplanté dans un autre organisme, où sa substance cenonctive adhère par soudure directe à celle en contact de laquelle il est placé. Il peut alors, sous condition de perméabilité, c’est-à-dire que sa texture ne s'oppose pas à l’immigration des cellules, être envahi par les fibroblastes des parties voisines qui le repeuplent.

Un fragment tendineux fixé dans le formol à 10 %, puis

introduit sous l’oreille d’un lapin, à gardé au bout de deux mois sa forme primitive, et est redevenu vivant. . La connaissance de ces faits a conduit MM. Nageotte et Sencert à rechercher si des greffons assez grands pour réparer les pertes étendues de substance d’organes formés de tissu conjonctif, se comporteraient comme les petits fragments dont ils se servirent pour établir la réalité du processus. *

Le 1° juillet 1918, Sur le tendon extenseur commun d’un chien fut réséqué un fragment de 2 cm. 5; on le remplaça aussitôt par un autre conservé dans l’alcool depuis un mois. Trois mois après, l’animal fut sacrifié; le greffon mort ne se distinguait plus à l’examen physique ou histologique du tendon vivant : il en faisait partie constituante et en possédait toutes les qualités physiologiques. A n’importe quel grossissement il était impossible d’établir une distinction entre l’un et l’autre ; seule la présence des points de suture permettait la démarcation.

D’autre séries d'expériences vinrent confirmer et éclairrer ces constatations. Au vingtième jour déjà, les cellules mortes du greffon ont été enlevées par phagocytose; les

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éléments migrateurs qui ont accompli à la perfection cé nettoyage ont disparus. Peu à peu le processus de repeuplement s'effectue, de la périphérie au centre, que seules quelques cellules isolées ont encore atteint; les bouts périphériques sont fortement repeuplés. Ces éléments, fibroblastes-sans morphologie antérieure spéciale, ont pris le caractère des cellules tendineuses. La substance conjonctive est soudée à celle du tendon sans formation de tissu cicatriciel et le réseau vasculaire reconstitué intégralement au bout de trois mois, ne diffère en rien de celui d’un tendon normal.

Aseptiquement introduits, les greffons ne déterminent pas de réaction autour d’eux. Au voisinage des fils de cat-

gut ayant servi à la suture on a pu remarquer un certain

nombre de polynucléaires; il y a lieu, semble-t-il, d’attribuer ‘cette réaction inflammatoire à une infection atténuée ; mais elle n’a nui en rien-à la reprise de la greffe.

Rapidement, le greffon devient donc partie intégrante de l'hôte; il revit par réhabitation celluaire; soumis à une action irritative, on assiste à des modifications progressives de sa structure, identiques à celles qu’on observe dans un tissu homologue placé dans les mêmes conditions. Constitué par un tissu qui possède les mêmes propriétés histologiques et physiologiques, il se soude directement au porte greffe sans formation de bloc cicatriciel.

On a réalisé de la sorte les conditions idéales d’une greffe au sens le plus stricte du mot.

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