AU LECTEUR
U arriTe ce que nous ayions préyu et prédit dans notre 1^' Jtappart. Le temps lève un à un les voiles qui couvraient lliistoire de Fart industriel céramique de Bouffioulz etChâtelet. A peine une publication sort-elle des presses sur ce sujet, que de nouvelles trouvailles, de nouvelles découvertes ont lieu ; le jour se fait, la vérité se dégage, malgré l'opposition et les objections intéressées. Le 2"** et le 3"^ Xapparts sont à peine imprimés et connus ; or voici que Tàbondance de matières nouvelles nous force à publier de nouveau sur la fabrication des grès ornés wallons dans les siècles passés, y compris surtout le XVI* siècle. Nous croyons que le temps est venu de traiter systématiquement la matière.
De nouvelles pensées ont surgi et se sont mises en lumière par les observations, les conversations, les discussions et aussi les correspondances que nous avons eues avec des spécialistes et des savants, belges, français, allemands, hollandais, etc. ; qui ont bien voulu nous aider de leurs encouragements sympathiques. Nous les remercions ici.
Nous profiterons largement pour notre ouvrage des nouvelles idées que nous devons à ces relations et à ces encouragements divers.
Grâce surtout au concours intelligent et désintéressé de quelques amis de la localité, des éléments nouveaux nous sont fournis, des découvertes inattendues nous sont communiquées, venant corroborer et fortifier encore tout ce que nous avons avancé.* Les premiers temps de Tindustrie wallonne deviennent de plus en plus connus depuis le dernier lustre du XVP siècle ; Forigine même de cette industrie et son état dans ces temps reculés se dégagent progressivement et Ton peut espérer que le moment n'est pas loin où Tindustrie de Bouffioulx et Ghâtelet aura son histoire complète et détaillée, alors que, pour toutes les autres localités de production de grès, tout est encore dans Tobscurité ou peu s'en faut, quant au point de vue historique proprement dit.
Nous introduirons dans c« nouvel ouvrage, quelques rectifications ou améliorations pour plusieurs articles insérés dans nos Rapporté précédents sur les grès wallons. Nous avons été conduit à ces améliorations par les nouvelles découvertes ou les explications qu'il nous a été donné, comme nous venons de l'expliquer, d*avoir avec des maîtres étrangers. Ceux-ci ont bien voulu nous aider dans nos études de comparaisons entre les produits de nos fouilles et un grand nombre de types de Raeren, de Cologne (Frechen et autres communes voisines) de
Çiegbourg et du Westerwald (Hoëhr, Grenzhausen et autres communes voisines^).
Nous ayons profité de cette grande quantité de matériaux et d'éléments nouveaux pour rendre notre ouvrage complet autant que nou/s Tavons pu et en faire une monographie du sujet traité au point de vue historique et descriptif ; convaincu que nous sommes de l'opportunité du moment pour publier un tel ouvrage. Ce n'est donc pas un simple rapport que nous présentons au public.
Nous y avons joint un grand nombre de planches propres à élucider le texte et à faire juger d$ vim des grès ornés wallons.
Nous sommes heureux d'avoir pu conserver le même artiste pour une partie de nos dessins. Les planches de notre 2"** Jiapport ont été "appréciées comme elles le méritent et l'on pourra juger que celles de ce mémoire ne sont pas inférieures aux précédentes ; l'un des amis de notre artiste a même traduit heureusement son appréciation, en lui dédiant un quatrain prétenduement trouvé au fond d'un pot pendant que l'on en prenait la figure. Nous croyons faire plaisir au lecteur en transcrivant ici cette petite pièce.
Verê trouvée au fond éTun vieuwpot de Botiffiaulx. Je suis fragile et vieux 1 Trois siècles à peu près ! Un léger accident pouvait me mettre en poudre, Mais un savant crayon a consacré mes traits, Et je ne craindrai plus ni le temps, ni la foudre.
D'autres planches sont dues à un jeune crayon qui ne mérite guère moins d'ologes.
i. Ce que, avec d*autres nous avions nommé Nassau, dénomination impropre, car la conlrée ne prit que plus tard le nom de Nassau.
Je dois remercier ici les nombreux correspondants et amis qui m'ont procuré des spécimens de Bouffioulx à étudier et des renseignements ; j'ai soin, dans le cours de Touvrage, de citer leur nom à chaque occasion. Je dois remercier en particulier M. Schuermans ; dans une correspondance longue et suivie, correspondance qui se continue encore, nous avons fait échange complet de communications, d'idées et de renseignements. J'ai profité largement de cette correspondance et je ne pourrais faire mieux que de remercier une fois pour toutes ce savant et ami.
Cependant sur certains points peu nombreux, nous ne professons pas complètement les mêmes idées jusqu'ici, sans doute de nouvelles découvertes viendront un jour préciser ce qui reste aujourd'hui douteux pour nous.