‹ Les grès wallons, grès-cérame orné de l'ancienne Belgique, ou des Pays-Bas, improprement nommés grès flamands; études formant une monographie au point de vue historique et descriptifChapitre 27 sur 81 · Voir ibid. lettre 0, pi · texte numérisé non relu

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comme des antres (???). Tont cela prouve un échange de bons procédés et de relations commerciales, rien déplus, sans aucune idée de subordination. Nous possédons des dessins signés de Jean Allers, de Jean Emens, de Robert Thievin et autres maîtres étrangers à Raeren.

Bouffioulx tirait ses moules un peu de partout, selon ses intérêts, et nous en citerons dans le catalogue qui venaient de Siegbourg, etc.

Certes, nos potiers pouvaient avoir des relations diverses et chercher leurs inspirations où bon leur semblait ; acheter des moules de tous les modeleurs, qui ne demandaient qu^à vendre leurs produits ; en recevoir de Raeren, de Siegbourg, ou d'ailleurs, et en fabriquer même dans la localité. Rien, ni personne ne pouvait s'y opposer, et c'est en effet ce qui eut lieu. Tel fut Tétat des choses, nous l'avons déjà prouvé ailleurs, par des faits qui défient toutes les déductions les plus adroites, et les raisonnements les plus subtiles. Bouffioulx fournit dans ses rebuts de fabrication, trouvés en terre, des milliers de preuves que des écussons et des ornements y étaient fabriqués communément, chez nous comme ailleurs, au moyen de moules du commerce. J'en donne les dessins, seul mode de démonstration que les lecteurs puissent apprécier et que tous ceux qui publient devraient pratiquer et finiront par pratiquer, nous l'espérons.

D'ailleurs de ce que Englebert Eran et autres modeleurs sont de Raeren, de ce que Jan Emens a fourni beaucoup de moules à cette localité, il ne s'ensuit pas que les moules signés par ces artistes n'aient été employés que là et jamais ailleurs, et que tout ce qui porte ces initiales eût été nécessairement fabriqué pour les potiers raerenois, et pour eux seuls, à l'exclusion de tout autre. Au contraire les modeleurs, comme nous tenons à le répéter à satiété, faisaient commerce de leurs moules qu'ils reproduisaient par centaines d'exemplaires, et

qu'ils vendaient à tout, venant pour être employés dans les divers lieux de production des grès.

Quand nous disons mouleSj c'est une manière de parler car ce n'étaient pas les moules que Ton vendait mais les types sur lesquels on fabriquait ces moules. Nous en décrivons ci-après un ei^emple A^ 655^ c'est un objet trouvé en terre à BoufiSoulx.

Quand le modeleur avait produit un type, il en faisait un moule soigné, et dans ce moule négatif il confectionnait de nouveaux types positifs en grand nombre et les vendait aux potiers, qui y surmoulaient leurs moules ou leurs formes, au fur et à mesure du besoin et en nombre convenable pour l'usage de la fabrique.

Bientôt les maîtres potiers, comme les maîtres d'autres industries, à Bouffioulx et dans les autres centres, à Baeren, etc. , cherchèrent, dans leur intérêt, à se passer des artistes et des modeleurs étrangers ; ils s'essayèrent d'abord à fabriquer certains moules, puis ils envoyèrent leurs enfants aux écoles airtistiques qui venaient d'être fondées à liège, à Anvers, à Francfort, à Nuremberg, à Aix-la-Chapelle, et surtout chez les artistes de l'époque, qui formaient des élèves dans les grandes ville. On peut citer les villes de Flandres, avec 1$$^ queUes nos potiers walUmi avaient les rapports les plus suivis ^ fait prouvé par des archives dans notre 2^ Rapport. Ils apprirent bientôt ainsi à se suffire à eux-mêmes du moins en grande partie.

A Bouffioulx, comme ailleurs, on s'appliqua beaucoup à l'imitalion de dessins originaux et typiques des artistes et même des œuvres des modeleurs de profession. Le nombre des moules signés de modeleurs étrangers que nous indiquent les pièces trouvées à Bouffioulx est excessivement restreint, on en pour* rait compter deux ou trois au plus.

Le reste est composé d'œuvres indigènes dues à l'imitation, ausurmoulajfe, ou encore à l'inspiration, ce qui était plus rare.. .

Qn contintuk d'emprunter les deasins des artistes en renom ; mais la copie des moules et surtout le surmoulage était employé sur une grande échelle, nous en donnerons des preuves.

Bouffioulx a émis beaucoup de dessins semblables à ceux d'autres fabriqueSi comme le faisaient cellesd elles-mêmes ; mais ces dessins ne sont pas identiques et ne sortent pas de mêmes moules: ce sont des imitations.

Chaque fois que le moule employé chez nous ne porte pas la marque d'un modeleur étranger, il est légitime de penser qu'il est d'une main indigène, quoique ressemblant à une composition étrangère, allemande ou autre. U n'y a pas eu, en effet, que des cartenmakers allemands, les Belges et les Wallons aussi s'occupèrent de cet art, comme nous le verrons.

A cette période où tous les potiers devinrent modeleurs, quelques modeleurs finirent par se faire maîtres potiers, s'apercevant que le métier était plus rémunérateur que l'art, et trouvant sage de joindre les deux. Nous avons à ce propos raconté ci-devant l'iûstoire d'Englebert Eran à Raeren.

Bouffioulx, comme tous les lieux de production, posséda donc bientôt ses artistes du crû et nous rencontrons en grande quantité des dessins, des médaillons, des écussons, qui portent avec eux le cachet et la preuve de leur caractère local et qui sont même assez souvent signés d'initiales indigènes, et cette production artistique v^allonne est reportée fort loin : jusqu'à Tan 1580 au moins, comme le prouvent les' objets décrits au catalogue ci-après, qui sont de cette époque. Cela nous conduit à l'origine des grès ornés en Allemagne.

Nous donnerons de nouvelles preuves de cette vérité au moyen de pièces encore inédites. Nous verrons que, dès le dernier quart du XVI* siècle, Bouffioulx fabriquait des grès ornés portant un cachet tout local. Nous avons même des pièces qui portent ce cachet local à un tel point que, eussentelles été trouvées au loin, au centre même de l'Afrique par

exemple, un habitant de la localité oa d'an village voisin en reconnaîtrait Torigine, rien qu'à voir Tobjet et à lire la légende qui y est inscrite.

Ce fut à cette période que Tart décoratif d*un pot commença à faire vraiment honneur aux potiers : Fart du potier existait. Mais ne nous faisons pas illusion, par cela même que le potier devint lui-même modeleur et que les modeleurs spéciaux disparurent presque complètement, la poterie et ses ornements eurent moins de valeur en général. Le niveau artistique devint fort inégal et certain fabricant se distingua par des produits d'une valeur qui manquait à la fabrication de ses voisins. Nous Tavons constaté pour certains fabricants de Bouffioulx comparés à leurs confrères. La même chose avait lieu sans doute aussi pour les divers centres de fabrications.

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