D'ÉMAIL BLEU OU VIOLET
L'emploi de l'émail en teinte plate, en dessins limités à la pointe à main levée, offrait quelques difficultés et n'était pas un travail mécanique, nous Pavons déjà dit.
On chercha à faciliter ce travail, d^abord par des espèces de moules à imprimer, analogues à des emporte-pièce en métal, qui imprimaient d'un coup les limites du dessin à émailler. Puis cet outil devint un vrai moule servant à modeler des reliefs que Ton émaillait ensuite. Ces nouveaux procédés donnèrent naissance à des genres nouveaux aussi.
Au lieu d'une rayure faite à la pointe, on employa pour limiter les dessins, une ligne en relief, et le même dessin fut répété sur toute la surface du vase qu'il recouvrit entièrement. On obtenait ce résultat par l'application successive d'un moule ou matrice carrée. Ce moule, haut d'environ O^OS, avait d*ordinaire une largeur double et portait deux compartiments et deux dessins variés. On avait soin dans l'application, d'obtenir l'alternance de ces deux dessins pour former un ensemble à disposition. C'était le même procédé primitif employé à la même époque pour les papiers peints par impression à la planchette ou cliché, que l'on posait successivement, et sans lacune, sur toute la surface du papier.
Souvent l'on utilisait le procédé d'ornementation limitée manuellement à la pointe et Ton relevait l'ensemble par des parties modelées.
On divisait par exemple la surface du pot par des zones ou des bandes limitées, et composées d'ornementation variée de forme et de couleurs. Ou bien l'on relevait Fomementation en teinte plate limitée à la pointe, par des modelés accentués, des bosses et d'autres reliefs disposés en bordures, en bandeaux, en lignes, etc. On employait surtout ainsi des saillies en pointes de diamants, ou en têtes de clous, couvertes de divers émaux.
D'autres fois l'on établissait toute l'ornementation à la main, en couvrant le vase de rameaux ou végétations branchues, que l'on terminait par des feuilles ou des fruits modelés en relief et relevés d'émail.
Enfin l'on finit par abandonner le travail manuel, et l'on se
contenta de couvrir, au pastillage, toute la surface des vases au moyen de petites rosaces rondes, carrées, losangées, etc., moulées en relief et posées en quinconce. Ces petites rosaces, comparées à des boules, donnèrent lieu au nom lolîe\en$kan, genre de poterie de pierre, ou eteingut, mis en vogue surtout dans le Westenoald^ à Cfrenzhausen, etc. Ces rosaces se posaient émaillées de bleu ou de violet, sur un fond blanc ou gris, simplement lustré au sel, ou bien restaient épargnées en blanc sur un fond émaillé lui-même de violet, ou de bleu.
Ce genre de loUeienêkan donna lieu à une fabrication mieux faite de pots dits en forme d'aiguière, à col évasé vers le haut, ayant sous le bec un mascaron soigneusement moulé. Ces pots portaient au lieu de boules, des médaillons moins nombreux et plus grands.
Nous pourrions déduire de ce qui précède une division en 4 ou 6 espèces, qui sont :
Les grès à ornementation émaillée en compartiment à dispo- Hiion.
Les grès à ornementation en bandes ou lignes, ondulées ou non, en série d'ornements émaillés.
Les grès à ornementation à la pointe, relevée par des bandeaux, des bordures des séries de pointes de diamants, têtes de clous, bossettes émaillées, etc.
Les grès à ornementation en arborescence, ou inflorescence ramifiée, relevée par des émaux.
Enfin les grès couverts de rosaces, ou de médaillons émaillés, soit en façon d'aiguières, soit en véritable loUehemian.
Dans notre catalogue nous n'adopterons que deux divisions :
P Les 4 premières catégories qui forment ensemble un genre mixte avec ornements d'émail, limités à la pointe à main levée, mêlés d'ornements en reliefs moulés et émaillés.
2^ La dernière, ou les deux dernières catégories, couvertes uniqement d'ornements modelés en relief et émaillés. Ce sont les ioUeiensian proprement dits.