‹ Les grèvesChapitre 17 sur 31 · LES SOLUTIONS · texte numérisé non relu

LES SOLUTIONS

daos SB Science économique. Il nous semble être va peu revenu de sa doctrine géaérale et particulière.

Dans le sens opposé, d'autres, un peu plus directement atteints par ces conflits, ont répondu : « Contre les grèves, il n'y a que le gendarme. Coflrez-moi tous ces meneurs et tous ces révoltés 1 » De là à demander le retour à la législation d'avant 1864, il n'y a qu'un pas.

Mais ceux-ci oublient, sans doute, que le contrat de travail étant un contrat civil, ne doit comporter que des sanctions civiles; que restaurer le délit de grève serait méconnaître le progrès constant qui s'est accompli depuis par les grèves et malgré leurs abus; que l'entreprise serait des plus ardues et a été au-dessus des moyens de l'empereur d'Àllemague et que, d'ailleurs, de même qu'on n'incarcère plus les gens qui ne paient pas leurs dettes, il faut se résigner à ne plus envoyer en police correctionnelle et emprisonner les milliers d'hommes surexcités qui ne veulent plus acquitter leurs engagements.

Alors on a distingué, en ne demandant que la répression des grèves des chemins de fer et des arsenaux de l'Étal, en temps de guerre. — Une telle loi se jusiifie-t-ellepardes raisons d'intérêt public supérieur? Nous ne voudrions pas y contredire. En tout cas, elle a le vice grave de paraître une injustice, puisqu'elle proscrit, au regard de certains ouvriers ce qui reste le droit solennellement proclamé des autres. Un simple rappel au droit commun, en temps normal, de tous les salariés et fonctionnaires d'État, vaudrait bien mieux, et par exempte la certitude du renvoi impitoyable de l'ouvrier qui, après avoir sollicité souvent

jt,Googlc

durant des années peur entrer dans ces sennces-, s'empresse d'y fomenter ke désordre et l'abandoQ ; et la répression, étant plus pratique et plus juste, serait aussi plus politique.

D'autres, et ne sont d'émineats magistrats, ont doané •dans leurs discours et leurs (suvres cet étonnant conseiH aux ouvriers : « Il faut bien iasisteq* sur ee point : c'erft qu'on ne doit pas se lancer dans la grève com me dans une aveature. C'est exactement comme si un pays déclarait k guerre à uta autre pays sans avoir mûrement pesé cette grave détermination. Les hostilités ne s'expliquent et ae s'excusent que «i le motif est i-rapérieux, si l'on a IoIhhI droit pour soi et si l'on a l'espoir d'une juste victoire 4» houtde l'épreuve courageusemeat affron-tée *.

La fin qui justifie les moyens ! Quel étrange concept d« la justice et de l'amélioration «ociale et le bea'u progrès!

Dans ce chaos d'appréciations et de moyens est intervenue la loi sur Carbitrage facultatif.

Mais rari)itrage, on Ta bien tu, a été presque inutile, par l'exceliente raison que personne ne veut y recourir. On ne compromet pas, en effet, sur des droits certains, et U uù il y a renvoi injustifié, grève sans cause, violation du contrat, la condamnation s'impose, sans ambages, saoG tempéraments et sans réplique.

Quant aux chambres permanentes de conciliation de la Belgique, aux conseils permanents du travail Wi France, dont l'acte de naissance fait couler tant d'encre en ce uniment, ils ne peuvent agir encore sur les grèves qu'à la façon de tous les donneurs de conseils, que la passioo

n'éboute jamais. Ce soïft là, à ce poim d« tuè, topiqaM nuMsi in^caces qa'ïnofpensife.

Faut-il stipprimet- tea 'syûdi(a.ts? Its sont le cootwpiîids de la puissance capitaliste^ un élém'ent ^se'ntiél de l'égallibre écoDomiqBe; ils ^!evpaient et po^lTaiftBt être firrstw m eût de lapÈicSfitalion'soeiaJfe. Ce qu'ils sont devenus, tout le monde le constate : un Foyer de désordres et de révolution, les agents de propulsion de îa grètè à ôutrattte. Ils ne s'organisent et ne «e fédèreiH que pottï les grèves ; ils les alinaetWent et ils en vivent.

Ne touchOfis pas aux syndicats^ Malgré leurs feales et la déviation ««rCaiGFe ie leur faut, Si «tft droît à ta vie, non tofinme un privilège 'àe la classe ouvrière, mais comme une ■consécration dNj droit plus général d'association, qtii, pour avoir été plus tW' reconnu en leur faveur, n'en doit pas ftfoins être respecté, comme tous les droiiis.

Mais en même temps, sachons nous 'détendre detôut félicKisme à leur égard. ïl est devena de mode, iSans le parti républicain, de célébrer les syndicats jusque dans leurs pires excès et pour an peu, le droit syndicat deviendrait, ainsi que le droit de i^rèfve, la tarte à la crème de la démocratie. Qu'est-il en réalité? Nous l'avons dit : un embryon du droit d'association, qui n'a d'existence et de puissance légale que dans la limite et le respect des autres droits essentiels de l'individu et de l'État, qui doit s'y plier et non se les subordonner, et dont les revendications et les exigences, pour être soutenues par mille, ne vaudront et ne prévaudront que par la force du droit individuel qui est en elles.

D'où cette double conséquence : c'est que, toutes les

jt,Googlc

fois OÙ les syndicats sortent de leurs attributions ou même de leur rég;]ementation, ils doivent être contenus; et toutes les fois où un droit individuel, surgi du dehors ou de leur sein, en est menacé, le devoir impérieux de l'État est d'intervenir ponr le protéger, A plus forte raison, l'État ne saurait-il, par aucune tolérance administrative, par aucune mesure législative, immoler aux syndicats ces mêmes droits.

Or, que voyons-nous ?

NoD seulement les syndicats, sous l'œil impassible des pouvoirs publics, excilenl aux grèves les plus révolutionnaires, terrorisent les non- grévistes, s'affilient et mettent à leur tête des étrangers ou à la profession ou à la nation, — tel le syndicat international de Marseille, auteur de la dernière grève — ce qui est également contraire à la loi d'institution ; mais dan» le débordement général et l'oubli de toutes les règles protectrices de l'État et de l'individu, il leur serait réservé d'absorber les deux droits les plus intangibles du citoyen : sa liberté et la liberté de son travail!

Et c'est à peu près tout le projet Millerand, contresigné par M. Waldeck- Rousseau.

jt,Googlc

Page 1