LB DROIT DE GRËVB
poser une barrière ou législative ou uioraieî Comment justifier la loi, comment recommander la réforme? On ne bâtit pas un droit avec les débris d'un autre, on ne respecte pas ce que l'on a le droit de violer, on ne condamne pas ce qui est licite, et il n'est point à la fois obligation et faculté.
Par conséquent, reconnaître de piano le droit de grève, comme tout le monde, c'est obscurcir îa solution que l'on cherche; et vouloir ensuite légiférer contre les grèves ou sur les grèves, comme M, Millerand, c'est tomber en contradiction. C'est, da moins, avouer que les mesures que l'on propose ne sont que des moyens empiriques et à côté, quasi-caducs. Or, le mal est extrême et veut des remèdes radicaux. C'est, du moins, avouer que les mesures que l'on propose ne sont que des moyens empiriques et à côté, quasi-caducs. Or le mai est extrême et veut des remèdes radicaux.
On le voit, tout le problème des grèves roule autour de ces quatre mois : le droit de grève. Leur caractère, les raisons de leur développement, la possibilité ou l'impossibilité d'enrayer leurs maux, .leur aboutissement et leur fin, la critique ou la justification du projet Millerand dépendent de ce postulat. C'est le nœud vital, la question primordiale qu'il faut élucider tout d'abord; et, selon le jugement qui sera porté, toutes les autres difficultés se préciseront, s'orienteront et s'éclaireront.
Si le droit de grève a quelque fondement législatif, ou naturel, ou moral, même alors qu'il ne restera guère plus d'autre espoir que de voir les grèves s'endiguer de leurs propres ravages, il ne sera pas inutile de mieux le définir et s'en pénétrer, pour s'épargner désormais des efforts
jt,Googlc
QËNËRALITËS. 11
stériles et des désillusions certaines; mais si, au contraire, comme nous avons le ferme espoir de le démontrer, ce fameux droit n'est qu'un grossier sophisme, pareil aux plus funestes sophismes qu'enregistre l'histoire, alors, le remède aux grèves apparaîtra, pour ainsi dire de lui-même, avec une telle force de vérité et de justice qu'il pourra venir s'accorder avec nombre de solutions déjà proposées, malheureusement sans confiance et en l'air, parle vice du point de dépari, s'harmoniser même avec le projet Millerand et rendrecelui-ci, par une rectification essentielle, maïs rigoureusement logique avec ses propres données, bienfaisant et acceptable aux esprits les plus prévenus.
Ainsi, particulièrement dans les sciences exactes, une méthode nouvelle ou la recherche heureuse d'un détail vivifient souvent une série de faits acquis, qui attendaient.
jt,Googlc