CHAPITRE IV
On connaît l'ingénieuse théorie des crises générales et périodiques imaginée par M.Clément Juglar (1) et vulgarisée par MM. J. Siegfried (2) et Aftalion (3). Certains économistes ont pensé qu'elle est applicable au mouvement grévisle. Voici en quels termes M. Aftalion tentait récem-
ment de justifier cette application :
« IL y a des fluctuations rythmiques dans la courbe des grèves. Mais, pour les grèves comme pour un grand nombre d’autres phénomènes, à côté de ces fluctualions périodiques, il y a, quand on examine les cycles périodiques successifs, des tendances générales, des mouvements d'ensemble. Il y a les mouvements périodiques et les mouvements généraux, les mouvements de courte période et les mouvements de longue période.
« Pour dégager ces mouvements de longue période, il faut donc faire abstraction des petites fluctuations, des fluctuations périodiques. Pour cela nous pouvons, par exemple, dans chaque cycle périodique, prendre l’année du nombre de grèves maximum qui coïncide d'ordinaire avec l’année de la plus haute prospérité et comparer ces années maxima entre elles. Or, cette comparaison
(1) Des crises commerciales el de leur relour périodique en France en Angleterre et aux Etals-Unis (Paris, 1904).
(2) L'alternance des crises commerciales et des périodes de prospérité (Paris, 1906).
(3) Essai d'une théorie des crises générales et périodiques (Paris, 1909).
révèle très nettement sur le continent européen un accroissement des grèves depuis une vingtaine d'années.
Années du nombre maximum des grèves (1).
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