‹ Les grèvesChapitre 31 sur 46 · à 1.500 bulletins pour les aciéries · texte numérisé non relu

à 1.500 bulletins pour les aciéries

Soit, pour juin, juillet, août, et du l^'^au 20 septembre, environ 75.000 bulletins. De plus, parmi ces six réclamations, une seule a paru avoir quelque fondement. soit une su?- 15.000.

Je suis étonné moi-même d'un pareil résultat et je suis heureux de saisir cette occasion pour rendre un public hommage au personnel que j'ai chargé de mettre à exécution les mesures que j"ai décidées le 2 juin.

Schneider.

M. le Sous-Préfet demande à 31. Schneider de lui confirmer par écrit les réponses verbales déjà données à la note des ouvriers du 21 septembre. M. Schneider remet au Sous-Préfet la note cidessous, confirmant ses réponses antérieures:

Lors de la dermère grève. — L'augmentation accordée par moi le 2 juin a été donnée à tous les ouvriers indistinctement. J'ai demandé qu'on me précisât les réclamations relatives aux prétendues diminutions de marchandages et réponse est donnée dans un dossier spécial à chaque réclamation.

Liberté de conseience. — La liberté de conscience est absolue. — INlais si Ton entend par liberté de cons-

LE SCÉNARIO d'uNE GREVE. 159

cience la liberté d'insulter dans la rue des chefs ou des camarades pour des faits concernant la discipline ou le travail à l'usine, je ne puis admettre cette liberté-là.

Provocations. — Réponse a été donnée dans un dossier spécial.

Reconnaissance du Syndicat. — Réponse donnée par ma lettre du 23 septembre 1899 à M. le Sous-Pré- ^et et déjà verbalement donnée à MM. Dejeante, Coulant et Lassalle, députés, en présence de M. Roldes.

Police occulte. — Il n'y a pas de police occulte. Les quelques agents (au nombre de trois), chargés de recueillir les renseignements nécessaires pour l'examen les demandes de secours ou d'embauchage, sont par- 'aitement connus ; ils opèrent au grand jour, leur nom- Dre n'a pas été augmenté depuis le 2 juin. Et il n'y a pas d'autres agents de renseignements.

Pujutions Lausseur etJournot. — Incident terminé; a punition a été levée par la Direction.

Déplacement de Germain, Sauteau, Pirsch, Lau^ orête, contremaîtres. — Germain a. fait son devoir.

Sauteau et Pirsch n'ont rien fait qui puisse motiver [nême une réprimande.

Lauprête n'a fait qu'obéir à un ordre parfaitement régulier. (Voir la réponse pour la réclamation Marcellin.)

Liste de suspects. — Réponse donnée.

Egalité pour tous les ouvriers, même au point de me, etc. — Aucune Société n'a été organisée par l'Adîiinistration des usines, aucune subvention donnée. Zq sont des fables. (Réponse déjà donnée.)

Demande des services pour suppression du marchandage. — Cette question est une question de principe qui a été tranchée une fois pour toutes. Le travail au marchandage ne sera pas supprimé.

Schneider.

Au reçu de ces pièces, ]\I. le Sous-Préfet présente un troisième dossier de réclamations des ouvriers, contenant, disait-il, des preuves présentées par les ouvriers sur les faits relatés aux premier et deuxième dossiers, et en plus des réclamations nouvelles. Il déclare que, pour gagner du temps, il n'a pas pris connaissance en détail de ce troisième dossier, non plus que des précédents. Il remet en même temps à M. Schneider la lettre suivante du Comité de la grève.

Le Creusot, 26 septembre 1899.

Monsieur Schneider,

Nous vous demandons de faire une enquête complète, c'est-à-dire contradictoire. Nous avons désigné une délégation, qui, sur tous les points, discutera les assertions des chefs de service et des contremaîtres, cette délégation composée de trois délégués par service.

Si les choses se passent ainsi, nous avons la certitude que vous ne conclurez pas, comme dans votre première lettre, que nos revendications sont, ou insignifiantes, ou non fondées.

Aucun sentiment de haine ne nous anime; nous avons seulement souci de faire respecter notre dignité de travailleurs. Nous ne croyons pas dépasser nos droits en demandant :

l'' L'application intégrale de vos promesses du 2 juin en ce qui concerne les salaires ;

2° Qu'aucun de nous ne puisse être, comme précédemment, lobjet de dénonciations pour participation à des manifestations politiques, comme celle, par exemple, du 14 Juillet;

3° Que, par les chefs de service ou contre-maîtres, aucune différence ne soit faite entre syndiqués et non syndiqués, et que les chefs de service soient avisés de votre volonté de maintenir cette égalité de

traitement qui, lorsqu'elle sera enfreinte par eux et que nous l'aurons établie, les exposera à des blâmes, peines disciplinaires même, ou renvoi, si le cas est grave.

4° Qu'afin d'éviter les causes de conflit, nous puissions, tous les mois, hors le cas d'urgence, avoir une entrevue, soit avec vous, soit avec un de vos représentants, pour exposer les revendications, les plaintes recueillies;

5 " Aucun renvoi pour causes de grève ou faits connexes.

Telles sont nos essentielles revendications; elles sont raisonnables; que satisfaction nous soit accordée et le travail sera repris immédiatement. A vous. Monsieur Schneider, de dire maintenant si vous êtes désireux de réaliser la paix loyale et durable.

Veuillez agréer. Monsieur Schneider, l'assurance de nos sentiments respectueux et dévoués.

Le Comité de la Grève.

M. Schneider ayant accepté de recevoir ce troisième dossier, mais à la condition expresse de n'examiner que les faits intéressant les réclamations présentées dans les deux premiers dossiers, M. le Sous-Préfet a vivement insisté de la part des ou- \Tiers pour que M. Schneider reçût, le lendemain, des délégués d'ouvriers à raison de trois par service, en présence des chefs de service, pour s'expliquer sur les réclamations déjà étudiées.

M. Schneider a accepté cette entrevue et confirmé sa réponse à huit heures du soir par la lettre suivante :

Le Creusot, -26 septembre 1899.

^lonsieur le Sous-Préfet,

J'ai l'honneur de vous accuser réception des pièces que vous m'avez remises cette après-midi, suivant bordereau inclus.

Parmi ces pièces, il s'en trouve qui sont énumérées dans une note jointe et qui constituent de nouvelles revendications. J'ai eu l'honneur de vous rappeler qu'il était absolument convenu que vous ne m'apporteriez pas de réclamations nouvelles et, en conséquence, je ne les examinerai pas.

Pour répondre au désir que vous m'avez exprimé, j'accepte de recevoir successivement, demain, en votre présence et avec les agents compétents, trois ouvriers de chaque service, délégués par leurs camarades, pour examiner à nouveau les réclamations spéciales auxquelles j'ai répondu aujourd'hui, ainsi que celles sur lesquelles les ouvriers demandent un supplément d'information. Les questions générales ne seront pas abordées, ma réponse ayant été donnée.

Vous voudrez bien m'indiquer les noms des ouvriers délégués.

Je pourrai recevoir à partir de dix heures, à la Verrerie.

Veuillez agréer. Monsieur le Sous-Préfet, l'assurance de ma considération la plus distinguée.

Schneider.

27 SEPTEMBRE. — A iine heure, les délégués furent reçus par M. Schneider, en présence du Sous-Préfet. L'entrevue dura jusqu'à 5 h. 3/4. — Dans la soirée, M. Schneider envoya au Sous- Préfet ses réponses aux demandes formulées par la délégation.

Page 1