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III. Réclamations

I. La note de M. Geny pour M. Hauser ne lui a pas été communiquée. Ces/ une preuve de la mauvaise foi de M. Geny. Ou elle a été faite à dessein à un autre moment, et alors elle constitue un faux.

(Cette note demandait la réintégration des deux jeunes gens.) Les ouvriers avaient aussi trouvé une liste confidentielle de

suspects, dans laquelle on signalait un tel comme militant dangereux, un autre comme s'étant signalé sur un char du 14 juillet ', d'autres encore comme syndiqués dangereux ou comme propagandistes révolutionnaires.

Des avantages avaient été faits aux non-syndiqués.

La journée des roulûurs de houille avait été réduite de 50 centimes.

Une société de secours mutuels avait été crééeparl'usine, et les s}'ndiqués y voyaient une concurrence déloyale à leur syndicat.

II. Les syndiqués étaient en butte aux provocations des contremaîtres.

III, Les réclamations concernaient les conditions du travail, l'arrogance de certains contremaîtres, des augmentations pour

certains postes.

24 SEPTEMBRE. — M. Schueider répoudît par la lettre suivante :

Le Creusot, 24 septembre 1899.

Monsieur le Sous-Préfet,

J'ai Ihonneur de vous remettre les réponses aux diverses notes que vous m'avez communiquées.

Voici, de plus, mes observations générales sur les divers sujets traités :

1° Causes de grève. — Je ne veux pas rechercher si mes ouvriers ont obéi à un mot d'ordre. J'ai constaté que, contrairement à toutes les promesses faites, le travail a été interrompu brusquement, sans qu'aucune raison ait été donnée à l'avance. Cela a été publiquement déclaré.

2° Provocations. — Le mot n est pas heureux : chaque jour, j'ai trouvé dans les journaux, dans les comptes rendus de discours, dans les relations de faits survenus dans l'usine et au dehors, les excitations au mépris de l'autorité des chefs et à la haine des cama-

4. A roccasion du 14 juillet, les ouvriers avaient fait une mascarade où tous les chefs de l'usine étaient tournés en ridicule.

rades qui ne partagent pas les idées de certains. J'ai vu les murs des ateliers couverts d'inscriptions injurieuses; j'ai entendu des chants grossiers,

Et on me parle de provocations...!

3° Réclamations. — Cette fois, comme les précédentes, les réclamations sont ou mal fondées ou insignifiantes.

Par contre, on oublie que, pendant plusieurs semaines , des ouvriers de la forge ont été entraînés à réduire leur production pour faire croire à une insuffisance des tarifs ; que, aux ateliers de constructions, à l'artillerie et à l'électricité, des jeunes gens ont négligé leur travail ; que, aux hauts fourneaux, les ouvriers ont été la cause d'un arrêt des fourneaux pendant deux jours, imposant ainsi à leurs camarades des aciéries et des forges à mains, un chômage onéreux, et à l'Usine une perte.

Veuillez agréer. Monsieur le Sous-Préfet, l'assurance de ma considération la plus distinguée.

Schneider.

Et M. Schneider répondait, point pour point, au cahier de revendications de son personnel.

25 SEPTEMBRE. — Nouveau dossier de réclamations des ouvriers.

26 SEPTEMBRE. — Xouvelle lettre de M. Schneider:

Le Creusot, 2G septembre 1899.

Obserçation en répo?ise aux réclamations relatives aux marchandages.

La note qui m'a été remise le 25 septembre comprend dix réclamations auxquelles les réponses sont données à part. Parmi ces dix réclamations, quatre seulement visent des marchandages. D'autre part, parmi les ré-

clamations que j"ai reçues depuis le 2 juin jusqu'au 21 septembre, deux seulement visaient des questions de marchandages, à savoir :

Réclamation Rebion (électricité).

Réclamation des jeunes ouvriers de Tartillerie-sud ,

Soit, depuis le 2 juin, un total de six réclamations au sujet des marchandages. Or, on fait par mois, en moyenne :

13 à 14.000 bulletins de marchandages aux ateliers de constructions ;

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