‹ Les griseriesChapitre 22 sur 32 · POUR BURNE JONES · texte numérisé non relu

POUR BURNE JONES

Sous la lune bleue aux caresses molles, Par le clair obscur des bois épineux, Le printemps s'avance aux sons lumineux Des flûtes mêlés aux voix des citholes.

Entre des fronts blancs nimbés d'auréoles Et des yeux rieurs d'enfants curieux, Il passe à pas lents et mystérieux Et sur ses pieds nus plcuvcnt des corolles.

Cressons argentés, violettes fines, Primevères d'or, pâles aubépines, Tombent sur ses pas en clairs encensoirs,

Et par les ravins l'odorante neige

Des pommiers, fumant dans l'ombre des soirs,

Illumine Avril et son doux cortège.

RECURRENCE

POUR PAUL BOURGET

Des longs enchantements versés par les regards Des vieux portraits de femme, apparus dans les Louvre, Plus d'un porte une plaie au flanc, qui pleure et s'ouvre Et ui fait un front blême et des gestes hagards.

Ces sourcils triomphants, et, saignantes de fards Ces bouches du Vinci férocement royales, Ces cheveux roux nimbés de rubis et d'opales Ont fait de ma jeunesse une souffrance d'arts.

Désormais obsédé des grâces captivantes

Des Mortes, -insensible au charme des Vivantes,

Mon cœur au seul passé veut trouver des attraits,

Et, comme un envoûté des gothiques magies, En proie aux vains regrets des vaines nostalgies, Je suis un triste et fol amant d'anciens portraits.

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