‹ Les griseriesChapitre 21 sur 32 · POUR MADEMOISELLE LOUISE ABBEMA · texte numérisé non relu

POUR MADEMOISELLE LOUISE ABBEMA

L'or affaibli des chrysanthèmes S'allume, jaune et sulfureux, Dans un ciel aux nuages blêmes, Qu'écarte un souffle douloureux

Et; par la campagne épandues, Les tristesses du Jour des Morts Font plus seules et plus perdues Ces tristes fleurs et leurs vieux ors

Pareils à des rieurs défeuillées Mortes sous un soleil éteint, J'adore leurs pourpres rouillées Et leurs pâleurs de viel étain,

Car dans mes songes, où détonne L'éclat des sons et des couleurs, Ils mettent un parfum d'automne Précoce et doux, sans cri ni pleurs.

L'or affaibli des chrysanthèmes S'allume, jaune et sulfureux, Dans un ciel aux nuages blêmes, Qu'écarte un souffle douloureux.

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