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DEVANT UN FRAGONARD

POUR PAUL BOURGET

Au fond d'un parc immense, adorable, irréel, D'un vaporeux de songe, où les lointaines lieues Font les eaux couleur d'aube et les charmilles bleues, Au bord d'un clair étang, nuancé comme un ciel,

Tourne un colin-maillard de rêveuses marquises Et de gais Alcindors aux gestes envolés, Tandis qu'au loin s'enfonce et fait à travers blés Un chemin de campagne aux lignes indécises.

Quel conte ce Léandre au corps svelte et cambré

Dit-il à cette femme assise nonchalante ?

L'heure est encore plus tendre et douce, que galante,

Et, pour bien indiquer que l'endroit est sacré, Là-bas dans le chemin des blés, de rieurs coiffées, Veillent en habits blancs deux formes, qui sont fées.

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