POUR JORIS-KARL HUYSMANS
Dans un vieux ciboire d'étain S'effeuille, morne et douloureuse, Une rose d'automne ocreuse, D'un jaune de soleil éteint.
Prés d'un grand verre de Venise, Sur un tapis d'ancien lampas La rose malade agonise D'un lent et somptueux trépas
Parmi les étoffes brochées, Dont les vieux ors appesantis Semblent réfléchir amortis Les tons de ses feuilles séchées.
Au fond dans Pombre des tentures Un grand vitrail limpide et clair Laisse apparaître les mâtures D'un port de pêche, un ciel d'hiver,
Un ciel tiède et doux de Décembre, Dont les gris de cendre attendris Font de la rose aux tons pourris Une transparente fleur d'ambre ;
Et cette hautaine agonie De fleur parmi ce luxe ancien Est bien dans l'âme et l'harmonie De ce logis patricien,