‹ Les griseriesChapitre 5 sur 32 · FRAGONARD II · texte numérisé non relu

FRAGONARD II

Amour triomphe, et Cydalise Devient une nymphe aux abois, Qu'un faune pille et dévalise Comme un voleur au coin d'un bois.

Ces résistances de rouées,

Ces cris, ces assauts libertins,

Ces larmes de pudeur jouées

Des soirs de pourpre aux bleus matins,

C'est ton âme et tout ton poème, Siècle embaumé, rose et doré Comme une aurore, ô dix-huitième Siècle, des rêveurs adoré,

Et je veux de tes griseries Faire un parfum vif et glacé, Comme le souffle des prairies, Où le froid de l'aube a passé !

POUR M. EDMOND DE GONCOURT

Ah ! si fines de taille, et si souples, si lentes . Dans leur étroit peignoir enrubanné de feu, Les yeux couleur de lune et surtout l'air si peu Convaincu du réel de ces fêtes galantes !

Ah ! le charmant sourire ailleurs, inattentif De ces belles d'antan, lasses d'être adorées Et graves, promenant, exquises et parées, L'ennui d'un cœur malade au fond seul et plaintif.

l6 LES GRISERIES

Qu'importe à Sylvanire et les étoffes rares Et les sonnets d'Orante et les airs de guitares, Qu'éveille au fond des parcs l'indolent Mezzetin ?

Auprès de Cydalise à la rampé accoudée, Sylvanire poudrée, en grand habit, fardée Sait trop qu'Amour, hélas ! est un songe lointain.

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