CHANSON
L'Amour ? Un oiseau bleu. La vie ? Un oiseau triste, ... Le plaisir de passer et d'être une égoïste, Effeuiller lentement un rêve entre ses doigts...
Si quelque papillon, vivant joyau, voltige, L'écraser : c'est charmant.., une fleur sur sa tige Etincelle, on la brise, un ramier dans les bois
Roucoule, on lé persifle; et cela sans envie,
Pour une vanité de coquette assouvie,
Car il est de bon goût, le soir, quand les hautbois
Et les flûtes d'amour enchantent le silence, De s'accouder hautaine et belle d'indolence Avec des yeux méchants, qui raillent Autrefois.
Là-bas, où l'ancien parc envahi de grands arbres S'ensauvage, hanté la nuit de pas divins De Dyrades; là-bas, où deux rangs de Sylvains Veillent, blancs prisonniers de leurs gaines de marbre,
Sylvandre, en effleurant du bout de ses doigts fins Sa viole, soupire et sa voix affaiblie, Lointaine, s'harmonise à la mélancolie Des cascades tombant des vasques à dauphins.
Dans l'ombre au pied des ifs en cercle réunie, Des beaux diseurs de riens la folle compagnie, Pensive, a mal au cœur d'un nostalgique ennui.
Car là-bas sous la lune errante, qui se lève, Une autre voix soupire et répond dans un rêve, Douce comme un regret d'amour évanoui !