POUR MADAME JULIA DAUDET
Dans la ronce et dans l'herbe humide De l'ancien parc à l'abandon Songe, étrange cariatide, Un morne et lépreux Cupidon.
Soulevant entre ses mains vides Un vieux cadran solaire absent, Dieu du passé, ses vœux avides implorent en vain le présent.
lG LES GRISERIES
Le cadran, qu'effleuraient les heures, Dans la folle avoine est tombé Et, pareil aux vieilles demeures, Un lierre aux yeux l'a dérobé.
Avec un bruit d'eau monotone Là-bas, au fond des boulingrins Une fine averse d'automne Mouille et détrempe les terrains
Resté, lui, fidèle à sa pose, L'Eros, ailé comme jadis, Dans un geste d'apothéose Tend vers le ciel deux bras verdis.
Au loin l'interminable allée, Mourante au bord d'un saut de loups, Laisse apparaître désolée, Une plaine où pomment des choux,