Les Guêpes
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Janvier.
PARIS
SE VEND A.U BUREAU DC FIGXRO, 16, rue du CrofesanU
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rmprimerie Lange Lévy et C% 16, rue du Croissant.
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SOMIIAIKB.
Une «Biiâe de plus. — Oraison funèfaro de deox dente.— OuYertnre de la session. « Déplorable ttmtm des représeotaus do la France. — M. Aoguis. — M. Gornicr-Pagès. — A quoi ressooRble M. Dngabé. — M. Delaborde. — M. Vicnnet.^ArgoldeBjoaniani.
— Les ministères et les attentats. — Le dlsconrs ds la coaroone. — M. Passy. — IL Teste. — InsofBsance, amoindrissement, aplatiiBement.— M* Mole.— M. Thiers. — M. Gnizot. — Un eerde ? ieieox. — PolichiDello et M Charles Nodier. — Les iil. — M .Piseatory . — M.DuTergier de Haoranne.— Il . MelleviUe.— M. Roger (du Nord). — Les offices. — Trei» KooTomemens en trenle-bnit ans. — BaptéOM do deux goêpes. — La conspiratiOD bonapartiste.— Une tra|^ie. — M. Louis Les sorcières de Marbeth.
— Un nex de sept lienes. — Une bohémienne. — La conjuration de M. Amilhau pour faire suite à la eon- Juration de Fiesquo. — Les trois unités. — Un mot de M. Pouo di Borgo* '- Le marquis de Grooy'-Ciianel. — Le garde municipal Werther. — Le comte de Crooy-Cbaoel. — Arreslatioo extrêmement pro- Tisoire de Taotenr des guêpes. — Le gendarme Ames^ Un.— 650 ansde travaux forcés.— M. Victor Hmo. — M. Adolphe Dumas. — ^U. Edmond du Cirque.— li.Ciobert. — Mlle Déjaiet. — Le gouTemement sanvage. M. de Corroenin.^Mme Barthe. ^ M. Coolmaa. — La cour de France. — Les bas de l'aTOcat Dnpin. — Plusieurs nouTelles religions. — L'abbé Chatel. — L'Etre Suprême l'a échappé belle.— Un prix de mille écus, — Le prince Tufiakin. — Les nouToanx bonbons. '- Dupins à ressorts.— Une surprise.— Mme de Girardin.— M. Janio.— Mlle Rond.... — Le sommeil législatif.— M. Dupont (de l'Eure). — M. Mènlhou. —M. d'Argoui.— M. Alexandre Dumas.— M« Chaix d'Est-Ange.— M* Janvier.— M. Clauicl.— La ^oire et le méUl d'Alger. — M. Arago. — M. Maoram.— M. G. de Beanmont.-Le msrècbalValée. — Le coloael Aorral.— tes pincettes.— S. Bi. Loult-PMlippe
et M. Jordaio. — M. Boigour. — ^M. Berryer. — M. Michel (de Bourges). — ^M. de Chateaubriand.— M. Scribe.—M. DelaTigoe. — M. Royer-GoUard. — Le duc de Bordeaux. — M. Boia-Millon. — Le duc d'Orléans. ^ Le duo de Joinville. — Le duc de Nemours.
— M. Lerminier. •— M. Y illemain. — M. Cousin.
— Dénonciation contre les princes 'du sang. — Une guêpe asphyxiée. — Vingt ans de tabac forcé.
BOMMAUB OU VOLUHB PRÉCÉDENT.
L'auteur à ses guêpes.— M. de Cormenin.— M. DuchAtel et ses cheyaui. — Les fous do peuple.— M. Cauchois-Lemaire.— Une phrase de M" Berryer.— Le roi de France doit^il payer les dettes du duc d'Orléans? — Quatrain.— M. Chambolle.— Ai. Garnier-Pagés.— Les pairs et la pairie.— Les Pharaons et les crocodiles. —M. Persil.— M. Etienne.- M. Yiennet.— M. Rossi, citoyen du monde.— M. Etienne Gis.— M. Persil Gis. —La cour de Gorilz joue aux jeux innocens.— L'empereur de Russie; usage qu'il fait des Bonaparte.— Mot de M***.— Discours de S. A. R. le duc d'Orléans.- Les hommes de lettres du château. — M. Cuyillier- Fleury.— M. Délateur. — M. Vatout.— M. Pépin.— M. Baudoin.— Histoire de bleu-de-ciel et de M. Baudoin.—Les Journalistes Tendus.— Dtner chez M.Plougoulm.— Les philantropes.— Mme de Dino.— M.Casimir Delayigne. — La nichée des Delavigne et la couvée desdeWailly.— L'Académie.— Consolations de M. de Balzac à M. Duval.- Un soufOet.— Un mari et le télégraphe. — Un distique. — Du mot rutie considéré comme injure.— Guêpes affamées.— M' Dupin et ses discours obscènes.- La comédie de madame de Girardin.— M. Gavé.— Ledrame de madame Sand.— La comédie de M.Waleski.— Ledrame de M. de Balzac. —Les hommes vertueux. — Les cuiis du maréchal Soult. — La tribune.— Un jour néfaste. — MM. Léon Pillet, L. Faucher, Waleski, Taschereau, Véron, Emile Deschamps.— Illusion du ministère du 12 mai. —Régne de M. Thiers.—M.Dosne.— Madame Dosne — Madame Thiers. — La symphonie de M. Rerlioz. •.^ Description de la colique en musique.— Epilogue.
X^'AUTEIIR.
Ainsi que je vous Tai promis, mes Guôpes, je vous ouvre cette porte en vitraux qui donne sur le- jardin ; — mais ne vous laissez pas tromper par cet air de printemps; — ne vous arrêtez pas aux violettes qui ont fleuri ces jours-ci sous les feuiDes sèches, — ni à cette primevère à la corolle amarante qui s'est épanouie au pied du figuier, précisément le premier jour de Thiver , le 22 décembre.
Nous sommes dans Thiver; — - Yoici une année finie et voici une année qui cornmence« On appelle cela avoir une année de plus. Ceux qui sont nés depuis trente ans disent qu'ils ont trente ans. — - Hélas I c'est au contraire trente ans qu'ils n'ont pins ; — trente années qu'ils ont dépensées du nombre mystérieux qui leur en a été accordé ; — trente années qui sont les fleurs de la vie et que le vent a séchées ; — trente années pendant lesquelles on a passé par toutes les sensations qu'il faut ensuite recommencer et ruminer.
Heureusement que l'homme se vante d'être sobre quand il ne digère plus ; d'être chaste quand son sang est stagnant et son cœur mort; — * de savoir se taire quand il n'a plus rien à dire; «^et appelle vices les plaisirs qui lui échappent, et vertus les infirmités qui lui arrivent.
Quan J on a dépensé cette première partie
de la TÎe, — on s'étoone de la pnMg^Mlé avec laquelle les gens ploa jeunes jefteat en riant leurs jours exempts de souci, sans les compter, sans les regretter, sans leur dire adieu. On est surpris comme ce Yoyagour dont parle un conte arabe, qui vit des eolus jouer au palet arec des nfKt, des émeraudei et des topazeê, et s'en aller sans solder i les ramasser,
n n'est personne qui, à trente ans, ne soit déjà en train de mourir — et n'ait i porter le deuil d'une partie de soi-même. Si je Youlaîs, pour moi, je prononcerais id l'oraison funèbre de deux dents et de ravissantés illusions que j'ai perdues.
CHOSES DITES StUEOSSS.
La session est ouverte » les chambres se sont rassemblées : Messieurs les députés continuent à affliger les regards par d'incroyables négligences de costume. Les indépendans justi&ent ce laisser-aller en disant qu'ils représentent le peuple et qu'ils doivent être vêtus comme le peuple. Mais le peuple ne porte ni un habit vert râpé comme M. Auguis ni un habit noir éploré comme M. Gar-
nier-Pagès. — Pourquoi alors ne pas porter des vestes, pourquoi pas des blouses, poui^ quoi pas des casquettes, pourquoi pas des sabots? Ajoutez à cela que les députés ne représentent pas seulement le peuple , — et que y s'ils représentent quelque chose , ils représentent toutes les classes de la société. — Voyez, par exemple, M. Dugabé, — examinez son col de chemise enfermant sa tête qui ressemble à un bouquet dans un cornet de papier. »— Vous vous dites : — • TienSyVoilà un monsieur singulièrement arrangé. — Vous demandez à un voisin : — « Que représente monsieur? d Le voisin vous répond : a Ce monsieur représente, je crois, la Haute-Garonne, d Vous vous dites en vous-même : «Eh bien, on est gentil dans la Haute-Garonne ! » Et voilà tout un département compromis.
Nous aTons remarqué arec plaisir qu'on n'avait pas assassiné le roi , — ce qui d'ordinaire semble faire partie du cérémonial de la séance. — - La reine, qui était arriyée de bonne heure, était fort pâle jusqu'à rentrée du roi dans la salle. — Pauvre femme, moins inquiète quand ses fils sont au milieu des Arabes que lorsque son mari est au milieu des Français I
M. Delaborde, questeur delà chambre, avait imaginé de placer des femmes en cercle en dedans de la partie de la salle occupée par les députés. — M. Vieonet, le nouveau pair , a trouvé que cela avait F air d'une couronne de roses. — Tout le monde à Fezception de M. Viennet a trouvé que l'innovation était de fort mauvais goût et je suis pour ma part de l'avis de tout le monde.
La file des yoitures avançait lentement. — Un des nouveaux députés , qui arrivait dans un fiacre, s'impatientait fort et finit par interpeller un garde municipal. «Gendarme, cria-t-il, — gendarme, — laissez couper la file à ma voiture , — laissez-moi passer,— je n* ai pas le temps, —je suis député , — je vais chez moi , je vais à fnon
Il y a dans ce mot seul tout le secret du gouvernement représentatif.
A Toccasion de l'ouverture des chambres, les journaux ont enrichi leur argot d'un certain nombre de mots nouveaux. — Les érudîtê, les forts en politique ont créé une langue sacrée inintelligible pour le vulgaire : ils désignent les ministères et les opinions
qu'Us représentait par des dates, les attentats et les émeutes par d'autres dates. S'ils ont i parler de la politique de résistance dont Casimir Périer étaient Texpression, — ils disent :1e 13 mars: Tinteryention en Espagne est représentée par le 32 février.
Il n'y a rien de si facile que d'oublier ces dates pour les malheureux lecteurs de journaux. Ceux qui ont la mémoire la plus heureuse se contentent de les confondre» — et prennent un attentat pour un ministère et réciproquement; le 6 septembre, qui représente la politique des doctrinaires pour le 6 juin, qui est l'anniTersaire d'une émeute.
Leminjstére actuel, qui partage avec une émeute la date du 12 mai, est particulièrement exposé à de singulières erreurs.
Voici quelques phrases faites par les journaux ayec ces élémens*
a Si le 12 mai, qui a amené Ie6 juin, s'était souvenu qu*au 11 août a succédé le 2 novembre ; si les doctrines du 13 mars et du 10 octobre ne lui avaient pas fermé les yeux sur une péripétie nécessaire et semblable à celle du 27 octobre succédant au i février, il n'aurait pas si promptement rompu avec le 6 septembre et le 22 février.
» En vain le 12 mai cherche un appui dans le 11 octobre, il tombera, comme le 15 avril, sous le 22 février et le 6 septembre, qui se réuniront jusqu'à la défaite du 12 mai, après quoi on verra se renouveler le i novembre ou le 9 août.»
Le premier coup porté au ministère Fa
été par le roi. — M. Passy a eu le chagrin de ne pouvoir faire insérer dans le discours du trùne (pour parler sdon la langoe sacrée des journaux) le plus petit paragraphe sar le tmboursemerU des rentes, qui est sa chimère, — ni atténuer rengagement forme] de la conservation d'Alger, dont l'abandon est sa marotte.
M. Teste, par le silence de la couronne [même langue que ci-dessus) , a reçu un nouveau désaveu de sa malheureuse sortie contre les offices,
II est difficile de savoir si le ministère passera la session. L'opposition n*a aucun plan contre lui. Le mot de ralliement n*est même pas encore trouvé. On a renversé le ministère Mole avec le mot insuffisance. M. Guizot a bien prononcé le mot amoindrissement du pouvoir contre le ministère actuel, M. Thiers a , il est vrai, risqué celui f aplatissement,
et le ComtiMionnely qui Itti appartleot, a commencé ses attaques dans ce sens , mais cela ressemble trop à tiim^ffisance de la session précédente.
Voilà cependant avec quoi et sous quels prétextes on parle tant et on agit si peu, et on néglige les véritables intérêts du pays. Tous les hommes possibles, du moins sous le règne de Louis-Philippe, ont paru] successivement aux affaires^ presque tous s'y sont représentés plusieurs fois dans de nouvelles combinaisons, — et on ne sortira pas de ce cercle ; chaque ministère qui sera renversé laissera la place à un ministère déjà renversé qu'il renversera à son tour; ce que vous jugez mauvais aujourd'hui ne peut être remplacé que par ce que vous avez jugé mauvais hier.
Quand M. Thiers était aux affaires, on
Uà adressait précisénieDt las reçÊoebei qt aon parti fait aujourd'hui i oeu doDl ; ^eut la place ; — qu'il rentre demain an mj lûstère, et ces reproches seront rétoiqni <K>ntre lui. C'est absolument le bâton doi polichinelle et le conunissaire se serrei tour à tour dans la parade qu'aime tu Charles Nodier.
QDoJfu'iJ n'y ait pas encore de plaa é
campagae, —M. Goizot et M. Thiers sV
ffteat beaucoup pour s'emparer des detn
cent fûigt-et-un députés qui n*ont pu floofo
fljr le ministère Mole- M. Guizot a dit i
M. FhcatorY, — comme le Christ à saint
Pierre • — a Tu seras un pécheur d'hom-
mes. a k Piscatory s'est adjoint M Du
yergier de Haaranue pour ce coup 4
M. Thiers, de son côté, a lancé M. Malleville et M. Roger (du Nord), qui s'occupent de pécher ces mêmes deux cent vingtet-un, un à un et comme à la ligne.
Les deux cent yingt-et-un, outre leur importance numérique, forment le parti de la chambre qui renferme le moins d*ayocats et de fonctionnaires publics, et représente le plus de propriétés. Ils n^ont pas d'ambition personnelle ni de ces candidats que les autres fractions présentent avec une obstination invincible. Ils seraient F aristocratie du pays et de Fépoque, si, riches comme des aristocrates, ils savaient vivre comme eux.
Mais les seules gens qui dépensent de Targent en France sont ceux qui n'en ont pas.
Ce sont, du reste, de braves gens dont le
mies en prenant un domestique pas cher qui casse tout par maladresse dans leur maison.
Ainsi M. Passy » sans parler de Tabandon d'Alger^ pour lequel il s'est ouvertement prononcé et qui est si impopulaire» — n*a rien déplus à cœmr que le remboursement des rentes.
Tandis que M. Teste s^avisede sa malencontreuse idée sur les offkes.
Comme s'il n'y ayait pas en France déjà assez d'inquiétudes et d'instabilité I
A une époque où tout ce qui n'est pas renversé semble menacer ruine» — ces messieurs s'avisent de battre en brèche le peu qui reste debout.
La transmission des charges et des offices
*toAçftç3jàt«teOTi IFranee des corpo
^^«l^tûT^T^iCxoïkA étaient des CuniDi
Vabs!S\^^\;^^ivV.^i^«oUdariiës d^hooiM
\^\«ffiL\%^<»k^OT^OTa\ioTàs commerciales,
(<n&i&»t^\t^Ti^% v?%\l an d^ors une hom
TàA^ ^V\t\iJ(^\.\ieoaeTèp\i\aUoii de prdrité; -
4«(i\à& ^xiViTi*^ apVift de cerporationt, il i
^«ii& s\xt\eB marcliëa ètrangen , pour I
comp\e de \9l France, des boutdlles de fi
riàes et des bas de sole dont chaque paire n'
qn'on bas ; et tous les jours le conumerc
rsoçais se déconsidère et se ruine.
Noos rayons échappé belle pendant mois de décembre, — nous ayons été men ces de deux noayeaux gourememenSy ootre tous ceux dont jouit cette époque tout le monde est gouyemement.
Il y a trois puissances qui rendent impossible en France la réalisation des trois pou- Toirs constitutionnels, qui sont la royauté héréditaire, la chambre aristocratique et la chambre des députés. — Ces trois puissances inhérentes, je le crains , au caractère national, sont l'inconstance, la vanité et l'ignorance. — Faites donc une royauté héréditaire avec Finconstance qui a donné à la France treize gouvernemens en trente-huit ans (la moyenne n'est pas de trois ans] ! On a eu dans l'espace de trente-huit ans — Louis XVI, — la Convention, — le Direc— toire, — le Consulat rééligible, — le Consulat à vie, — rjEmpîre, — le gouvernement provisoire , — Louis XVIII, — Napoléon, — Louis XVIII, — Charles X, — le duc d'Orléans lieutenant-général, — Louis-Philippe roi.
Et si on écoutait chaque parti et chaque subdivision de parti, — nous aurions à la fois aujourd'hui — le duc d'Angouléme, —
le duc deBordeaiu, — • te dac de Bordeaux mtouré dinstiMions républicaineê^ — le prince Louis Bonaparte — cinq oa six sociétés républicaines avec ou sans président.
Faites donc une chambre aristocratique, — sans aristocratie, sans fortunes, sans possesseurs de terres , malgré Tenyie, la vanité et la suprême sottise que Ton appelle éga- Hté.—
Faites donc une chambre des députés arec Tignorance et le bavardage!
coNsminoN bonapabtistb.
A moi donc mes guêpes les plus féroces, — à moi Padocke et Grimalkin, •— vous que j*ai nommées comme le Chat noir et le Crapaud qu'invoquent les sorcières de Mad^eth,
Ils*agit du prince Louis Bonaparte.
J*ai (ait un soir sur les facéties du prince Louis à Strasbourg une tragédie dont je vais, je pense» me rappeler quelques vers.
Au commencement de ma pièce on voyait les autorités de Strasbourg réyeillèes en sorsaut; — ' un des magistrats disait ces deux vers qui furent jugés assez beaux :
Pennettei-moi d'aller uo peu soigner ma mise, Je n'oserais saafer la patrie eo etiemiie.
Voici une scène du troisième acte : — le prince va se montrer aux troupes, il est ayec son confident» qui lui coupe 1^ cbeyeux.
LS PBINCB.
Eoeore on peu ph» eouru, s'il sepeat, ciier Ariiate, El rends sur le devant eette mèche plus plate ; Brosse mon habit vert, échancré par devant Pour laisser remarquer mon ample gilet blanc. Mes bottes» ma culotte avec mon cordon rouge.
ABBATB.
C'est tout....
LB PBINGB.
C'est lont, butor 1 •— Et quel r6Ie donc Jone-je ? Il n'est pas d'empereur sans le petit chapeau. Monsieur Edmond du Cirque, en son règne si beau» Loisqu'il était le soir monarque & la «diandelle
N'oubliait pas ainsi les traits de son modèle.
Doune-moi ma lorgnette — et verse du tabac
Dans ma pocbé.
ARBÀTB.
Seigneur, Taffaire est dans le sac.
LB PBINCB.
Parte-moi franchement. Tu le sais, cher Arbate, Je ne suis pas assez prince pour qu'on me flatte. Tourne vers moi tes yeux, ami, peu complaisans Et dis si j'ai bien Tair d'unécu de cinq francs.
ABRATB.
Parfait ! et tout gamin, vous voyant dans la rue, Pour peu qu'il soit Français, doit s'écrier à tue- Tête : — • C'est l'empereur !
On sait comment finit là chose. — Le prince, suivi de six autres masques, essaya de soulever la garnison ; un sergent survint qui
Mit l'armée ennemie entière au violon.
Onacquittales jeunes étourdis, dont deux avaient le tortd*avoir chacun un demi-siècle.
Le prince toi gracié ; — si le ridicule tue en France, tout le monde devait le croire mort. — 'Nullement, il s'en alla en Angleterre, où son goût des représentations théâtrales le suivit. — Les journaux anglais racontèrent que le prince, aux fêtes d'Eglington, mima plusieurs scènes avec je ne sais quel major anglais.
Personne, en France, ne prenait au sérieux les prétentions du prince Bonaparte, qui ne mettait en avant qu'un genre de droits dont la suppression seule a permis l'élévation de Napoléon. Napoléon est un des plus heureux argumens contre l'hérédité de la couronne qu'invoque le prince Louis et qu'invoquerait, à bien plus juste titre, le duc de Bordeaux; — d'ailleurs, je n'ai trouvé personne qui ne fût avec moi d'accord sur ce point : qu'il vaudrait cent fois mieux élever sur le pavois M. Edmond da Cirque, qui a joué deux cents fois avec succès le rôle de l'empereur, que M. Louis,
— ao —
qui ne l'a joaé qu'une fois avec accompagnem^t de sifflets.
Le prince Louis, d'ailleurs, est déjà beaucoup plus gros que Napoléon à son retour de l'tle d'Elbe, ce qui le rend tout-i-fait impropre à remploi.
On croyait donc la plaisanterie terminée. Les succès de M.Louis à Eglington, dans la pantomime, n'avaient excité qu'une médiocre attention; — on ne trouvait, d'ailleurs, pas très heureuse l'idée du jeune homme d'adopter pour sa patrie provisoire l'Angleterre, dont le gouvernement a fait mourir l'empereur Napoléon sur le rocher de Sainte- Hélène.
Mais il y a à Paris un certain nombre de vieilles femmes édentées, décharnées, acharnées, qui se rappellent avoir été courtisées
et aimée$ sous l'empire et qui'attribueiit â la déchéance de Napoléon la solitode dans laquelle elles sont réduites à jouer aux cartes ; elles pensent qu'en ramenant Tem* {Are elles ramèneront en même temps ces beaux officiers si él^ans, si pressés, si pressans — et si discrets, grâce au canon.
Ces vieilles femmes se sont mises à conspirer,— seul genre d'intrigue, hélas I quileor soit resté permis.
Mais la chose est préroe^r Shakspeare.
Michel, apporte^noi Shakspeare.
MACBETH.— SCÈNE PBEMIÈBE.
Trois Soreièrts.
PREMIÈRE SORCIÈRE
Quand nous rassemblerons-nous encore
tontes trois ? Choisirons-^nous ud jour de pluie?
SECONDE SORGliRE.
Quand ce vacarme aura cessé et que la bataille sera gagnée ou perdue.