‹ Les Guêpes (volume 2)Chapitre 15 sur 31 · CHOSES QUELCONQUES · texte numérisé non relu

CHOSES QUELCONQUES

L'ami de M. Walcwski qui luinvditcoii^ seillé à* inonder le deuxième acte de sa'CQmédie de traits cTesprit, est allé le trouver et lui a dit : Mon cher ,, vous devriez faire â Janin une réponse spirituelle, mordante^ une réponse sans réplique — enfin.

On est allé voir pendant quelques jours la voiture de M. GuizotLes armesattirentbeaacoup l'attention ;^ell^ sont de celles qu'on appelle armes por/aii^e»;— elleseconposeat

d'un ulgie^ d'un oignon et d'an èerpeni; -^ on ftit làHlessus bien des commeiltaires.

Une femme a dit : Ce sont dëi armes plen^ rantes.

L'artiste chargé de les peindre : il y a de l'oignon; Vaiglecst forcé de se faire serpent.

Voici une plaisanterie de l'avocat Dupin après le rejet de la dotation du duc de Nemours.

« Eh bieni le princô.îrâ à Jénisalem épouser une juive, il trouvera sa dotàSion. »

L'amiral Dapeité a dit en pariant da vote de la chambre : a Le ministère a rcça dans le ventre un boulet qui est allé se loger dans le bois de la couronne, d

La reine a appris le rejet de la dotation du duc de Nemours psr le duc d*Anma1e — qui est entré chez elle en disant : Ma mère ne vous affligez pas^ je suis rîdiepoar deux.

On parle beaucoup de Tadresse de deux bayadèresdetittzièraeonireqviseiOBi Mi dMnrarqoatre-vînft mine^ kwam par kt fitwâSh d9 ifeu jeiHMS gens jjetrès bonne m«i«

son pour quitter Paris et TOpéra çù elles gagnaient huit cents francs par an à montrer le soir un peu plus que leurs jambes du reste fort médiocres. — Cela fait à peu près cent ans d*appointemens. — On cite un mot plein de naïveté d'un des jeunes gens — auquel son ^/më disait pour justifier son obéissance : — On m*aurait mise en prison.

-^£n prison, s*écria le jeune homme^not^ ne sommes plus sous le régime du despotisme et du bon plaisir;— -nou^ vivons sous un gou« vernement constitutionnel-* Vive la Ghartel

Bon jeune homme !

Le Préfet de police dans un accès de mora* litc — avait, ces jours derniers, défendu dans les quelques cercles'de jeu quMl autorise là bùuiUoté et Vécartéy Sur les iostancei de plu*-

siedrs dépntés dont on croyait a?oir bcsoia pour le vote de la dotation, l*ordonnance a été rapportée.

La suppression du jeu et de la loterie n'est pas étrangère t la fièvre qui a ruiné tant de gens^ depuis plusieurs années^ sous prétexte d'entreprises par actions.

Il faut que les passions aient leur cours et leurs exuloires.

Il serait peu logique de supprimer les égoûts en haine des ruisseaux;— c'est cependant la même chose — quelqu'inconvéoient qu'eût le jeu public^ il en avait moins que le jeu clandestin.

Le jeu est un instinct et un besoin chez beaucoup do gens; chassé doses asiles , il s'est réfugié dans la politique et dans l'industrie; -^r au Heu d*y perdre des fortunes particulières^ on X met et on y perd -^ le crédit^ la

fortune publique, )a eonfiauce et tons les intérêts du pays.

On fait beaucoup de moralité contre les vieux vices usés qu'on laisse pour en pren* dre d'autres.

L'opposition a cru faire un bon tour au gouvernement en limitant le nombre de croix d'honneur dont il pourrait disposer chaque année : elle s'est figuré par cet obstacle lui 6ter un moyen d'influence, et elle s'est trompée en cela qu'elle a fait précisément le contraire de ce qu'elle voulait et de ce qu'elle croyait faire ; — le ruban rouge allait tous les jours se déconsidérant de telle sorte , grâce à la ridicule profusion avec laquelle on le donnait..... Mais voyons d'abord avec quelle libéralité les divers ministres

Il serait trop long de p«rler de toutes les croix de la garde nationale, des croix données aux vaudeyiUistes , — de celles .que Ton voit avec tant d'étonnement et si peu de prétexte à la boutonnière de certaines personnes que l'on rencontre , qu'aucune de leurs connaissances ^ comme d'un accord unanime ^ n'ose les en féliciter dans la crainte de leur causer de l'embarras.

Le ruban rouge donc — allait tellement se déconsidérant , qu'entre les mains du gouvernement ce n'aurait bientôt plus été qu'une mounaie de biilon avec laquelle on n'aurait pu payer que des objets sans importance et des. bagatelles.

Les limites restrictives imposées par la cljLambre ne peuvent manquer d'en élever le titre et de lui rendre un peu de valeur.

•Quelques demoiselles ont înyeniéy pour le carnaval de cette année, une plaisanterie qui a beaucoup de succès et cause un scandale qu'il est presque impossible de réprimer. — Un dandy, un lion , est abordé au bal de rOpéra par un domino —bien ganté, bien chaussé , masqué scrupuleusement , — en un mot présentant tous les signes de la distinction. — On cause : le domino est spirituel , amusant; il laisse tomber quelques noms de la haute société ; — le lion est le plus heureux des hommes : il demande et obtient avec peine une seconde rencontre pour le prochain bal. — Le domino, plus sémillant, plus ravissant encore que la première fois, finit par avouer son nom,— mais après les sermons , les paroles d'honneur les plus solennels du plus profond secret, —puis il donna une carte sur laquelle on lit le nom de madame de ***, ou de *** ou de

Plusieurs femmes , ainsi compromises , se sont cru obligées de rester chez elles et de recevoir le samedi pour que leur absence du bal de l'Opéra fût bien constatée.

M. Thiers a fait donner à sa fiemme , far la ràne d'Espagne» la croix de Marie-Looîse ; -— cette croix donne la grandesse et des honneurs particuliers ; la duchesse de Bcrry seule l'avait en France. — Le ruban est blanc avec un liséré violet, et se porte en bandoullière ; -^ ceci a pour but et pour résultat de faire singulièrement enrager les bourgeoises du commerce de Paris.

On n*a bblrnu des 221 les voix d'appoint peur )c rejet de la dotation- de M. de Nemours — qu*en promettant que M. Thiers s^entcodi'ait avec M. Mole pour la composition d*uh cabinet ; M. Thiers Ta promis, et quelques inno- Ceus de la banque le croient encore.

Suite des UmwmaK de U chambre de»

dépatés — (voir le amnéro de fi&¥rîer) «

Celte grave question a été posée dans le&. bureaux de la chambre: Quel est Tanimal ex^ traordinaire que forment trois d*entre nous ? le bœuf à vingt cornes; — [Lebœuf-Havia^ Kom).

M. Listz^ pianiste , a reçu des Hongrois un sabre d*bonncur qu*ila juré de ne tirer qu& pour la défense de la Hongrie» — et il courl en ce moment TAllemagney jouant du pian 1 3 sabre au côté. — M. Al. Dumas a épou

Mlle Ida Ferrier; — les témoins étaient M. Villemain, — ^M. de Châteauliriand, — M. Ch.Nodier-et plusieurs comtes dont le nom m'échappe. —M. Victor Hugo prépare un volume de verSy — et a présenté une pièce au théâtre de la porte Saint-Martin. — Le rauMndeM. de Balzac eçten pleine répétition au même théâtre.

M. Villemain après le rejet de la dotation, sans discussion, a dit : Nous venons d*étre étranglés par des muets.

C'est souvent le sort des eunuques, a répondu un homme d'esprit.

Le maréchal SouU a repris sa fluxion annuelle ; — Tannée dernière » elle a doré dix jours, pour lui laisser le temps de voir se débrouiller les choses.

On ne dit plus la famille, mais le haras des Cobourg,

M. Dupin a dit au roi : Sire, voilà bientles ministères que vous me faites commencer sans que j'en finisse jamais aucun.

On lit avec plaisir lederdier roman de H. de Bazancourt — ^intitulé : — Derniers souvenirr, I MtloRacbelne demande ao théâtre Français que 70,000 francs par an; demandez à M. de Cormenin combien d*hommes honorables et savaus on entretiendrait avec cette somme.

I II y a eu cbcïtordSeyinour un assaut au chausson enir^ Loze elCfi. Lecour, les deux plus célèbres professeurs de Tépoque: — Ch. Locour a eu l'avantage sur son advergairc; — tous deux ont été fort api^laudis. | M. Kalkbreiincr, le célèbre pianiste, donnait un de ces jours deroiers un grand dîner : — il crut devoir se transporter lui-môme an marché pour se pi\)curer un beaii poisson ; -^ il en vit un comme on en voit pas. — Combien le poisson t —Rien. — • Gomment, rien? — Il est vendu un loiiis. — J'en offre deux. — Impossible. — Trois. — Impossible , c'eit pour M. de Rotschild. -^Ecoutez, ma bonne, quatre louis. — Non. — Eh bien ! tâchez de m*en trouver un autre avant quatre heures, , voici mon adresse. — Quoi ! s*écna la mar- . chande de poisson, en lisant la carte , — vous

éles Kalkbrenncr ? — emporter mon poisson. — Mais, M. do Rotscbild. —M. de Rotschild s*eD passera; uo pianiste comne Kalkbrenner est au-dessus d*un banquier comme Rotschild (authentique «racoaté par M. Kalkbrenr ner lui -même). | M. Paul F. — a f<tit répandre ie bruit dans les maisons où il va d'ordinaire, qu*il ne peut reconduire une femme en voiture san$ se rendre extrêmement dangereux. — Ses amis prétendent que c*est pour 1 ravoir pcrsoasic ù reconduire, et faire une notable écouomic de fiacre pendant son hiver. I Uu seig'ieur étranger, ou plutôt un étrange seigneur a donn j dos coups de cravache à une femme du monde avec laquelle il avait eu d'assez longues relations, et qui lui avait fait de grands sacrifices. — Les hommes de la société, depuis ce temps, aussitôt qu'ilentredans

un club o:j dans un cercle, se rôtirent et le laissent seul, — pour lui appprcndrc à vivre en société. — etc., etc.» etc., etc., etc.

Quand un jeûne musicien a obtenu , après de longues études, un premier prix qui renvoie à Rome, — il s*abreuve à longs traits de la joie du succès. — On le reçoit à Rome dans un palais plus beau que celui du pape. — Là on le garde trois^ns dans le luxe et la mollesse ; — puis on le renvoi^ à Paris, où il trouve toutes les positions prises par des Italiens ; — et où il traîne une existence misérable^ donnant des leçons au cachet, ou copiant les manuscrits de ses heureux con<frères en /.

Tandis que, à leur retour de Rome égale-

* ment, les peintres font des enseignes et les

sculpteurs des porte-cochères ; les graveurs

gravent sur de la vaisselle les armes nou-

velles-nées — de gros finauciers, protecteurs éclairés des arts.

Ce n'est pourtant pas pour ceux que la mu^ nificence nationale traite avec tant de somp^ tuosité à \ai villa Medici que M. Debelleyme a fondé le dépôt de mendicité.

On sait cependant qu'une clause du privilège du directeur de TOpéra-Comlque, qut reçoit à ce sujet une grosse subvention, Foblige de jouer le premier ouvrage de tout pensionnaire de rAcadémie, qui rentre erf France.

Un des bons élèves de Lesueur, premier prix de Rome^ vient de donner à Rouen, en désespoir de cause, un opéra [les Catalans) qui a obtenu un beau succès. — D'autres, moins tenaces, se découragent. — On en pourrait citer qui sesont^ de guerre lasse/ jetés dans rindustric. >

Pourquoi ne pas les faire commencer par^ là — pourquoi les leurreir par des appâts

mcDiears — si on croit devoir donner en Trdtncûzux Italiens Vempïre delà masiqué?

(le Conservatoire eftl dirigé par an Italien et trois noms.en i se font remarquer à rfnslitut. }

Les femmes portent plus que jamais des tableaux pour brochées à leur col : — il en est d'une grandeur incroyable; — on choisit pour ces exhibitions des portraits de fomille. — Dernièrement, du salon où j'attendais qu*unc femme à laquelle je faisais une visite — fût en état de me recevoir — f ai entendu une femme de chambre qui disait: Madame met- Ira-t-clle son gran 1~père ou son petH chien.

Celte manifestalion d*ancétres est embarrassante pour une grande partie de Taristocratie nouvelle; — dont la génération précédente a oublié de peindre les grands-pères, on qu'il eût fallu représenter — qui eneuîainicr — qui en garçon de caisse — qui en irtarchand de vins — qui en bonnetier, etc.

Je trouve singulier du reste cet usage de porter sur la poitrine daos les bals et les fêtes des portraits de personnages morts •— cela donne aax femmes un petit air de catafalque médiocrement divertissdnt.

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