LOU)S*PHILIPP
= On m^assore que les réfractées de la garde nationale sont exceptés de l'amnistie. — Ce crime et celui de secouer les tapis par la fenêtre sont décidément les seuls pour lesquels il n'y a rien h espérer, ni des circonstances atténuantet du jury, ni de la clémence royale.
AlLÎPMIÎSÎSa EMSIB.
LES
«laln.
PARIS
SE TEND nrB DU CROISSANT, 16.
&«B MOimiARSUl, 131*
aS©V€^ff^
SOMMAIRF.
Beport d'autre part —Le petit Martin. -^ M Thomas. — Description du petit Martin. — M. Pelet de la Lozère. — L*oubli des injurfs. — Eiislence laborieuse du petit Martin. ^•Madame Dosne. — Les mariages. — M. d'Haubersaert. — Mlle Annrtte Lebrun. — M. Meyerbeer. •— > La machine impériale. — l^** MAI. Les discours au roi. — M. Pasquier. —M. Séguirr. — M. Cousin. —M. de Lamartine. — Mme Dudevant. — Mme Dorval. — « Mme Martiani —M. do Balzac— M. Francis Cornu. — M. Anfcet Bourgeois. -— ' Le mari de la . reine d'Angleterre. — Les Chinois »- Encore M. Cousin. — M. de Pongerville. — Mme Collet née Hévoil. — Les feuilles' amies. — 200,000 francs. — Avantage qu'ont les rois morts sur les rois| vivans. — M« Duchâtel. — Mlle Ra» cbel. ^ Mme de Noailles. — M. Si>ontin>. — M.Dnnrez. — M. Manzoni. — Le père Je la duchesse da JNerooors. — Entre deux sucres. — > M. Buseaud. —Les injures anonymes. — Conseils à M. Jules **\ — M. de Montalivet. — M. Dumont. — . M. Siméon. — Les restes de Napoléon. —M. Thiers.-^ M. de Rémusat. — M. Guiiot. — M. MoIé. — La Ga(|ue«ent toujours le hareng- -—M. Taillandier.-—
La plume d'une illiutre épie. — Le maréchal Oansel. — >Miei Prigioui. — Méditatioos. — ^Tristia. " Les lys elles Yioteties. — Mme Tasta.— Mme Laya.
— M. Vallée. — M. Gavaignac. — M. Foold. — M. Jacques Lefebvre. — M. Lebœof. — M. Garnier-Pagès. -^ M. Thiers. — M. D*A.rgoot. — M. Dosne.— M. de Rots«;hild et les juifs de Damas.
— La qaalrième page des journaux. — Les chemins de fer. — Trois cerfs — Chasse courtoise.
— Souscription pour les péchnurs d'Etretat. — Rapport de M. Glausel. — M. Frédéric Soulté. — H.'Frédérie Lemaiire. — M. Arsgo. — Cinq cent un partisans de la réforme électorale font deux argun^ns contre. ' — Une représentation par ordre. — Mlle Albertine. — M. GlaiE-Bizoin. — M. Gauguier. — M. de Lamartine. — Apothéose peu confenable. — 'Les barbarismes de la Chambre.— Le Journal des Débats s'adoucit. — M. Janin. — M. de Bourqueney. — M. de Broglie. — M. Séb.t8iiani. — M. Léon Pillet. — Buponchel. — M. Schikler. — Mlle Fitz-James. — Am Raucften.
Report d'autre part.
%9 et SO AVRIL.— Toujours relativement à la carte à payer des consciences et des dévoûmens désintéressés qui ont été servis devant MM. les membres du cabinet vertueuxy et pour subvenir à Tinsuffisance de ses ressources rémunératrices^ M. le président du conseil a mis le petit Martin auprès
de M. Thomas^ dief do personnel du mtiiistèredes finances.
Mais TOUS me demaoâcrcz ce q^e c*est qae le petit Martin t
BESCBirriON DU PETIT MARTIN.
Le petit Martin, — qae Ton désigne ainsi familièrenicnt dans les coulisses du pouvoir, a cté secrétaire de M. Thicrs , dans tous les postes qo*il a oceopés, même celui de boudeur de la place Saint-Georges; — il est dii même pays, de la même ville que son patrooj à peo près do même âge; — il a en liauleur un ponce de moins (le flatteur!) que son augnste maître (M. Thiers s'appelle Auguste].
Le petit Martin ne devait cepondaut pas
cette fois occuper celte place de confiance auprès de M. Thicrs, parce qu*à kurderDÎèrc sortie du pouvoir il avait été placé à la cour des comptes <Iiii exige ud travail et une résidence de toutela journée.— M. Barthc, président de la cour des comptes, voyant 1rs négligences du petit Martin, a essayé les premiers jours de le gronder ; — mais en voyant le ministère s*a(rermir, M. Barthes*cst adouci et a cessé de tourmenter son référendaire.
La position du petit Martin, prèsdcM. Thomas, a pour but de savoir les nouvelles vacances dans Tadministration avant. Thonnéte M. Peict de la Lozère , sorte do Lagingeole gouvernemental que M. Thiers s*est donné pour collrguc. — M. le président du coaseil, averti des places vacantes , peut faife mainl>asse dessus en faveur de ses ennemis députés ou journalistes.
En outre, M. Thiers, avant sa rentrée au pouvoir, ayant promis la place de chef de son cabinet à quipze journalistes, à vingt-
€ittqMiditeart,â ipiaranle fils oa nereoxdt AêpotéSv a été contraîat de reprendre l'andr pooraroir an prétcite i donner aox déçus
Ainsi occupé » k malheoreox Martin d:
peut sortir qn^ane demi-lieare par joDr,^ dormir que trms heores par nnic. Il fautquV reçoive tons oeax qoe le ministre ne vcot paf receroir» — qnHI parle à tons ceni auxquels le président dn eonseil ne pourrait parfer sans se compromettre. De toutes ces fonrtions, la principale est de se transporter près des ministres pour leur porter les ordres da président du conseil, — et présenter à leur signature les nominations aox emplois locratib de leurs départemens.
On me demandera peut-être quelle sera la récompense de tant de zèle et d'un dévoù-
ment si robuste. Le petit ttartin aura de Vavancemeat à la cour des comptes, et de plus Mme Dosne a promis de le marier.
Car un des moyens de séduction que Ton emploie en ce moment, o*est celui de faire des mariages. — Mme Dosne tient bureau ouvert et agence matrimoniale. Gom Aie elle a eu la main heureuse, il n*est pas une mère qui ne soit prête à accepter un gendre de sa main. Plus généreuse que MM. fVillaumef de Foy, et autres agens spéciaux pour les mariages,— Mme Dosne n*exige, pour prix de ses bons offices, — que rengagement pour les maris, pères ou frères qui arriveraient à la chambre de voter pour M. Tbiers. — ^Elle a promis, — assure-t-on, — de trouver une femme avec dot et beauté pour le jeune con seiller-d'étatM. d*Haub.... que son nez rouge a jusqu'ici fait refuser par plusieurs héritières.
= M .Meyerbeer a eu long-tempâ des cartes de visites gravées sur des feuilles de bois
là
eoflmeite papier. Son nom de G&- Mcycrbeer était sarmonté d*aiie f jrt
mie Annette Lebran, cbanteasc assez cofc- I— ne de rOpèr«t a cru dcToir se faire dire des fartes exactcmenf semblables â celles de il. Meyerbeer. — Seulement elfe a ajouté â la \pf nue petite branche de laurier. — il. Meyerbeer a change ses cartes.
A Yoir dans les luttes ministurielleSy — les places et Taisent pour but unique et Fadministration abandonnée aux commis, — on s*élonne que les choses n*ailient pas encore plos mal qu'elles ne vont.
* En effiity on ministre ne s'occupe que de rester au minislére, — et il est renversé «Kaot
avoir pu prendre la moindre connaissance
^ $<m déparlement :— ce qui faîl que ies aCftii-
' ^s réelles vont encore à peu près , c*est que la
teille machine administralive do Tempire
tait très solidement construite et qu*olle
ubsiste encore. — Les ministres sont comme
.ies chiens dans un tourncbrOche, il suffit
,(u*ils remuent les pattes pour que tout aille
^len ; — que le chien soit beau ou laid,— q«*il
iit ou n'ait pas d'intelligence, — la broche
tourne et le dîner est à peu près mangeable.
'/ Mais la machine se rouille fort et- ne peut ' tarder à se détraquer, c*est alors que nous ^ serons en plein gAchis.
V MAI- — La fête da roi a été ce qu'elle est lom les ans. —Le bourgeois de Paris» qui noBiiiie des députés poor qu'ils exigent des économies,^ a trouvé le feu d'artifice mesquia; — le bourgeois de Paris veut à la Ibis te plus stricte économie etiaplus graaëe naysiftoe^ce. lies diAfs des différeas corp« da L'état ont fait au Roi le «éme discours qu'ils fiHst depuis dix ans, et que beauooii^ d'entre eux ont bit à l'empereur Na^léon et aux deux monarques de la restauration. Il i^st impossible de Yoir des phrases plus creuses par le fond et plus ridicules par la forme que celles adressées à Louis-Philippe par ces honorables personnages. — Nous dirons en passant à M. Pasquier, président de la chambre des pairs» qu'il n'est d'aucunelangue de dire, -^ qu*wu sùurc^se puUif ainsi qu'il lui est arrivé de le dire dans son discours au Roi.
Nous dirons à M. Séguier, — qu'il est un peu trop bucolique pour un premier préâ-' detttde cour royale, de montrer les princesses «Dr^parant des iiBStons pour les prinosM
t ciue a des princes ÈuvhE^ des TfiOVUÈ^& ie Mazagran » vaudraient des pensums à dei^ bcoliers de sixième.
AlaU il y a quelque chose de plus tri&le ?
&f • Cousin, ex-philosophe,— traducteur d'oi^
vrages allemands, traducteur dont on a dit :
aPour traduire, il ne suffit pas d*Oter ua on-
y rage de la langue dans laquelle il a été éarîlf
il faut encore le mettre dans une aiili^
langue.i> — M. Cousin, ai^oord'kui minisire
de l'instruction publique, — grand'^ maître
de runiverùté, — a dit dans son discourt aa
Roi:
a Portez un moment les yeux sur les œuf
vres de votre sagesse qui est aussi leur gloire;»
cTest un exemple d'amphigouri,— et oon paa
xxnexemplaire^ commeaditle mémeM. Cou-*
sin dans un ridicule discours fait la môme
semaine à propos de M. Poisson, que la mor^
a enlevé à la science : — a M. Poisson était
Vexemplaire vivant de cette maxime». Od.%
remarqué dans le discours au Roi 4oM. O^
sin cette appréciation politique dont la jusicsse et Tandâce ont paru à la haoïeur des aphorismcs du célèbre M. de Lapalîsse : — 9Les citoyens un moment divisés^ comme il arrive presque toujours dans les révolutions. }à
Ce bon M. Cousin est un assez réjouissaot ministre de Tinstructiott publique ; — à la demière séance de la diambre des députés, Toyant M. de Lamartine monter à la tribune, — il a dit : Ah l c*cst M. de Lamartine ; je ne le connaissais pas. — On a rapporté le mot à II. de Lamartine qui a répondu : — Je ne le connaîtrai pas.
^ La première représentation éeCosimat drame deMme Dttdevant, connue sous le nom de Georges Sand , avait attiré une nombreuse aflluence; — la pièce n*a eu aucun succès.— Après la représentation, Mme Dudcvant qui, — on le sait» fume et s*habille en homme , a cftt à Mme Donral, chargécdu principal rOle: Te t*ai fait là un f...« cadeau.
Il y a eu après la pièce un soaper chez Mme Marlianîy — swper dans lequel il ne s*esl pas dit un mot deTouvrage tombé.
La chute de M. de Balzac et celle de Mme Dadevant ont été un beau triomphe pour les fabrîcans de mélodrames du boule- ▼afl,^- MM, FrancisCornu et Jnf cet Bourgeois, gtànds écrivains de même force, dont Vvttt nîe le séyTe et Tantre Tortographe. — Je sots ponr ma part enchanté de voir ainsi punis les gefrs d'un talent i^éel et distingué, qui dcsfentfétit dans l'arène avec les industriels de la littérature.
Bans un (héâtre^il y a aumoins quinze bottiers, autant de tailieurs, trois cents marchandSy quelques domestiques; — jamais il ne vous viendrait à Fesprit de lire à votre tailleur ou à votre bottier un seul de vos vers, encore morns de lui demander soii avis, encore moins <fo le suivre en la moindre déd choses. • ~ '
Eh bien 1 ifaand tous ces gens sont réunis, Tovs tombes à genoai devant eus, tous at^tendez avec une anxiété mortelle ce qa'iU Tont décider de rotre œuvre.
Aussi, que de succès dus à la vulfarité ées sitoilkiBsdnientiaicnt et du langage; —que de dmes qui n*ont pour cause que des beautés immtées ou de nobles bardiesses! Hélas!
— il font le dire, c'est pour gagnerna pea plus d'argent, — que lesécrlYaiqs qui s'étaient jusqu'id abstenus du théétre, viennent s'y compromettre ai^ourd'bui et y prostituer à la foule leur talent et leur réputation. Au théâtre, où tout ce qui n'est pas aussi faux que le soleil d'huile et les arbres de carton, faitdisparateetcbequêrassemblée;
— au théStrc, où la pensée, après avoir revêtu déjà la forme de l'expression qui l'amoindrit, — doit encore subir l'incamalÂon d'un acteur, -- adopter sa figure, son geste, sa voix, — ses façons d'être et de comprendre on de ne pas comprendre.
Si deux personnes causent avec un pcn d'abandon, — une troisième qui sunrient fera changer la conversation. — Elle deviendra immédiatement, d*un tacite et commun accord^ plus vulgaire et moins intime.
Chaque lois qncj*ai fait un livre, il m*a toujours semblé que je le racontais à une pcr^ soanc, — à une seule, — que je connaissais ou que je révais; Tun a été faiipourGalayes^ — un autre pour Ttiabitante que je n'ai jamais vue d'une petite fenêtre fleurie que j'apercevais do la mienne ; — - presque tous pour C... S.... ;— aucun pour ce qu'on appelle le public.
Si le poète savait bien ce qu'il fait la première fois qu*il donne son ouvrage à l'impression : — il y a en lui une sainte pudeur qui se révolterait en songeant que cette pensée qui sort de son ame et de ses veines, — il la livre et l'abandonne à tous, — et il jetterait au feu son manuscrit révélateur, il n'oserait mettre son coeur i nu devant le
%, — Oa place sflr (a colonne de Juilfctle génie de la liberté; — c'est la consécration d'un genre d'actes glorifiés il y a dix ans, et criminels etpunis aujourd'hui. — C'est le défaut des monumens : — grâce aux lenteurs du bronze, — ce qu'on avait commandé contre la branche atnée semble presque s'exécuter aujourd'hui contre celle qui lui succède.
pvblic. — Il y a des senti mens si délicats et ^ ai pudiques qn*i!s meurent de froid ou d« honte aussi t6t qu'ils sortent du cœur autrement que pour entrer dans un autre cœur qui les cache et les réchauffe.
SI
». -la mari de la reine d'Angleterre exécute fidèlement «es pn>n*sses,-icparlemfint est content de lui.-Larelneestgrosse,
— on a donné au prince de Cobourg un régiment, - à titre d'encouragement et de récompense.
= Voici la guerre commencée entre les Chinois et les Anglais. - J'avouerai que . jusqu'ici, les Chinois m'avaient paru un peuple aussi fantastique que les Lilliputiens de Gulliver. - Que les gens de bonne foi s'interrogent, et il s'en trouvera plusieurs qui ont partagé mes impressions. -Nous ne connaisscns les Chinois que par les portraits qu'ils nous envoient sur des boites bizarres-
- portraits ridicules, invraisemblables et hideux qu'on ne fait pas ordinairement de soi-même. - J'avais cru qu'il n'existait de Chinois que ceux qui sont peints sur les porc«Uine8,6urles paravents et sur les boites de laque ; - aussi, quand j'ai lu que l'empereur avait fait un appel à tons ses sujet,, -j'ai été sais, de frayeur et je me suis hâté d'en^
trer dans mon cabinet pour roir si ces iHMuies grosses Hgures ne s'étaient pas détachéet de mes pots bleus et de mes bottes doréesy ein*avaientpas disparu subitement poor aller obéir aux injonctions de leur soureram.
4. — Voyez cependantcomme on est quelquefois trompé : — il n'y a sorte de chose que je no me sois laissé dire sur M. Cousio. — On m*ayait raconté que, malgré les frais de représentation qui lui sont alloués au mi- Bistère, il n'y donne pas de dîners, —eu les donne si mauvais que personne ne s*y laisse prendre deux fois; — que la vieifle gouvernante qu'il avait à la Sorbonoc Ta flotvi an ministère où die continue à tenir sa maison dans des idéei d'ordre auxquelles la malveillance se plaît à donner un autre nom.
On m'avait raconté que M. Cousin, qui est assez mal élevé, avait manifesté une arrogance de mauvais ton à Pégard des hommes de lettres et des académiciens ; — qu*on lui avait demandé, sur les sommes affectées à cet emploi, un secours pour un écrivain malheureux et qu'il avait répondu brutalement : « Je ne donnerai rien ; ces gens-là m'ennui0nt; — que, rencontrant M. de Pongerville, Facadémicien, sur lo Pont- des- Arts , — il lui avait dit : — Il n*y a que vous, monsieur, dont je n*aie pas reçu la visite. — Gela vient, monsieur, aurait répondu M. de Pongerville, de ce que j*at(ends la vOtre.
Eh bien ! toutes ces choses et une foule d'autres qu*on m*avait racontées, ~ toutes ces choses, après des informations scrupuleusement prises, se sont trouvées être parfaitement vraies ; mais ce qu'on ne m'avait pas raconté d*abord et ce que le hasard m'a tait découvrir depuis, c'est la touchante sollicitude de M. Cousin pour la littérature. — La chose, Il est vrai, ne s'applique qu'à une
seule penomie ; — > mais ii n'y aocim doateâ former «lue IL Cousin ne soie prêt i se conduire de même à Téf^rd de tout autre personnage littéraire qui se trouverait dans le même cas. — Ab uno disce omnes.
n s*agit de Mme Colleti née Revoil, — qui a obtenu un prix de poésie à l'Académie, et quiy ne se trouvant pas assez en évidence — par la lecture de ses vers, — sa présence dans l'assemblée, et la proclamaliou de son nom, — demanda, avec tant d'instances, i lire elle-même la pièce victorieuse.
mie Revoil , après une union de plusieurs années avec M. Collet, a vu en6n le ciel bénir son mariage ; — elle est prête de mettre au monde autre chose qu'un alexandrin. — Quand le vénérable ministre de riostruction publique a appris cette circonstance, — il « noblement compris ses devoirs à Pégard de la littérature. — Il a fait pour Mme Colletée qu'il fera sans aucun doute pour toute autre femme de lettres à son tour. — Ii l'a entoo-
rée de soins et d*atten lions; — il ne permet pas qa*eiie sorte autrement que dans sa voi« turc. — A un dincr chez M. de Pongcrville, qui suivît de près la rencontre sur le Pontdes— Arts, — tout fatigué et désireux de so retirer, il attendit l'heure de Tintéressante poète pour la reconduire dans son carrosse. -— Il est allé lui-môme chercher à Nanterre une nourrice pour Tenfant de lettres qui va bientôt voir le jour, — et on espère qu'il ne refusera pas d*cnéire le parrain. — Eh bien voilà de ces choses que la presse, — qui devrait être pénétrée de reconnaissance, affecte d'ignorer et de condamner à Toubli.
6« — Pendant que les journaux amis de M. Thlers attendent plus ou moins patiemment la récompense de leur coccoars dé-
m acÊÊMl ibrt irritée de celle
— et conmeoça à jelcr wfcstisview et dangereux sur ks
à bmcer ao BÙBisà double eoicnie et «|oc}-
— Os eolbeaacoopde cospreadre i ces estimables
fjaUs araient été mystifiés.
IbilfHde
Umortder
qui entoure b
ooiromies d'immar-
OBt eotr'aolres araa-
cehtt qu*ott ne kor
» — Aa précédent ministère derintériear, on n'était occupé que de Mlle Rachd. — ^M.Dachâtel lui envoyait des livrés et tous les commis lui faisaient des vers. — Il est douteux que Corneille ou Racine, s'ils revenaient au inonde, fussent aussi bien traités par ces messieurs. — Mlle Rachel appelle Mme de Noaîlies sa meilleure amie — Le règne des avocats en politique a pour. pendant le règQc des comédiens en littérature. — J'ai vu-^une lettre de Spontini à M. Duprez. — Il appelle H. Doprcz 0 son nouvel Orphée ; » il implore son appui et sa protection ti prend la liberté de le prier de vouloir bien accepter sa visite (la visite de Spontini chez M. Duprez I ) et lui indiquer un jour et une heure qui lui conviennent ( qui convienneat à
M. Duprez!) poor le recevoir (recevoir Spoatiai I).
V. — -A propos de la Saint-Philippe , on a donné des croix d'honneur dans Taroiéo et dans la magistrature, et aussi à des professeurs: — le seul écrivain que M. Cousin ait jugé digue de cette distinction, est M. Manzoni^ poète italien.— Je n'aime pas beaucoup qu'on ait donné je ne sais quel grade dans Tordre au père de la nouvelle duchesse dcNemours; — la croii d'houneur, que beaucoup de gens ont payée d'un bras^ d^une J8mbe« — ou d*ua œil, — d'une vie entière de travaux et de privations , ne doit pas être donpée à d'autres à si bon marché, que de devenir Ja récompense du bonheur qu'ils ont d'avoir une très belle fille et de la bieo
marier. — La croix d* honneur ne doit patf devenir un petit cadeau pour enfretenir Ta* niîtié, — et suppléer économiquement Taùcienne tabatière à portrait, enrichie de dia- 77ianSf qui était la formule la plus ordinaire des libéralités royales. — On regarde plus à donner des diamans , que des rubans dont il se fait par jour trois cent dmiuante mille aunes dans les manufactures de la ville de Saint-Ëlienne.
9.— Pendant la discussion sur les sucres, — M. Bugeaud^ rapporteur de la commission à la chambre des députés , n'a rien trouvé de mieux pour établir un parallèle entre les deux sucres , que d'en distribuer des morceaux aux membres présens ^ lesquels étaient du reste en petit nombre, comme chaque fois où ii ^V
git d*iiii intérêt ntlérid » dans le^toel il bol des oonnaiasances spédaks c{iieles phrases ne peurent pas rt mplacer.
«» Pendant que la chcrlédcs grains amène des troubles cl des riics dans les départemenst et de la misère partout , — le cicl a pris le parti du peuple, — la ploie coaunetir^ à tiNBber, — toaC promet une riche et abondante récolte.
9« — Quelqnes «Messieurs continuent à m'adrcsser des lettres injurieuses et aoonj- DMs; — j'en ai reçu deux aujourd'hui. — L*auteur de la première, après quatre p9g<^s où il met du latin , du grec , peu de français et beaucoup de grossièretés , — me déûe, en me tutojaoli de mettre sa lettre dans mes
petits MvTQê; — c*est uo moyen un peu violent de se faîre imprimer; -^ cependant je m'engage tfïr l'honneur à aatisfoire au désir de ce Monsieur et à faire imprimer sa lettre dans le prochain numéro des Guêpes^ s*H veut prendre la peine de la venir signer chez moi ; —je joindrai en posi- scriptttm le récit de la correction que je lui aurai infligée ; — car comme le dit Chnmfort, — quand on porte d'une main la lanterne de Diogèndi — • il faut tenir son bâton de l'autre main.
=Ùa autre, qui signe Jules, m'adresse des injures et des menaces : — hélas I mon pauvre M. Jules I — quand on veut faire peur aux gens , il ne faut pas commencer par leur avouer qu'on est un lâche , en ne signant pas une lettre du genre de la vôtre ; — j'entends par signer y — mettre au bas de sa lettre, son nom , — son adresse , — et l'heure ft laquelle on est chez soi ; — c'est une chose que peut demander un homme qui met son
nom au commencement et à la fln de tout ce qu'il écrit.
Quand j*élats plus jenoe » — qaaiid je demandais encore à Texistence p!as qu'elle ne peut donner » — qaand je me déchirais les mains i vouloir cueillir des fleurs et des froiU sur les ronces stériles des routes de la vie , — ces injures anonymes m*ODt fait quelquefois pleurer de rage cl de désespoir: — pendant nne semaine je cherchais si quelque moavement instinctif ne me ferait pas reconnafCre dans la foule mon lâche provocateur.
Aujourd'hui y — j*ai pris mon parti sar tout cela; — je sais que Thomme qui se fait connaître par quelque talent et par on caractère indépendant, — qne Thomme qui marche dans la vie d'un pas ferme et droit, — se dénonce à la bienveillance înactive de quelques honnêtes gens, — et à la haine passionnée des imbéciles et des fripons de tout genre; — j'ai compté les deux partis, et je ne crois pas manquer de courage en faisant ce que je fab. C'rst un ennemi public que Thomme qui, aux milieu des mensonges des hommes e% des choses, — dit à chaque
homme et à chaque chose: « Tu ne me tromperas pas,» et qui les poursuit par le ridicule, — seule arme qui pui^ les atteindre aujourd'hui que tant de gens n'ont plus d'honneur quel'on puisse attaqaér sérieusement, — et qu'il ne leur reste que de la vanité.
lO. — M. le comte de Montalivet s'est fait nommer dans le môme mois colonel de cavalerie et membre libre de l'Académie des beaux-arts. — Ce dernier choix a été plus critiqué que le premier: — on n'a pu découvrir d'autres titres à Tintendant de la liste civile que l'intérêt qu'ont MM. de l'Institut à avoir pour collègue et pour ami l'homme duquel dépendent souverainement les commandes. C'est au môme titre qu'avaient été élus précédemment — MM. Dumont et Siméon, chefs de division au département des beaux-ârts.
■ I.^ — M. Hngo Tient de m'envoyer son lirra — Ombra et Bayons. — U a écrit sur U première pige, «AU. Â. Karr, son ami^ Victor Hugo, a — J'en ai été fler en lisant certaines [liÈces remplies de grandes et nobles pensées. — J'en ai éié heureux en lisant certaines antres, ob il y a tant de cœur et de sensibilité.
=Le même jour j'ai décourertde la prose de M. Flourens, — celui qui l'a emporté sur U. Ilugo h. l'Académie Française.
d Nous ne ponvons qn'appiandir ani efforti oquc bit M. I^roy d'Ëiioltes ponr te pera'fectionneinent de la lilhotritie. o
rcns u écrivait pasT
1«. — Une démarche ofBcicase, qu'a IJMte auprès de moi un de mes amii, qui eit aiwi l'ami d'un autre, me douoe occasion de traiter en peu de mots une queslioa agseï grave.
La vie privée doit être murée.
Celle muraille tant réclamée pour k vie privée, chacun U demande pour soi cl personne ne la souffre pour les autres.
On s'en sert comme le chien de Hontargis de aon tonneau od il se réfugiât après arwf mordu.
qM est heoraiu loit bi^ pour fbeMBB ^ vit nKain, dast l« bâabcw est le Mleil, dont l'iDibiliaa al Toaàtn àet arbres et le parfiDK,da fleura, rboonn doat toote la fia rit nasMniirpinrwiirirtfr. pgnmns |iimfai. pMT eBe flear, {Nur me nunie. Celoi-U a droit A ia Tie privée. Hais l'hnmmn qui bit tout pour rendre w vie publique, rhïïssmTt qai fait do btnt pe^ se Am ealsadw, rVisBoe qui monte snr taei psw se Cbn nk. — Je m au pas ce qa»
cabi» sppsMew ne pri^fc.
Gn député par exemple, a-l-il uae vie prirèeT imbommequi.poursalîfttreiiDede •es pauîoni, peut vendre tous les ÏBtérttt d'ha pays. — N*B-t-OB pas k drmt de sop- TClflEr ses passions T
.^ BwtacdmxKiens.etqaetabeHeniTeBtten^ : •' dut dus l'anxîéU uie détirioa qui rilait II f dédtrernicnioonbKte, — H. deRéansttt f denioddkpar^etsprësentéàlactembrB ,> un projet de loi qui ordonne la tniDsIition dei ,f rsHes norteli de Napoléon h. Paris.
Cette proposition a été accueillie jtgc en- )' tbonriasoe. Le bon U. Gangnier a déclaré la t chambra tellement émue, qu'il Taltait remet- ,j tre ta discussion an lendemain. — Or i , cependant voté snr la loi des sucres, et on a
pris un parti qui n'en n'est pas nn. — On I , laissé, par nne augmentation de droits aux ^ febricansdu sucra de betteraves, la foeullé de i continuer i faire du sucre et des faillites. — || La canne Iriompbe, mais sans ^èrosiU; elle
ne veut pas que la betterave meure tont-ï-
eonp, elle la condamne i nne mort lente A
nne agonie convolsive.
Pardon, — si pour suivre la chambra Je guis obligé de mêler ainsi le sucre et l'empe-
nmt.—'Dtas l'taitmmagc readu i la oiémoirG de Napoléon, ~ il faut disliqguer deuxcbo- Mt. — Je DC veux pas, par entboasiasme, toaabcr me la foule dct éiouraeaiu dans In flieti deU. Tbieri.— Je ite veux paS( par dé- Èêuu de M. Tbien, me moDlrer trop froid pour on acte qui ne Diuquc ni de grandeur ni de majeité.
Comme poile cl comme philosophe, j**jmais Toir le tombeau de Napoh^o à Saioie- Hélène; — ce lombeao lolitairc, sur un roc battu par les vents et la mer, avait une graudenr qu'on ne pourra lui donoer i Paris. — Toute poésie est un r^ret ou un désir : te r^rctde celeiil après la mort, la (jilié pour UD bomme d'un si grand caractère el d'uni; si grande fortune mêlait quelque chose de tendre et d'affectueux à son souvenir. — Napoléon à Sainte-Hélène était aussi Wa de nous et aussi dèi&é que s'il cOt éié dans le ciel. — C'est è la Mecque que l'on va révérer la tombe de Mahomet.— C'eslè Jémnlem, surle lieu témoiadcsoD
il 7 avait des chrétiens, — allaient adorw le Christ.
Mais aupoint de vno de la nation frascaiH, — je comprends qu'elle tienne à honneur de ne pas laisser le corps de son empereur m .pouvoir de ses ennemis.
Ce sera une grande et belle Télé que le corps de Napoléon' traversaDt la France en triomphe.
Mais pour qui connaît H. Thiers, (ont cola n'est qu'un moifen. — Depuis un mois, il cherchait une idée et un prétexte àl'existence de sou ministère ; — le conservateur ne se donnait pas, — on ne pouvait pas se donner assez à la gauche ; — en un mot, — selon une «pression familière de M. Thiers lui-même, t (a n'allait pas, » lorsque M. Guîzot écrivit de Londres qu'on pouvait faire le coup des cendres de Napoléon.
L'ambassadeur ayant leadu cette percho
Brfotaire, M. TUen s'en est M»i, et a va Roi.
Le Roi était d'autant mieux disposé que cette négociation avait été sur le point de 8*onvrir sous le ministère de M. Mole. — M. Thiers écrivit àM. Guizot de hâter la conclusion de Vniïalre^ a de peur qtCun revirement parlementaire ne vint donner à d'aU" très cette bonne fortune de scrutin.
Ça été Taffaire d*un conseil, — la réponse de H. Guizot est arrivée aussitôt;— ce qu'il y a de plus merveilleux, c'est que la chose 9 été conduite mystérieusement jusqu'au bout, — que M. Thiers, le plus bavard de tous les hommes, — qui fuit de tous côtés dans la conversation. Ta cachée même à Mme Posne et à M. Véron, et le coup de théâtre a été complet.
Mais — il y a dans le projet des restrictions qui trahissent des craintes puériles et hoBt^tise^.
quelque* années, le caTeau qu'il se destinait i lui-même, et deux énormes portes de toonae exécutées par ses ordres pour le fermer.
Mettre; Napoléon i Saiot-Dcois , c'éuii clor« entièrement la parcnlbcsc ïmpôrialr, c'était placer i tout jamais Napoléon dans l'hittoire, et enlever mAme a son nom toute action sur le présent et l'avenir. Mais ce cher petit homme deU. Tbiers, — semblable aux femmes qui vont tremblantes demander aui tlreuaet de cartes de leur faire voir le diable, — ■ ÏDVoqué l'ombre do l'empereur pour se hire protéger par elle, et ilen a eu peur le premier.
l-i. — Tantôt, — vers trois heures de l's-
M. TMiiwliiir s'est friant IsM ktadgst 4k BUDistèn de rifitémr M ait Mg«n*6 les lirais ds cbMAge;— cdi
ds MmtflOTilte.
1 S. — Oa a discuté encore sur Alger;— U. Thiers a beaa dire -— il est évideoC que le gooTememeat n*a pas de système et qae la gaerre d'Alger se fait aa hasard.
M. Vallée continue à se servir de la recède qui loi a réussi à Mazagran , d'exposer me poignée de braves gens à une mort à laquelle fls ne peuvent échapper que par des prod^e^ il a laissé h Cherchel. sous le commandement de M. Cavaigaac/350 hommes qui ont en à ae défendre pendant cinq jours contre trois
récriimoations; —le maréchal répondit asfei mal aux aficusations da ministère qui, par ses organes^épondit à pea près aussi mai aoi accusations de M. Qaosel; — de sorte que chaeoii parut avoir tort comme accusé et nison comme accusateur.
= Le gouvernement a des journaux officiels, des organes avoués;— tout le; monde sait que ces journaux sont écrits par le ministres eux-mêmes ou sur des notes données par eux. — Ne serait-il pas alors déoeot de ménager les éloges emphatiques de soimémef
!•.— Il ne s'agitplusaujoard*huidoln*o^
cuper des al&ires des autres » — les mienoes
wnt fortmal; — en butte à lahaine de meseoa*
4ât9fma,'r9roaentt— fugitif,— c*est i Saia»-
l^erinaifi que j'écris ces lignes. — Hier soir e n rentrant che2 moi, une lettre oflicieuse m'a appris qne j'allais décidément ôtre arrêté pour on mois de prison que je dois à la garde na-
' tionale : — Parbleu ! me dis-je, — je ne vais les attendre , — je vais aller me constituer
' prisonnier. — J'aime mieux cela que de frissonner au moindre bruit, — de prendre dans
^ la rue les plus bonnétes gens pour des mou-
' chards , et je finirai là les volumes qu'attend
' rhonorable libraire Dnmont.
*"^ Eu effet, dès le jour, — je me suis mis en i^ route — me réservant de n'emménager que demain, après qu'un séjour d'une douzaine d'heures m'aurait éclairé sur les besoins delà localité ; — j'ai dit tristement adieu à mon jardin , — à mes accacias en fleurs et à mes rosiers qui vont fleurir.
Je me suis mis en route à pieds , — j'ai r traversé plusieurs quartiers qui m'étaient in- '' connus , j'ai flâné devant les marcluinds de ^ bric à brac^ — puis passantaoprèide JNotiè-
Dmm — faîAMOtèsor kitoor. -^ UjeM uiis neoipé à regarder en bu des nfriadts de petkn gens agitant de petits bras et éê petites jambes , se pressant , se CFoisasC, » hcurtast dans de petites roespeur aller à leurs peliles alEûres eu à leyrs petits
Quand on gravit une montagne, il semble qtt*on laisse en bas les passions , les chagnas terrestres ; — il senable qu'il n'y a que la partie céleste de Thomme qui peut subsister dans cet air raréfié des hautes montagnes, et » Ton contemple d*en haut, tous les intérêts qui TOUS garottaient il n'y a qu'un instant..-; Nous Yousavouerons que d'en haut — la doa« leur et l'humiliation de la prison nous ont paru fort petites , — et surtout eu voyant en bas de petit points rouges qui nous ont semblé de petits gardes nationaux, — peut-être ceux* là même dont la petite colère nous a con^^ daoHié. '
JbdeMiBdint^ iiMSftr^ttS repris DOS soa-
cis 9 — comme le paysan reprend ses sabots à \a porte d'un salon doat il n*a osé salir ou égratîgner le riche tapis.
Arrivé au quai d'Austcrlilz,— je me suis arrôié un moment et je me suis laissé aller ft de profondes méditations.
PBESIIÈRE MÉDITATION.
Il mescmble, ai-je dit, — que dans les impôts que nous payons, il y a une partie destinée à Tcntrelien d'une armée de 400,000 hommes, vrais soldats bien plus capables que nous de garder la ville.
Pourquoi, puisqu'on nous force de garder nous -même la ville ou plutôt les guérites de la ville, — pourquoi ne nous force- t-on pas à la paver et à allumer les réverbères? — Patience , — encore quelques années de liberté et cela viendra !
ÔA
DEUXIÈME MBDITATIOlf.
Cet emprisooiiemeat est immoral et illégal : — immoral, en cela que c'est la réhaWir talion de la prison; que dans un temps donné les plus honnêtes gens de Paris seront allés en prison comme les Yoleurs , — etqoe ce ne sera plus un déshonneur.
Illégal en cela que j*ai été condamné ooe fois , à un jour , — une fois à deux jours , — plusieurs ibis à cinq jours, — mais non pas à un mois de suite; — riniervalle qui existerait entre Téxécution comme entre les condamnations me permettrait de donner quelque temps à mes affaires et à mes plaisirs ; — un mois de suite, — un malade peut prendre sans danger par petites doses ooe quantité d'opium, qui le tuerait infaillible* ment en une seule dose.
TKOISIKiUE UÉniTATIOH.
Va rayon de soleil tombe des nuages pour
narguer ; — * did le§ piefc dans Therb* , — la tête dans le soleil » je vois les barreant noin des fenêtres , — ces portes T<mt s'ontrir est M referoMT sur mel ^ -— je rais être prison-^ nierî
QUATRIÈME MÉOrTATIOX.
Il y a quelque cTiosc d'effrayant dans l'en-trée d'une prison ; une fois que l'on me tient là dedans , il me semble que Ton peut faire de moi ce que Ton veut ; que fa voix et les plaintes sont prisonnières aussi derrière les grilles — et que rien n'empêche le geôlier de me hacher , de faire de moi un pâté que Ton mangera dans un festin patriotique en portant des toasts à la garde nationale.
CIKQUIÈHE MÉDITATIÛK^
Voîei qui est sinistre» — le soleil se eaefae : — quelles imH le» horreurs q«'il ref os* è'< clairer?
Pourquoi cette prison est-elle si loin? — les bruits n'ont rien des bruits que je suis accoutumé à enCendre . — Ce ne sont ni les Toitures, ni les cris des quartiers que j*h«iiîtc; — rien ne me prouve que je suis encore en France.
A-t-on,parun r^ifincment de barbarie, voulu joindre aux tourniens de la prison les tortures de l'exil?
SIXIÈME MÉnrr ATIOIC.
C'est que j'ai déjà pourri sur la paille humide des cachots de la garde nationale ; — j*ai subi une fois 6 heures de prison , et je me rapelle toutes mes angoisses ; —j'avais le numéro 12 y — mjon cachot avait quatre pas de long et autant de large. Il était peint en badigeon jaunâtre, — le bas en chocolat jusqu'à la hauteur d*ttoe plinthe absente ; — la fenêtre avait six carreaux. Il y avait un lit en fer » une table et un coffre en sapin > — une chaise en merisier.
SEPTIÈSIE MÉDITATION.
Pfff....