‹ Les Guêpes (volume 2)Chapitre 30 sur 31 · DIXIÈME MÉDITATION · texte numérisé non relu

DIXIÈME MÉDITATION

Pendant un mois passé horsdechec moi»

— tin mois pendant lequel mon domestique et mes amis sont sûrs que je ne puis pas rentrer,— il est horrible de penser tout ce qu'on peut tramer contre moi.

Mes belles roses auront presque fiai de fleurir ; — celle que les jardiniers m'ont prié de baptiser, à laquelle j*ai donné le nom de C... S..., était près d'épanouir ses pétales d'un jaune si riche, — dans un mois il n'en restera plus rien ; — il y a un an que je l'attends, —- il faudra Tattendre encore un ^ an. On aura fumé ce qui me reste de mon tabac du Levant. — On aura rendu me^ pigeons savans, — ils sauront faire l'exercice et jouer aux dominos. — On aura poché les poissons qui habitent le bassin du jardin.

Un mois sans courir an soleil — quand les prairies sont en fleurs; — un mois sans me laisser dériver entre les saules dans ma chaloupe ; — un mois sans nager avec GaUjes. — L'été passe si vite, et il y a si peu d^étés dans la vie, — et il n*y a que ceux de la jea^ ncsse qui comptent.

ONZIÈME UÉDITATION.

O sainte liberté! — c'est sur la mousse des bois, — sous les tentes vertes formées parle feuillage des chênes que tu as placé ton empire.

U passait alors un cabriolet. — Cocher! — je monte: — au chemin de fer, — et je me suis enfui à Saint- Germain^ — où je me suis installé. — J*lrai quelquefois clandestinement voir mes roses^ — odalisques gardées par les hideux eunuques de la police doot j*auraià tromper la surveillance.

J*ai quelquefois parlé légèrement des coiir sins; — j*cii ai un ici qui me donne une excellente hospitalité; la forêt est magnifique; je monte à cheval. — Jl*ai un appétit terrible; je crains bien d*engraisser dans l'exil.

1 ly* -^ Au commencement du ministère Thiers, — il y avait 120 conservateurs —qui, sous le nom des deux cent vingt-ct-un, s*ctaient juré fidélité. — On les a pris un à un, et les plus fougueux ont déjà cédé. — Les Chasseloupf les Chegaray — ont consenti à diner chez le président du conseil.

Bientôt on verra le général fiugeaud appelé à un commandement supérieur. On compte beaucoup, pour rallier le plus grand

MHnlbre des derniers récalcitraBs» sur vue CqMmèo «le préfets qae Ton médite; et, ce qui est bka plus rare et bieo plus besy, sor une isaciiée de reoeveurs-géfiéraux. — Dans eette fournée, on saura intercaler certaines gens de la presse et de la tribune,-sans les faire paraître sur la liste des co-partageans. — C'est une bien indirecte et bien certaine manière de rétablir les grandes subventions à la plus accréditée des feuilles quotidiennes.

= Voilà les concerts à peu près finis.— Mon Dieu! si je n*étais pas fils d*un pianiste distingué, — quelle sortie je ferais crntrc les pianistes 1 — Mon père, et quelques anciens pianistes qui n*ont fait que bien peu d'élèves qui aient conservé leurs tradition.^, faisaient et font encore sortir de cet instrument, où tout est en bois, — des sons vibrans et pleins-

Les pianistes modernes— presque tous ont fim d*agtiité que de sentiment, remplacent lassons par des bruits,— délaient et noyent,—

le nofludeTariMiei», — une paatre petite mélodie dans des flots de gammes et de violes frappées, coulées, saccadées, — et si j« les applaodis quelquefois quand fis ont fiiily je les prie bien de croire que c'est sen<^ lement pour les récompenser de ce qu'ils fl- -nlssent.

= On a donné à la chambre des députés communication des pétitions ayant pour objet la réforme électorale. — Le rapport, (rès consciencieux, a été foit par un savant magistrat,— M. de Golbéry. — Nous n'avons pas besoin de répéter ici notre opinion déjà exprimée à plusieurs reprises sur l'extension du droit de suffrages, et sur le suffrage uniyersel. — La discussion a eu lieu entre MM . Thiers, Gamier- Pages et Arago.

M. Garoier- Pages— a fait, il faut le dire, de notables progrsô coudoie homme politique ; --il étudie sérieusement les questions, et Im traite en logicien. — Pour M. Àrago, — * il ^

rrfkarailre de vieux aipimens vermouUis,

— qui ne rendaient qa*à des attaques que pcffioanc ne songeait à faire. H. Thiers i été cxtrénemcal ùûble. — liais la diambre a aoiii que daa^ on cas aussi grave elle de- Tait le soutenir^ pour ajoamer iodéfinimeiK la prise ea considération de la réforme électorale.

= M. Bogcaud actté on toast récent porté par M. Ganûer-Pagës dans un de ces banquets ridicoks, — que j*ai, il y a bien longtempSy appelés gueuletons politiques, — oà des gens se disent : la patrie est en danger, *- mangeons du Tcau et portons des toasts.

— Ce toast, — de M. Pages, — répondâoa aiipiinent que î*ai mis en circulation il y « trois ou quatre ans. —Je disais : — c L*égalilé que demande le parti républicain est p1asqu*un rérc, — plus qu*une bédse; — c*est oae bêtise odieuse, parce qu'elle tend, BOD pas àajaaier des pans aux restes^ — nuis

é eoaper les pans aux babils, a

— Vous ne couperons pas les pans des hapîtSy a dit M. Garnier-PagëSy — mais nous in mettrons aux vestes.

= Dans celte séance, — le même M. Pages a adressé aux ministres une interpellatîon un peu brutale peut-être, mais dont la franchise ne me déplait pas. — Il s'agissait de MM. Capode Fcuillide et Granier deCassagnac. — M. Thiers, quf a perdu la tèle, a horribiement pataugé. — Il aurait é.té le plusf ridicule des hommes sans M. Cousin qui a eu la bonté de Tétre plus que lui. — A propos de M. de Fcuillide, M. Thiers ne connaît pas cet homme ; — cependant je crois savoir que M. Thicrslui a dit, — parlante lui-même: — £h bien t monsieur, avouez qu'il n'y a que les gens du midi pour être aujourd'hui ce que nous sommes l'un pour Tautre, après avoir été ce que nouS'étions hier. — La réponse de M. Cousin : Cette personne est venue me demander des passeports, — rappelle celle d'un enfant qui avait reçu un coup sur l'œil en

wiicnt ftostriHÊf cl qn, mm a?ooer sa désob^ssanee» répondit à la Uoaqa'on lui faisait sar sa blessure : Mamanf c'est moi qui m'a mordu Pceii^

' le mot est resté prorerbc, — ef donner des passeports, se dît aujoardThui poar eipnm«T honnêtement une chose qol n'est pas fionnéte.

s Dans la discassion sur la réforme électorale, — M. Thiers s'est rendu coupaUe d*une phrase que nous dénonçons aax femmes : — (clf faut exclure de cette prélentioa un certain nombre d'homnrcs qui,commeLf5 FEMHES €ù les enfaus n*ont pas la raison nécessaire, a

•M 9 » Mme Dorus-Grasy — prf ifirrfliwi ^e«ji&e de rOpéra, -^a remarqué que toTeao \vx^ carottes la a^et parlutemeot eo vmx^ — et elle eo a toujours au chéAlre ; — maiai^ en excellente camarade, elle De tient pat à profiter ci^clusivement de sa décoaTcrte, et le jour du début de Mario, elle avait apporté un gril sur lequel elle a fait cuire pour luî^ dans sa loge, deux côtelettes de veau fort appétissantes. — Si je donne de semblables détail^9 <^'est pour consoler un peu les pauvres lions exiles des coulisses de TOpéra.

1 0. Il y a trois ou quatre ans, — Thiver a tué presque tous les lys des jardins ; ceux des Tuileries n*ont pas été plus heureux que les miens de la rue de la Tour d'Auvergne. — Un journal légitimiste a prétendu qu'on avail

répandu sur ceux da diéteau une sobslance corrosive ; ce que je ne crois pas par cetie raison qoe je viens de dire y qae les miens sont morts coaraie les autres. Toujours est-il qoe je ne me sins pas aperçu qu'on les ait remplacés. — C'est un tort : le lys est use fleur spkndide et magnifique, et sa pros* criplton serait une petite et ridicule pensée.

Pauvres fleurs I — ce n*était pas assez de leur prêter parfois un ridicule langage; de les faire servir à exprimer les plus soUcs idées du monde; de les lier à toutes les fadeurs des troubadours, des poètes élégiaqucs, et des fabulistes ; — on les a jetées daos les luttes politiques. — On se rappelle la rose rouge et la rose blanche d*Yorck et de Lancastre.

Si le lys est proscrit aujourd'hui, — en

1815 9 les libéraux firent entrer uncpaovre

innocente fleur dans la politique et dans Top-

posiiioa avancée. — Les rioiettes qui, jus-?

c^ue-là, avaient caché si soignetisement sous l*herbe leurs améthystes parfumées, — * han-* tërent les clubs et les estaminets, et résolurent, — égarées qu'elles étaient, de chasser un gouvernement imposé par les baïonnettes étrangères, La restauration lança ses procu* reur s- généraux, qui étaient des gaillards à eo remontrer aux plus forts d'aujourd'hui, contre les pauvres violettes ; elles furent déclarées suspectes et ennemies de Tétat, — et mises sous la surveillance delà haute police ; ordre fut donné aux agens de la force publique, et notamment à la gendarmerie royale de saisir et d'appréhender au corps toute violette qui oserait se montrer dans les lieux publics, — et on vit la gendarmerie d*alors, s*empresser, à la seule odeur de la violette, de cerner une maison et de faire une visite domiciliaire; — c'est à cette époque que le jardinier Tripet père crut devoir guillotiner les impéiiales de son jardin.

►.— Lepf îxdcrAcadémie, qui était reloge delf^ de Sévigné, a été donné à M^

TastOyje croîs. — L'accessit à M»*» Laya.— la littérature tombe en qaenouiney sous leministère de ce cher M. Cousin ; — les femmes de lettres qui, en général, ne brillent — j'eu excepte une , — ni par Télégance, ni par le bon goùty ont exigé de lui qu'il se lavât les maios ; — il a cédé; — c'est ce qu'il appelle^ selon te précepte d'un philosophe pins ancien et plus philosophe , — sacrifier aux grâces.

On se rappelle — Thorreor avec laqueiie M. Cousin repoussa , sous le ministère de Mm Villemaiuy ce qu'il appelait un titre min, '^c^est'k-dire sans produit.

T»e disciplQ de Platon — entend la doctrine

de soa maître comme l'entendait une mère de

^lanseuse, qui se plaignant de Tamour de sa

:fille pour un homme panvre, appelait cela

ce son ridicule amour pkUonique. )>

Da reste, il est parfaitement constaté maintenant au ministère de Tinstruction publique — - que pour avoir une pension d'homme de lettres il faut être jolie femme.

*!• — L'imprévoyance de M. Vallée tt produit de nouveaux fruits : pendant que les princes s'avançaient avec l'armée pour combattre Abd-el-Kader , des hordes d*Arahes venaient piller et massacrer les colons jusqu'aux portes d'Alger.

= La discassion s*est entamée à la Chambre sur la prolongalioQ du privilège de la Banque de France. La Chambre a montré d*iine manière évidente , son ignorance , son indifTérencé , son insuffisance et tout ce que TOUS voudrez de plus monstrueux. — Beaucoup de membres étaient absens ; ^ les autres ne se mêlaient pas de la question, qui fut discutée au milieu de tous entre M. Thiers et M.Garnier-Pagès.

M. Garnîer -Pages a, sur ce sujet, abandonné ses théories républicaines,— et étudié la question depuis plusieurs années ; le joli Vert- Vert universel, M. Thiers, qui la piochait depws quinze jours, se sentait plus fort qu'il ne Test d'ordinaire ; il avait fait de nombreuses descentes chez son ami, M.

d' Argent, pour lui chipper des renseignemens,--pour défendre, en même temps que les intérêts de la Banque, ceux du papa beaupère Dosne, qui est régent de rétablissement — et qui a donné en dot à son gendre tout ce qu'il possède de lumières sur la question. —

M. Pages, tout en reconnaissant les services rendus par la Banque de France, qui a, de-* puis sa créalioD, fait baisser énormément rintérôt de l'argent , a émis Topinion fort juste qu'elle pouvait en rendre de nouveaux,

au lieu de se renfermer dans les limites de ceux qu'elle a déjà rendus. Au résumé, le privilège est prolongé jusqu'au 31 décembre

Dans celte discussion, les hommes du métier,—M. Fould, par exemple, qui a été élu, — si on se le rappelle, parce que, disaient les Voîtairiens, il fallait bien qiiHly eût un juif à la chambre^ — comme s'il n'y avait pas déjà assez de chrétiens raisonnablement juifs, comme MM. Jacques Lefebvre, Lebœuf, etc., etc., etc. — M. Fould, qui représente un principe, n'a fait qu'un discours insignifiant. A quoi servent donc alors ces manieurs de gros sous ?

= Du reste, nous allons voir la chambre montrer la môme incapacité et la môme ifi-

différence fKHir les qaostious d*iiiteii6t matériel qui vont 5*y présenter, — qiiesttmis qui exigent des connaissances spéciales que MM. les avocats ne poarront pas remplacer par des aunes de phrases.

La narigatlon intérieurey— les céréales^ — les paquebots —et surtout les chemins de fer, question où personne ne pourra mettre le holà de rintérét général sur les pétitions des intérêts particuliers.

Les anciens orateurs avocassiers de la chambre ne brillent que dans les Tieilles questions grotesquement exhumées par eux, de la réforme électorale, des enTahissemeas du clergé,— du cumul, etc., etc.

= On répétait à un théâtre.... je ne sais

lequel, — une pièce de MM. Vanderburch

et Laor^icin. ^— Au mitieu de la r^tition,

la jeune première s'arrête et dit : Quai est

Tair de ceconplet?>-M. LauroHeiRyéit te directeur, — quel estrair de ce couplet?

— Ma foi , je n'en sais rien , répondit M. LaureociQ ; -^ c'est] Vanderburcfa qui Fa fait, —il faut le laidlemander,

— Il est à son château à Orléans^

— Comment faire ?

— J'y vaisrf

M. Laurencin va aux messageries. — Arez^ TOUS une place pour Orléans?

— Oui.

— Pour quand?

— Pour tout de suite; on attelle.

— Où?

— Sur l'impériale.

— Il pleut.

— J'en suis désolé.

^- Alors prétez-moi un parapluie ; — je ne fais qu'aller et venir. — On part, on passe la nuit en voiture, on arrive à Orléans. — La chapelle St-Mesmin ? — ^ M Laurcncin s'égare, arrive crotté, mouillé, hors d'haleine.— Il sonne, arrive au cabinet de &1. Vanderburch.

Celui-ci, qui est un des hommes les plus hospitaliers tout en étant un des plus spirituels, s'écrie : —Oh I te voilà ; — tant mieux. — Tu restes quelques jours?

— Il ne sagit pas de cela ; — sur quel air as-tu fait le couplet de la jeune première?

— Nous causerons de ça ; déjeunons.

— Je ne déjeûne pas ; sur qutl air le couplet?

— MaiSy quel couplet ?

— Celui de la jeuae première de D€tre pièce.

— Oh ! et bien, le voilà : — tra la la la.

M. Vanderburch chante Tarr ; — M. Laurencia se sauve ; — on veut en vain Farréter. — Il regagne Orléans, — monte en voiture et revient à Paris avec son air.

Itlt, A propos des banquiers ou autres orateurs plus ou moins israélitcs et barbafes qui veulent parler à la chambre,— nous leur don-, nerons TexempIedeM. de Rothschild, leur maitrc à tous.— On se rappelle le cri d*exécration qui 8*est élevé dernièrement contre les juifs de Damas. M. de Rothschild, pour rhonneur du nom juif, — pour prévenir le

coatreeoap d«n repuwa et FSarBfie, t Toaltt pitîder pobkiqiieiiieat rimoceDee àt ■eic^-réBgiiHMiages.— M a d'i^rd reemHî des pièces énuHiéesd'aiilorilés respectriiles, il les aûât mettre en ordre sons ses yeux pir une main habile;— puis il a fait rédiger on récit ^ a été pla&tard signé de 11*" Cré* mieux» avocat juif, trâtnrisr ordinate de MM. lesinift, qui ont le besoin etlemofon d'être éioqnens ;— - et ensuite il a fait insérer le tout, le même jour i la fois, dans tous les journaux de Paris et de Londres, et on a vu toutes les feuilles, même les plus catholiques, mordre à Tappit de Fannonce et proclamer la défensedes juifs. Il y aurait un beau chapitre à faire sur la quatrième page des journaux.~«-I.e ministère Fa senti, mais il n*a pas su le faire spirituellement; — au lieud*scheter des orgemes aux uns, de donner des passeports aux autres, il n'avait qu'à acheta* aux courtiers d^annoncesb quatrième page de tous les journaux. — Par ce moyen,.an Sea des'élogîer dans Me$ propres journaux, qu'en ne yt fMs, — H se AHsaJt damier, dans^

ioiirii«n de ses «dvaersairw — « tons les éloges qa*OQ y donne qu&Udmn&enieiit et saDS mesure— aux pâtes de Niifé>— -an Ea&y — aux toiles métaUiqoeSy-^aux blberensar* tillGieiSy— aux allumettes chimiques^ etc.

Les conseils et les exeotples de M. . Véron ont pu être en cela fort utiles au ministère actuel — qui , sauf le peu d économies de ses optoitions et les moyens employés, — arrive peur les résultats à gouverner parlesrédames, comme on vend la pâte Regnault, et se confond tellement dans les esprite avec ce vénérable bécbique, qu'il obtiendra peuMtre dans Tavenir le titre de gouvernement pectoral ou ministère Regnault.

9S. — Pendant que je suis à St-*Germainy

— je dois constater la manière dont on va— on platot dont on ne va pas sur le chemin de fer, — à cause de la concurrence dont la compagnie est menacée sur la route de Versailles — concurrence qu'elle n'a pas à redouter pour le chemin de St-Germain. — Elle a transporté sur celui de Versailles toutes ses meilleures machines. Le Parisien ^ qui est si fier avec les rois, est sans cesse sous la tyrannie des cochers de fiacres, des conducteurs d'omnibus et des ouvreuses de loges de théâtres, qui ne se gênent pas avec lui et le maltraitent jour et nuit pour son argent» sans qu'il ose jamais se rebiffer ni se plaindre. — 11 est presque ordinaire qu'on mette une heure pour aller de Paris à St-Germain, un peu plus du double de temps nécessaire;

— il n'est pas déjà si amusant d'être en chemin de fer entre des talus de terre craîcuse,

— procédé par lequel, comme me le disait un jour Armand Maiitourne : — On va , mais on ne voyage pas.

= La forêt, admirablement coupée pour ia

chasse, est pleine de chevreuils. — On m'assure qu'elle ne renferme que trois cerfs

Quelque soit le nombre de ces victimes ordinaires des chasses vraiment royales, — ils sont Tobjct d'une triste économie. — Quand il doit y avoir une chasse à Rambouillet ou à ' Versailles , on en en prend un dans des filets, on le garotte, on le conduit'en voiture au rendez-vous de chasse; — là on le poursuit, on le force, mais courtoisement, sans lui faire de mal,— ensuite on le reprend, on le remet en voiture et on le reporte chez lui. T-Cela a l'air d'une chasse de théâtre, et le cerf d'un comparse chargé du rôle de cerf — qui a ses feux et qui peut recommencer le lendemain les mômes exercices; — peut-ôtre pour prêter davantage à l'illusion devrait-on les Instruire k faire le mort.

Mme de Feuchères — possède un grand nombre de cerfs à Morte-Fontaine ; elle avait fait offrir d'en céder quelques-uns au 'prix de 350 francs chaque.— On les a trouvés trop chers.

l'ai à oonatater avec one grande recoa- Drâsanee rempressement et la bomie grâce que les personnes de la famille royde, aoxqaerei jeme sais adressé poar les paarres marins d'Etretat, — ont mis à répondre à mon appel.

Void la lisle de nos souscripteurs : — Nous avions annoncé que nous ne recerrions pas plus d*an louis de chaque personne,^ pour ne pas ruiner nos amis de Paris, et ne pas avoir à faire plus tard une souscription en leur faveur parmi nos amis d'Etretat. — Deux n'ont pas tenu compte de rinjoDctioDy — nous n^avons pas osé priver nos pauvres compagnons de l'excédent. Gatayes et moi nous nous sommes d'abord adressés à nos amis, puis à cinq ou six de ceux que noas voudrions qui le fussent.

J'avais écrit à à MM. Garnier-Pagès et Laffitte, amis du peuple y ces Messieurs ne m'ont pas répondu.

Il ne s'agissait de rien miHiis que de se- ^30iirir trenle-sîxfftoaiaet^de auffia» blés-

- 3és et nnladesi — oa de yeaves de marins noyés, — formant un total de ceiU^quatre^

' vingt-sept enfans sans pain. — Nous vous enToyonSy mes bons amis, arec cet argent si utile 9 les noms, — de ceux qui ont pensé

à TOUS.

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