‹ Les Guêpes (volume 2)Chapitre 31 sur 31 · SOUSCRIPTION · texte numérisé non relu

SOUSCRIPTION

POUn LES PÊCHEURS D*ÉTRETAT.

S. M. Louis>PhiIippe . 500

S. A. R. Madame Adélaïde 200

LL. AA. RR. le dac et la dachesse d'Orléans. 300 S. A. R.Ie prince de Joinville 100

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LimiKi A..;^ 51*

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%%. — M.CIausel a fait à la Chambre des Députés le rapport de la commission rela* tivcment aa transport et à la sépulture des restes de Napoléon. Ce rapport n'a euqu'na médiocre succès^ —quoiqu'on en attribue la rédaction à M. Frédéric Soulié^ — les autres discours du maréchal ayant généralement été attribués à Frédéric Lemaltre. La commission offre deux millions au lieu d'un qu'on lui demandait pour la translation et 1« monument.

«6« ^ Une députatîon d'ouvriers est allée faire à TObservatoire un discours à M. Arage

pour sou autre discours sur la réferme électorale. — M. Arago a répondu par au nouveau discours, ^t ou s'est retiré en bon ordre. — Résultat s:pefte d'une journée de tnvail pour 500 otfv^ieiî»^ ^ ceci me paraîtrait un excellent argument contre le suffrage universel, — c'est~à--dire le temps du pesple employé à l'exercice de droits politiques. — Jf ais la chose renferme deux argumens : — le second est la preuve du peu de discernement dessufijrages du peuple, — qui va remercier M. Arago d*un discours commun, sans effet, et & côté de la question, — quand il ne pense pas seulement à M. Gamier-Pagés — dont les paroles avaient eu quelque retentissement qu'elles méritaient d'avoir ; ce que nous avouons, tout en gardant sur la question une opinion diamétralement opposée à la sienne.

—Hier, à l'Opéra, on donnait une re-

présentaliou par ordre; — le duc et la du*^ ohesse de Nemours y assîstaieiit. — En face d*eux, — dans une loged'avant-acène, on remarqujât avec étonnemeat lUle Albertine, — ex<-daiiBease dudît théâtre que de granda personnages avaient le droit de croire à Londres (Voiries fitt^pe^ d'avril).

ia 9 . — La chambre a parlé, discuté et voté , avec un tumulte qui ressemblait à un vacarme dans l*écoIe, — sur le transport du cercueil |de Napoléon. » M. Glais-Bizouin

— a fait entendre des paroles d*avocat rancunier et mesquin. — Napoléon les détestait,

— et j'aurais voté le second million pour cela seul.

M. Gauguier — a répété, avec un attendrissement qui a nui à la clarté de son dis-

xoars^plusieur3 refrains de M. de Béranger. M. de Lamartine a prononcé un discours plein d*é!évation, de poésie et de rai- €on. — Que de perles I ~M. Odilon-Barrot a fait de ces grandes phrases, sonores à pro« portion qu'elles sont creuses, si familières aux avocats. — Beaucoup de membres delà chambre ont saisi ce prétexte de se rallier au ministère; c'est un passe-avant pour les consciences à livrer. Le ministère s*esc réuni k la commission et a demandé deux milliaos. — On a marchandé ; Tapothéose a été un peu mélangée d*avanie. — On n'a accordé qu'un million et les Invalides.

= II ne peut décidément se traiter à la chambre une question un peu Importante, sans que MM. les avocats en profitent pour créer un barbarisme.

On a, ce mois-ci 9 — parlé pendant trois jours de ï industrie WBrrESJLYïÈSiE,

£t pendant quinze jours, des cendres de Napoléon, qui n'a pas été brûlé que je sache.

MM. les avocats parlent taat^ que les mots de ta langue française ne suffisent plus à leur consommation.

*^- —Le Journal des Débats n'est plus déjà si méchant contre le jeune Vert-Vert, président du conseil;— il le tolère aujour-^ d'hui, —il rhonorera demain ;— il commu?* nique déjà pour les choses frivoles, par mon ami Janin,~dont Tesprit et la gattéfont pour le ministère des affaires étrangères le plus charmant abbé de cour; — et pour les grossea choses , les choses dites sérieuses , par M. de Bourqueney^ secrétaire d'ambassade en disponibilité, — rédacteur-pigeon-voyageur de la feuille, — protégé par MM. de Broglie et Sébastian!;^ et aspirant pour sou compte à l'ambassade de Bruxelles.

» M. Léon PQlel est officiellement directear de l'Opéra^i Cest une manière pour H. Thiers de compléter sa reconmdsaa»— ce y et de mettre en mains sûres TOpéra , qui a pins d'importance politique que ne le croit le vulgaire, — par les loges , — stalles» etc., que l'on envoie aux députés ; — par les influences pfns intimes du chant et de la danse.

J'ai déjà dit que l'ambassade en Perse Bravait eu poor but que d'èter certaines entraves au répertoire.

On connaît l'histoire d'une estafette envoyée à franc'étrier sous le ministère du 15 avril, à Rambouillet, pour ramener à Paris M. Duponchel qui chassait chez M. Schikler. M. Daponchd prit la poste à six francs de guides et arriva au mi'nittére où il s'agissait de réengager Mlle Fitz-Jaiw».

C'est d'ailleurs le complément de la politique un peu Médicis, — de M. Thiers, que j'ai dénoncée le mois dernier.

%9. — Je ne sais rien en politique^ rien en littérature , parions d'autre chose.

AH RAUCHEH. — LES FESfHES.

L*opinion attache du déshonneur pour le mari, aux fautes de la femme. — Le pau?re mari est comme cet enfant que l'on avait donné pour camarade à ua prince et que;

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Fon fustigeait quand le prince ae saviûtpas aa leçon.

Il y a cela de particalicr dans la mauvaise Attmeardesfemmes, qu'ilfautnécessairement f libelle ait son cours; les meilleurs argumens, les raisons les plus évidentes, les preuves les plus convaincantes ne font à ce cours que ce que les cailloux font au cours d*un ruisseau : le ruisseau murmure un peu plus fort et fobtinue son chemin.

il y a dans Famour, deux phases séparées par une crise difficile. — Le premier attrait

de Tamour est la nouveauté. Ce serait si joli une autre femme, s'il y eir avait plusieurs. Presque toujours Tamour meurt, quand la nouveauté s'en va, car alors il n*y a plus rien, la nouveauté n'est plus, l'habitude n'est pas encore; mais si l'amour survit à cette crise et devient une habitude^ il ne mtxxii plus.

L'amour, d'ordinaire, ne dure que jusqu'au moment où il allait devenir raisonnable et fondé sur quelque chose.

Avec de l'imagination et des obstacles, on peut toujours adorer une femme ; il n'est pas aussi facile de l'aimer,

Cest une triste chose poHr ane femme de s*^percevoirqae Fhomrae qa'elle préfère n'est pas le premier des hommes, et que tout le monde ne partage pas son amour et son admiration pour lui. L'estime des autres pour cdni qn^elle aime est pour beaucoup dans l'amour d'une femme, parce que dans son amant elle cherche un appui et un protecteur; parce qu'elle sent qu elle s'identifie à lui, qu'elle ne devient plus qu'une partie de' lui-même, et s'absorbe en lui, et n'aura plus d'autre considération, d'antre gloire que la sienne.

Une femme aime moins son amant pour l'esprit qu'il a qee pour Tesprit qu'on lui trouve.

Il n'y a rien d'embarrassant comme d'être trop familier avec une femme dont on est amoureux ; on perd tous ces indices si importana. — Vous ne pouvez comprendre ni vous faire comprendre, tne pression de main n'a plus aucun sens. Si vous voulez, on vous laissera donner un baiser. Vous pressez le bras, on n'y fait pas attention. — Pour faire comprendre que vous êtes amoureux, il ne suffit pas de faire naître un sentiment,— il faut en détruire un autre; il faut dire ouvertement je vous aime, — et peut-être, — Je vous aime d'omotcf .

L'ami d'une femme peut, à la faveur d*nQ momentetd*une occasion^ deveair son amant; mais l*homme qu*el!e n'a jamais vu a mille fois plus de chances que lui.

Cest surtout quand il n*e&t pas là qu'une femme aime l'amant auquel elle ne s*est pas donnée, parce qu'alors elle n'a rien à craindre de lui, elle s'abandonne sans restriction à l'ineffable douceur d'aimer.

£n effet, c'est un bonheur d^aimer tel, qu'il nous sembla, étonnant de voir des femmes demander de la reconnaissance pour

Tamour qu*elles donoent, comme si elles n'étaient pas assez récompensées, non-seulement par Famour qu'elles inspirent, mais aussi par celui qu'elles éprouvent.

La femme qui se voit vaincue, sent un mouvement de haine contre son vainqueur, quelque adoré qu'il soit.

Chaque femme se croit assez honnéCe femme, et trouve excessif en ce sens, ce qu'une autre femme a de plus qu'elle. — Un peu moins c'est une courtisane, un peu plus c'est une prude. ^

On dut juger de la beauté, non par les propertîons maâtématiqnes do corps el da risage, ions par 1*^ et qn'ele prodoit.

Entre les femmes , il ne peut y avoir d'inégalité réelle que celle de la beauté.

Toutes ks femmes sont la même, il n*y a de variété que dans les wcoiistanees.

La véritable pudeur doit se cacher ellemême avec autant de soins que le reste. — La main qui ramène un pli de la robe, fait plus rêver à ce qu'elle veut cacher, qu*&la honte vertueuse qui le lui fait cacher.

Si la vertu c^ une nation elle devrait

consistera se pas feirc et non h faire nn peu plus tard.

Les vertus comme les douleurs, comme la tendresse, doivent avoir de la pudeur, et ne pas être si pressées de se montrer toutes nues comme des courtisanes.

La coquetterie des femmes n*est un crime

aux yeux des autres femmes que parce qu'elle gène la leur.

Toute femme se croit volée de Tamour qu'on a pour une autre.

Les femmes n'ont qa*oa coite, une croyance, c*èst ce qui leurpiaît. Ce qui leur plait est sacré ; elles lai sacrifient tout avec le plus touchant héroïsme.

Il y a deux choses que les femmes ne pardonnent pas : le sommeil et les affaires.

Les amoureux ont ceci de ravissant, que lorsqu'ils se croient en présence d'un riva} redoutable, au lieu d*entamer avec lui une lutte d'agrémens, d'cspril et de flatteries^ ils se hâtent de pâlir, de froncer le sourcil, de se retirer dans un coin muets et refrognés, ou de dire des durei^ ou des impertinences à la femme dont ils récJamant la préférence.

AUPHOHSE KARR.

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