AVRIL
Rubens, qui n'en voulait à aucun prix, s'excuse sur ses occupations.
— Oh ! monsieur Rubens, il ne vous fera pas perdre de temps;
— au contraire, il vous aidera : il y a un tas de petites choses qu'il fera à votre place, il vous fera vos fonds...
— Ah! parbleu, madame, s'écrie Rubens, il me rendra là un vrai service, car je ne sais pas encore les faire !
$fe* — Pardon, la grosse mère qui êtes en face, serrez un peu vos gros bras contre votre gros corps, vous me cachez trop de ce beau papier qui sert de fond à votre portrait.
Dans l'épisode du Combat de Trafalgar, de M. Gaussé, — on remarque un fragment de mât brisé, — sur lequel quelques matelots sont debout ou assis comme dans des fauteuils, — Je voudrais vous y voir, monsieur Causse ; — je gage que, par une mer un petit peu houleuse, vous ne vous tenez pas sur le bateau du Havre à Honfleur comme vos matelots se tiennent sur leur morceau de mât. — Tenez-vous la gageure?
e|££ Mademoiselle Dimier a peint son propre portrait (567), cela m'a rappelé ce que fit Phryné : — Accusée devant l'aréopage, — elle se contenta, pour toute réponse, de montrer sa gorge aux juges, — et elle obtint son acquittement par cette plaidoirie d'un genre tout particulier, qui n'aurait guère de succès aujourd'hui..., du moins en audience publique. — Mademoiselle Dimier paraît appeler son visage au secours de son pinceau; ils sont agréables l'un et l'autre.
^^ Tiens, — deux singes !
Ah! non... pardon; mille pardons. — C'est un ménage vert
— dans une forêt. — Cela s'appelle portrait de M. et de madame ***; mais je serai plus discret que le peintre, M. Defer, je ne mettrai pas les initiales; — j'intitulerai l'objet : Portrait du livret du salon, tenu à la main 'par M***, qui est dans une forêt ; c'est du reste ce que cela représente. — Le livret est fort ressemblant. — J'espère que M. et madame*** le sont moins.
J^çz M. Lafond a peint nue — une femme grosse de sept mois; — c'est laid.
$^g Je ne sais pourquoi certains carrés de papier ne font pas plus attention à la manière dont on peint les villes de la conquête d'Alger. Le jury qui admet ces tableaux ne peut avoir pour but que de dégoûter les Français de leurs possessions d'Afrique.
Selon M. Frère, Constantine est couleur chocolat à l'eau et Alger couleur chocolat au lait.
Joignez à cela un Combat de M. Guyon, et dites-moi si vous vous sentez envie d'aller être héros là-bas, pour qu'on vous peigne comme cela ici.
fâg Le 4 avril 1840, dit M. Chazal dans le livret, — il se passait dans le port de Cherbourg un de ces rares et majestueux événements où se révèle la puissance du génie de l'homme: on lançait à la mer le vaisseau le Friedland.
Ce qu'il y a de plus remarquable dans ce tableau, c'est une sorte de dressoir où sont figurées les autorités de Cherbourg, et qui ressemble, à s'y méprendre, à l'un des côtés de la boutique d'un pharmacien avec les fioles de diverses couleurs qui y sont rangées sur des tablettes.
Quelques-unes des fleurs de M. Chazal, dans le tableau qui est près du portrait de la reine, dans le salon carré, valent mieux que son tableau du Friedland; cependant je ne les aime guère ; — au reste, —je dois dire pour consoler M. Chazal, en lui donnant le moyen de se réfugier dans un grand mépris de mon opinion, — que la plupart des fleurs, même des maîtres en ce genre, — me paraissent un barbouillage de convention.
Jl y a cependant au Salon, dans la galerie de bois, un remarquable tableau de fleurs de madame Chantereine : — c'est à peu près la seule fois que j'ai vu aussi bien reproduire l'étoffe des fleurs; — c'est un charmant tableau et un charmant talent.
Disons encore, toujours pour consoler M. Chazal et les autres
avril 1842. 271
peintres de fleurs, que j'ai quitté mes pêchers et mes abricotiers en fleurs pour venir voir leurs tableaux, et que cela me rend difficile et un peu de mauvaise humeur.
^^ M. Villiers a peint un bœuf bleu, sous le n° 1847.
M. Raynaud a représenté une famille se réjouissant de la convalescence d'un homme que je déclare mort depuis six semaines; — voir le visage dudit.
4^£ 614. Tobie et l'Ange. — Sur le livret, on croirait que c'est une marchande de poisson à laquelle un ange marchande sa denrée.
Au bout de la galerie de pierre, en tournant pour entrer dans la galerie de bois, — je vous recommande une très-drôle de dame jouant du tambour de basque, — et une Cléopâtre de quatorze pieds.
J$$i Puisque M. Olivier, évêque d'Evreux et ancien curé de Saint- Roch, a fait mettre son portrait au Musée, — c'est qu'il n'est pas ennemi de la publicité ; — nous pensons lui être agréable en citant un mot de lui. Au commencement de l'hiver qui finit, il avait, je ne sais à quel sujet, fait une gageure avec un de ses vicaires : — l'enjeu était une dinde truffée ; — le vicaire perdit, et ne montra aucun empressement pour s'acquitter; — en vain M. Ollivier portait au pari des allusions chaque jour plus directes ; — le vicaire paraissait décidé à ne pas comprendre. — M. Ollivier, poussé à bout, résolut de s'expliquer clairement et lui dit:
— Ah ça ! monsieur le vicaire, — je voudrais bien vous rappeler adroitement que vous me devez une dinde truffée?
— Je le sais bien, monseigneur, dit le vicaire, — et, si je ne me suis pas acquitté plus tôt, c'est que les truffes sont de mauvaise qualité cette année.
— Allons donc, mon cher vicaire! — s'écria M. Ollivier, n'en croyez donc pas un mot: c'est un bruit que les dindons font courir.
«^^ Je voudrais voir le Passage d'Hon fleur de M. Biard. — J ai lu dans tous les journaux qu'une foule compacte stationnait devant le tableau. — Je n'aurai pas de peine à le reconnaître. — Où est-ce qu'il y a une foule compacte? — Je ne vois pas de foule compacte : — c'était pourtant dans les journaux.
Où peut être le tableau de M. Biard?
En attendant, voici celui de M. Decamps, la Sortie de Vécole turque; — on m'a dit d'admirer cela; — eh bien! je n'admire pas; — je soupçonne fort les qualités de ce tableau de consister principalement en difficultés plus ou moins vaincues, — en adresse, en habileté, — toutes choses qui peuvent intéresser les peintres. — M. Decamps a beau lever les jambes de ses petits bonshommes, il n'en est pas moins vrai qu'ils ne sautent pas, — qu'ils ne courent pas, qu'ils ne jouent pas; — rapprochez de cela cette si spirituelle gravure de vacarme dans l'école que nous avons tant vue sur les boulevards,— rappelez-vous-en la vie et la malice, et vous comprendrez la froideur du tableau de M. Decamps , — pour les qualités probables que j'ai mentionnées plus haut, — je suis tout à fait incapable de les apprécier, et, si elles existent, elles n'en existent pas moins pour cela.
C'est un argument qu'on m'oppose habituellement pour la peinture et pour la musique. — En fait de musique, je n'ai jamais que sonné de la trompe, — et, en dessin, je n'ai jamais fait un nez au profil. — Je réponds que les peintres et les musiciens ne faisant pas de la peinture et de la musique entre eux, et postulant au contraire les suffrages du publie, on doit attendre d'eux des ouvrages qui aient un charme qu'on puisse éprouver sans être peintre ou musicien. — Si, pour admirer un tableau de M. Decamps, ou la musique de M. Meyer-Beer, il me faut travailler huit ans au Conservatoire et à l'atelier, — je ne vous cache pas que je me priverai d'un plaisir aussi laborieux. — Heureusement que ces messieurs ont assez souvent
avril 4 842. 273
le bonheur de n'avoir pas besoin que nous soyons aussi savants. Quand un ignorant comme moi leur adresse un éloge, ils n'élèvent pas de réclamation. — Je ne juge que ce qui est à ma portée, — je laisse toutes réserves pour les arcanes de l'art.
Par exemple, je demanderai à M. Decamps comment il y a tant de poussière sur un sol aussi pierreux, — et pourquoi elle est si lourde. — Il faudrait un escadron de cavalerie pour soulever cette poussière de plomb.
Deux grands dessins de M. Decamps, placés en face de la sortie de l'école, ont des parties remarquables et d'un beau style ; — mais pourquoi s'avise-t-il de faire ses chevaux d'après des bas-reliefs et non d'après des chevaux? — Les chevaux de profil, bas sur leurs jambes, à encolure roide des bas-reliefs, sont une impuissance ; — si le sculpteur savait leur donner de la vie, du mouvement et de la couleur, je suppose qu'il s'en ferait un vrai plaisir. Pourquoi alors ne pas faire les lions d'après les lions du blason?
^feç M. Chevaudier est auteur d'un tableau qu'il appelle un Ruisseau dans la campagne de Rome. — L'eau est bleue, les arbres sont bleus, — l'herbe est bleue, — et l'auteur, voulant mettre un oiseau dans un coin, a cherché un oiseau bleu et a peint un martin-pécheur un peu plus bleu qu'il ne faut. — Le paysage est animé par une bacchante qui se laisse aller à de singulières exagérations.
£$g Je ne sais plus de qui est une Niobé vert-pomme qui pleure ses enfants vert-choux.
*J^£ Mais où est donc la foule compacte qui m'empêche de voir le tableau de M. Biard? « Voici le tableau, » me dit quelqu'un qui m'accompagnait; — pour la foule, elle se compose d'un monsieur en redingote verte qui se presse devant.
J'attends que ce monsieur se soit écoulé, et je me presse à mon tour devant le Passage du Havre à Honfleur ; c'est tout simplement une caricature triviale.
^^ Mais voici une chose véritablement intéressante, — et qui vous laisse longtemps pensif. — Voici un tableau inachevé, — la Vierge et saint Joseph sont endormis et l'enfant-Dieu lève ses yeux au ciel; — la tête de la Vierge, pleine d'une angélique suavité, est seule terminée. — Bouchot est mort sans pouvoir achever son tableau ; — on voit encore les lignes faites à la craie de l'esquisse : — ce qui est fait est d'une grande beauté.
Trois autres tableaux offrent le même intérêt et une partie des mêmes qualités.
^£ Ceci est un tableau de M. Bidault, de l'Institut, — et l'un des membres de ce jury d'admission; ou, si vous voulez, de ce jury de refus — contre lequel on élève un si magnifique concert de malédictions.
Je renvoie encore mes lecteurs pour ce sujet aux volumes qui ont parlé des deux dernières expositions.
Disons seulement que deux tableaux de M. Gudin, qu'il avait oublié de signer, ont été parfaitement refusés.
M. Bidault est, assure-t-on, l'un des plus grands refuseun du jury ; — c'est donc à lui un louable courage d'exposer ainsi son tableau au jugement de ses victimes.
J'aurais voulu voir plus de monde devant un tableau aussi curieux. — Les peintres refusés devraient au moins étudier, danss une contemplation assidue de l'œuvre de M. Bidault, quelles beautés il faut chercher, quels défauts il faut fuir pour mériter l'indulgence du jury. Voici le sujet du tableau 137 : — Vue de Mycènes et d'une partie de la ville d'Argos.
« Le site que le peintre a voulu représenter est celui qui se trouve indiqué dans les premiers vers de YElectre de Sophocle. Oreste, son gouverneur et Pylade, tous trois partis de la Phocide, arrivent à Mycènes, et le gouverneur indique à Oreste les temples et les principaux monuments qui composent cette ville. Pendant un dialogue entre ces deux héros, Pylade est occupé à
avril 1842. 275
cacher dans les broussailles le vase d'airain qui est censé renfermer les cendres d'Oreste. »
Je crois devoir, de l'étude que j'ai faite du tableau en question, pouvoir tirer une poétique à l'usage des jeunes peintres. — Homère n'a pas fait ses poëmes d'après les règles d'Aristote, — comme il serait facile de le démontrer. — C'est, au contraire, Aristote qui a fait sa poétique d'après Ylliade et l' Odyssée. — Voici le résumé de mon travail :
Voulez-vous peindre Mycènes ? — Beaucoup croiraient travailler d'après nature et suivraient tout pensifs le chemin de Mycènes. — C'est une voie parfaitement fausse. — M. Bidault peint d'après des vers de Sophocle. — ■ Il veut représenter Mycènes, — il place dans son tableau la Madeleine, la Chambre des députés, l'Hôtel-Dieu, — l'église Notre-Dame-de- Lorette et cinq ou six bornes-fontaines. — Si Mycènes n'est pas comme cela, tant pis pour Mycènes, — C'est elle qui a tort.
Pour l'eau, — vous croyez peut-être devoir lui donner de la transparence et de la limpidité? -- Autre erreur, ce serait alors comme de l'eau véritable. — Quoi de plus commun que de l'eau ? — Si vous faites de l'eau semblable à la vraie eau, j'aime mieux regarder couler l'eau de la Seine que de regarder votre tableau.
Pour les personnages, — il est bon d'attacher quelquefois un bras à l'oreille pour mettre un peu de variété dans les bras attachés à l'épaule, ce qui est du dernier commun. (Voir le gouverneur.)
Il est des parties du corps humain qu'on est convenu de dérober aux yeux, — et que beaucoup de peintres représentent cependant comme tout le reste. — Vous comprenez, dans un personnage, vu de dos, tout ce qu'on évite d'inconvenant en lui faisant partir les jambes du milieu des reins. (Voir le personnage,, en char, dans le fond, traînant, avec un cheval de bois, un petit canon de cuivre comme en font les enfants.)
Vous trouverez un nouvel exemple de la variété qu'il est bon de mettre dans les bras dans Pylade, qui cache le vase d'airain; — vous tâchez sans cesse de donner à vos personnages des bras de longueur égale, — eh bien! cela n'est pas vrai ; il y a beaucoup de gens qui ont des bras inégaux.
J'ai entendu dire, — par un mauvais plaisant, que le vase d'airain était une casserole de cuivre ; par un autre, que Pylade cueille une citrouille sur un olivier ; ces critiques n'ont aucun sens, — attendu que le livret dit positivement que c'est un vase d'airain que Pylade cache dans des broussailles ; — si c'était une casserole, il ne coûtait pas plus à M. Bidault de mettre au livret que c'était une casserole ; — également, si c'était une citrouille, rien ne l'empêchait de mettre une citrouille ; il est donc évident que c'est un vase d'airain.
Je désire que ces quelques conseils puissent servir aux jeunes peintres.
^^ Il y a une impression que d'autres ont dû ressentir comme moi; — en tout cas la voici :
L'autre jour, je vis ouverte la partie de la galerie, séparée par un rideau, qui ne renferme que des tableaux des maîtres anciens ; — j'y entrai et je sentis à l'instant même un grand calme dans tous mes sens.
Dans les galeries que je venais de quitter, — c'était à l'œil une confusion presque bruyante; — la lumière, divisée violemment entre les tableaux qui se disputaient les rayons, s'éparpillait en tons durs et heurtés ; — il semblait qu'elle fût mise au pillage, — et que toutes ces images, comme une peuplade d'Esquimaux, s'arrachassent les lambeaux de lumière, les rouges et les bleus les plus féroces. — C'était un charivari de couleurs, — un tintamarre de tons crus et hostiles.
Mais tout à coup succéda une harmonie calme et paisible ; il semblait qu'on passât d'un cabaret en tumulte clans un salon de bonne compagnie.
avril 1842. 277
J'y restai quelque temps pour me reposer, et je pris la fuite.
j$g Qu'ai-je encore vu? — un turban dans une baignoire, par M. Court, — un paysage vrai, mais un peu commun, de M. Fiers; — de bien jolis enfants de madame Boulanger; — un beau tableau par Troyon ; — des marines très-estimables de M. Gilbert de Brest; — un gué de M. Loubon, vrai et d'une bonne couleur ; — un joli tableau de mademoiselle Colin ; — beaucoup d'ânes dont quelques-uns semblent peints par eux-mêmes, comme les Français de M. Curmer; — des bonshommes en fer-blanc par M. Hesse.
$$$z J'ai déjà parlé, il y a un an, de cette question des sucres qui cause aujourd'hui tant de rumeur; — je ne la mentionne aujourd'hui que parce qu'elle me rappelle une caricature faite sous l'Empire, à l'époque où Napoléon voulait absolument du sucre de n'importe quoi.
On voyait le petit roi de Rome — faisant une grimace horrible à une betterave qu'il tenait à la main, — sa nourrice lui disait : « Mange donc, petit, ton papa dit que c'est du sucre. »
<g^£ M"* est un homme économe qui se défie des tailleurs — achète son drap lui-même et donne ses habits à façon. Dernièrement, il demande son tailleur, — qui prend mesure en tous sens et lui déclare qu'il n'y a pas moyen de lui faire une redingote avec le coupon d'étoffe qu'il a acheté. Il le chasse ignominieusement et en demande un autre. — Celuici arrive, prend l'étoffe et promet l'habit pour dans deux jours.
— Apportez la note.
— Volontiers.
Le troisième jour, le tailleur arrive avec l'habit, qui est bien fait et d'une ampleur suffisante.
— Et la note?
— Ah ! mon Dieu, je l'ai oubliée ; — je "l'avais mise sur l'établi avec mes gants, j'ai laissé les gants et la note.
On sonne. Un domestique arrive et dit :
— C'est le fils du tailleur.
Celui-ci se trouble.
— Que veut-il? demande M. M***. t
— Il demande son père.
— Faites-le entrer.
Le tailleur s'oppose à ce qu'on fasse entrer son fils :
— Sans doute, c'est la note qu'il m'apporte.
— Eh bien ! qu'il entre.
— Le tailleur se trouble de plus en plus, — surtout quand entre le gamin orné d'une veste d'un drap tout à fait pareil à celui de la redingote.
— Que viens-tu faire, brigand?
— C'est maman qui m'a envoyé à cause de la note.
— Donne et sauve-toi.
Mais, pendant ce temps, M. M*** tient l'enfant par la veste et s'assure de l'identité du drap.
— Oh ça ! maître, — comment se fait- il que mon autre tailleur n'ait pas pu me faire une redingote — quand, vous, vous m'avez fait une redingote et une veste à votre fils.
— Monsieur, — dit le tailleur, qui a repris tout son sangfroid, — c'est qu'il a probablement un fils plus grand que le mien.
^$£ Voici ce qu'on lit dans un journal :
Au recto .
« Le nouveau drame de M. Alexandre Dumas, Lorenzino, qui a été représenté hier au Théâtre-Français, est une de ces compositions romantiques qui n'ont aucune chance de durée. C'est une véritable chute, et cependant, M. Alexandre Dumas aurait recueilli tous les traits de génie qui caractérisent la nouvelle école : duel, enterrement, procession de religieuses, confession, absolution, empoisonnement, guet-apens et assassinat.
avril 1842. 279
» On s'étonne à bon droit que les comédiens français, dont le répertoire se compose de tant de chefs-d'œuvre, consentent encore à jouer le drame romantique, qui n'est plus maintenant qu'une vieillerie. Les meilleurs acteurs perdent leur talent en jouant ces pièces, dont le style trivial ne peut prêter qu'au ridicule et à l'ennui. Nous reviendrons sur ce drame, si l'on prétend riMPOSER encore au public. »
Au verso :
« Lorendno, drame nouveau de M. Alexandre Dumas, a produit le PLUS GRAND EFFET avant-hier soir au Théâtre-Français. Ce soir, on donne la deuxième représentation de ce BEL OUVRAGE. Il sera précédé des Rivaux d 'eux-mêmes. »
^^ 11 existe à Rouen — un homme appelé Lebarbier — qui vend du beau temps ; — on a jusqu'ici vendu bien des choses; mais c'est, je crois, la première fois qu'on imagine de vendre du soleil. — Il répand des prospectus — dont je donne un à copier à MM. les imprimeurs.
Pierre-Louis LEBARBIER,