IV
» Quatorzième question. Ces démarches ont-elles eu lieu en vue de l'élection, et faut-il exprimer un regret que le candidat les ait faites ? — R. Non, sept voix contre deux. Il ne doit pas même être exprimé un blâme implicite.
» La majorité demande que le rapport énonce une crainte générale, et sans application aux faits actuels, qu'il ne soit fait abus des demi-bourses. »
Sans application aux faits actuels est un joli mot. — En effet; qui est-ce qui pourrait voir là le moindre rapport? — Les Guêpes ont récemment parlé des bourses de collège ; à la commission la gloire d'avoir parlé des demi-bourses. — Est-ce qu'elle croit qu'on ne pourrait pas abuser un peu aussi des bourses entières?
^^ « Dix-neuvième question. M. Floret a-t-il, le 11 juillet, déclaré à l'électeur Fabry qu'il donnerait des garanties, par écrit, des promesses qu'il lui ferait si cet électeur voulait voter pour lui? — R. Non, six voix contre trois. Exprimer un regret à raison de la démarche de M. Floret dans cette circonstance» A l'unanimité. »
Exprimer un regret que M. Floret ait fait une démarche que vous déclarez qu'il n'a pas faite; — commission, ma mie, ceci n'est pas bien clair.
« Quatrième question. Des électeurs ont-ils été défrayés à l'auberge, pendant l'élection, par le même candidat? Est-ce là une manœuvre électorale? — R. Oui, à l'unanimité. »
J'espère bien que MM. les députés, surtout les membres de la commission, n'accepteront pendant la session aucun dîner, ni chez le roi, ni chez aucun ministre ; — c'est une belle chose que l'indépendance, -— mais qui ne résiste pas à un dîner, — selon la commission.
èj$£ FAITS DE VIOLENCE IMPUTÉS A DES PERSONNES DU PARTI
allier. — Sixième question. L'électeur Bonnaffoux, de Caleyères, a-t-il été menacé et battu par son fils parce qu'il annonçait devoir voter pour M. Allier? Au contraire, les violences
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dont il s'est plaint avaient-elles pour objet de le forcer à voter pour M. Ardoin? — R. Quatre voix sont d'avis que, d'après l'enquête, des violences ont eu lieu parce que Bonnaffoux voulait voter pour M. Ardoin. Cinq voix, qu'il n'est pas prouvé dans quelle intention des violences ont été exercées. »
Décidément, Bonnaffoux fils n'a battu Bonnaffoux père que pour le battre.
4^£ conclusion. — « Dixième question. Faut-il proposer à la Chambre d'annuler l'élection d'Embrun? — R. Non, cinq voix contre quatre. »
En effet, pourquoi annuler l'élection d'Embrun? — Est-ce qu'elle n'est paspwe? — Qu'est-ce qu'on demande à une élection? — D'être libre et pure. — Est-il rien d'aussi pur que l'élection d'Embrun?
^^ « M. Pauwels et ses amis cherchent en vain à couvrir ces abus du prétexte des usages du pays : « On n'y fait pas un » marché, nous a dit M. Pauwels, sans que cela se passe 'au » cabaret. » Nous pensions, nous, qu'il n'en est que plus nécessaire d'apprendre aux électeurs qu'on ne se prépare pas ainsi à l'accomplissemeut d'un devoir civique aussi sérieux que l'exercice du droit électoral. »
Ah! prenez garde, messieurs, il y a alors bien des gens qui ne viendront pas aux élections.
j^g « Ce qui caractérise l'intimidation, c'est l'absence forcée des électeurs, empêchés, par une terreur répandue à dessein, de venir eiercer leur droit; et l'élection d'Embrun présente, moins que toute autre, ce caractère, puisque quatre électeurs seulement se sont abstenus, et que leur absence a été justifiée. »
Est-ce que messieurs de la commission n'appellent pas intimidation — l'action d'obliger un employé par la peur de perdre sa place; — un débiteur par la peur des poursuites, à voter autrement qu'ils ne veulent? — vrai, je ne suis pas satisfait de cette définition de l'intimidation.
$fez « Là se borne, messieurs, l'examen des quatre griefs imputés par M. Floret à l'administration, dans une des séances du mois d'août dernier. Passons à la discussion des trois faits reprochés à M. Floret dans la même séance, en réponse à ses accusations. »
Comme nous l'avions remarqué, — quatre faits contre l'administration, trois faits seulement contre M. Floret. — M. Floret est vertueux; mais voici quelque chose à quoi, j'en suis sûr, personne ne s'attend, c'est qu'après le développement des jolies choses que je viens de vous dire en abrégé, — la commission ravie — s'écrie en finissant :
« Conservons précieusement cet esprit constitutionnel; il y va de tout notre avenir. »
Voilà de ces choses qu'on n'oserait pas inventer.
%$s£ Le lendemain, la Chambre n'a pas été de l'avis de la commission, — elle a, il est vrai, annulé l'élection de M. Pauwels, — mais elle a également mis à néant celle de M. Floret. — Au moment où nous mettons sous presse, on ne sait pas encore ce qu'il sera fait de M. Allier.
ll^ng Très-bien, messieurs, voici la Chambre purifiée. — Deux élections annulées d'un coup. — Maintenant, il ne reste pas à la Chambre un seul député qui ait employé la moindre brigue, — la moindre promesse, — pour se faire élire ; — tous, sans exception, ont été violemment arrachés de la charrue ou de leur maison des champs.
«J^j* Tous, sans exception, ont quitté avec regret la vie privée et les douceurs de la famille; — tous ont été élevés malgré eux à une dignité dont ils gémissent; — tous ont accepté ce mandat uniquement dans l'intérêt du pays et de leurs concitoyens.
^*£ Une chose seulement paraît un peu singulière ; — voilà M. Pauwels exclu de la Chambre — comme corrupteur des électeurs, comme auteur de manœuvres coupables : — Très-
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bien, mais M. Pauwels était à la fois élu à Langres et à Saint- Pons. — L'élection de Langres est annulée; — mais celle de Saint-Pons est maintenue. — Disons ce que nous voulons de l'élu indigne de Langres ; — mais respect à l'honorable député de Saint-Pons.
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Le déluge. — On demande une famille honnête. — Suppression du mois de mai. — La rançon du mois de mai. — Plus de mal de mer! — Opinion de madame Ancelot sur une pièce de madame Ancelot. — Les douaniers de M. Greterin. — Utilité de la langue latine pour une profession. — M. le préfet de police faisant de la popularité. — La liste civile.— Les hommes du pouvoir et le peuple. — Le jury. — Les circonstances atténuantes. — Le bagne. — Brest. — Le duc d'Aumale. — Noble impartialité des journaux. — De la liberté des cultes en France. — M. Fould.
«^£ SAINTE-ADRESSE. — NORMANDIE.— Au moment OÙ j'écris
ces lignes, — une chose paraît complètement évidente; — c'est que le ciel veut, par un nouveau déluge, en finir encore une fois avec le genre humain. — Si la chose ne va pas plus vite, c'est que Dieu n'a pas encore pu trouver une famille de justes à préserver — une famille de justes comme celle de Noé; — une famille de quatre justes dont un gredin.
J^$z La composition de l'arche sera cette fois soumise à des modifications; — il est parfaitement inutile d'y mettre un cheval, — espèce prochainement inutile et tombée en désuétude, — et dont le nom seul restera comme mesure de puissance pour exprimer la force des machines — en attendant que de
nouveaux perfectionnements apportés â la vapeur et aux machines fassent éprouver le même sort â l'homme , — - ce qui est déjà fort bien commencé en Angleterre et promet de s'établir en France.
«^I^ En effet, qu'est-ce qu'un ouvrier aujourd'hui? une machine qui n'est pas même de la force d'un cheval, et qu'il faut alimenter avec du pain, avec du vin, avec de la viande, — tandis qu'on a de si bonnes machines qui ont la force de trois cents — Je quatre cents, de mille chevaux, et qui ne mangent que de la 'tourbe ! — L'homme avant peu deviendra un simple encombrement, — un préjugé.
^^ Dieu, instruit par son premier déluge, — se gardera ¥ien cette fois d'ordonner à la famille préservée de faire entrer dans l'arche un couple de tout ce qui existe*.
Ce que, du reste, Noé ne fit pas autrefois, malgré l'ordre ^u il en avait reçu.
Ainsi que Font prouvé les savants qui ont retrouvé dans la terre des ossements d'animaux antédiluviens •»-» qu'on n'a jamais vus vivants depuis le déluge, — ce qui prouve que Noé sie les avait pas fait entrer dans l'arche, — et il n'a pas l'excuse de les avoir oubliés par mégarde ou de ne pas les avoir vus, — attendu que quelques-uns de ces fossiles sont un peu plus grands que des éléphants.
Nous espérons pour les peuples de l'avenir que, dans ce nouveau déluge, plusieurs espèces aujourd'hui existantes seront perdues et supprimées ;
Et qu'un jour viendra où on ne verra plus ces espèces que dans les musées et les cabinets d'histoire naturelle, à mesure qu'on les découvrira dans les couches de terre glaise;
Comme j'ai vu l'été dernier l'excellent et savant M. Lesueur
chercher, — trouver et reconstruire, — dans nos falaises
le Normandie, — os à os, vertèbre à vertèbre, — une sorte de îïtfCQdile bizarre, appelée, je crois, kthyosaurus.
Les peuples qui seront créés après ce déluge — reconstruiront ainsi, — morceaux par morceaux, — une foule d'espèces aujourd'hui vivantes et régnantes et alors fossiles et antédiluviennes, — qui, j'espère bien pour eux, ne seront pas admises dans la nouvelle arche d'alliance.
<^t£ Alors on ira voir le dimanche, dans quelque muséum, un avocat antédiluvien — parfaitement conservé, donné au cabinet par M. *** ; un colonel de la garde nationale fossile : — ce morceau curieux n'est pas complet, — il lui manque la partie de la tête connue sous le nom de bonnet à poil, etc., et autres icthyosaurus.
^£ Mais peut-être serons-nous sauvés d'un nouveau déluge, faute de pouvoir trouver la famille des justes en question :
— quatre justes dont un gredin.
^g En attendant, Dieu nous a supprimé le mois de mai.
Le mois de mai autrefois mois de soleil, — de fleurs, de parfums, d'amour et de rêveries, maintenant mois de pluie et de boue — et de froid — et de giboulées.
Les fleurs — se sont ouvertes sans s'épanouir, pâles, tristes,
— affaissées, sans éclat et sans parfum, — les abeilles ont été noyées dans le nectaire vide des fleurs, — et aussi toutes ces charmantes fleurs qui, en même temps que celles de la terre, s'épanouissent dans le cœur au retour du printemps — elles n'ont pas fleuri faute de soleil.
ep^ Dieu nous a supprimé le mois de mai — le mois de mai ! Le printemps — un de ses plus précieux dons — les fleurs! à la fois les pierreries et les parfums du pauvie.
J$g Les fleurs — la fête de la vue, — comme disaient les Grecs.
e?^ Les fleurs, qui exhalent avec leurs odeurs tant de si douces pensées, de si charmantes rêveries — les fleurs pleines d'un nectar qu'on respire et qui enivre d'une ivresse calme et heureuse ; — Dieu nous a caché le ciel bleu — et les étoiles.
4|^ Dieu a mis un voile de nuages sur son soleil , et un voile de tristesse sur nos cœurs.
t^g Comme j'ai fait une triste litanie de toutes les fleurs qui devaient fleurir dans le mois de mai — et qui se sont misérablement entr'ouvertes — sur la terre boueuse.
Nous étions trop riches, à ce que disaient les journaux et les hommes politiques.
^^ Notre siècle, si fécond en progrès — selon eux, avait trop acquis et trop gagné ; — il avait toujours, selon eux, trop d'avantages sur les siècles précédents.
Il avait trop de lumières et trop de grands hommes ; il fallait expier tout cela.
e^£ Il fallait, comme le tyran de Syracuse, jeter à la mer notre plus belle bague ; — le malheur est un usurier et un créancier intraitable. — Ce que nous ne lui payons pas porte intérêt, et c'est un capital qui s'accroît.
J$g 0 mon Dieu ! parmi les bienfaits dont vous nous avez comblés dans ces derniers temps, — n'auriez -vous pu nous reprendre autre chose que le mois de mai? — Sans compter que voici le mois de juin, le mois des roses, — qui commence par des pluies diluviennes.
éf^tg 0 mon Dieu 1 rendez-nous le mois de mai — et reprenez-nous en place tout autre bienfait de la Providence — comme qui dirait, par exemple, — - la pondération des trois pouvoirs.
^££ Mon Dieu, rendez-nous le soleil — et reprenez-nous M. Ganneron.
4Jfe* Rendez-nous les fleurs et reprenez les philanthropes qui ont inventé le régime cellulaire et le mutisme dans les prisons.
^£ Rendez-nous les parfums des fleurs, et reprenez-nous le jury avec ses circonstances atténuantes.
e^*£ Mon Dieu, rendez-nous le muguet avec ses perles embaumées, et reprenez-nous M. Chambolle.
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2$g Rendez-nous les pivoines, ces roses géantes, — dont la pluie a, cette année, dispersé les pétales de pourpre, — et reprenez-nous les pièces de théâtre, de M. Empis, représentées par autorité de la liste civile.
e|j£ Rendez-nous les iris dont le vent a brisé les tiges et déchiré les fleurs violettes, et reprenez-nous — M. Edmond Blanc, — cet intègre administrateur.
Rendez-nous notre mois de mai, — mon Dieu ! Rendez-nous notre beau mois de mai, — et reprenez-nous quelques autres choses entre les plus précieuses que nous ayons. — Rendeznous les glaïeuls aux fleurs roses et blanches, au port si gracieux, et reprenez-nous, si vous voulez, le dieu Cheneau avec son culte et ses boutons , avec son fil , ses aiguilles et son Évangile.
Ëfrç Rendez-nous ces belles juliennes aux rameaux blancs si parfumés le soir, — et reprenez-nous M. Cousin.
*H£ Rendez-nous nos beaux rhododendrons, et nos chèvrefeuilles ; — et, s'il faut une rançon, — reprenez-nous, mon Dieu! M. Dosne, le grand financier dont la France est si fière.
<*$>g Rendez-nous nos azalées — qui grimpent et tapissent les maisons dans les romans de M. de Balzac, — mais qui, ici, se contentent de se charger humblement, à trois pieds du sol, — de belles fleurs jaunes, rouges, roses ou blanches, — et reprenez-nous, mon Dieu! M. Dupin et ses pasquinades sans
courage.
^^ Rendez-nous, mon Dieu ! les amours des oiseaux dans les feuilles — et' reprenez-nous le prêtre haineux, — si fort sur la mythologie des Persans, si faible sur les devoirs et les croyances du christianisme.
^^ Mon Dieu! rendez-nous nos seringats, — qui sont les orangers des pauvres jardins , et reprenez-nous les bedeaux frénétiques et les sacristains convulsionnaires qui rédigent le journal religieux Y Univers.
^g Mon Dieu ! rendez-nous les digitales, les marguerites Marches et les boutons d'or, — et reprenez toutes ces belles choses, — les baïonnettes intelligentes, les fonctionnaires indépendants, les monarchies entourées d'institutions républicaines, etc., eîc.
<*^£ Rendez-nous les beaux thyrses blancs des marronniers '■«t ies haies d'aubépine, — et resserrez dans votre trésor M. Fulchiron, qui a découvert £e mousson — que, jusqu'à lui, '-m avait appelé la mousson.
^^ Rendez-nous les grappes d'or des ébéniers — et reprenez-nous M. Partarrieu-Lafosse, — le malencontreux défenseur du roi Louis-Philippe dans l'affaire dite des lettres attribuées au roi.
^^ Rendez-nous, mon Dieu! — les vers luisants dans l'herbe, — et reprenez-nous M. Aimé Martin, qui ne luit nulle part, et a fait sur la Rochefoucauld le beau commentaire dont les Guêpes ont fait une appréciation convenable.
*gj&£ Je guettais avec tant d'anxiété et de joie — la première rose d'un charmant rosier-noisette, qui me donne chaque année la première fleur! — Eh bien, la pluie a détruit le bouton encore fermé. Que ne donnerais-je pas des splendeurs de ce temps-ci — pour racheter ma pauvre petite rose !
Rendez-nous, mon Dieu ! les premières roses, les roses de 2Hâi, — et reprenez-nous les différents accapareurs de consonnes — que les journaux appellent de grands, célèbres, l'illustres pianistes, — et qui consentent à se faire entendre si souvent chaque hiver.
J^tg Pour ma petite rose, mon Dieu! — je donnerais IL Delessert, cet ingénieux préfet de police que vous savez ; — je donnerais cette belle galerie de bois que l'on a accrochée auSanc du Louvre! — je donnerais les comédies de M. Bon-
:\, — et l'institution de la garde nationale, et les fortifications de Paris. — Je ne sais ce que je donnerais pour ma petite
juin 1843. %m
rose# — Reprenez tout cela, mon Dieu ! — et rendez-nous les
roses de mai.
Pourvu que vous ne nous supprimiez pas les roses de juin g
e^£ Mon Dieu ! rendez-nous le printemps, — rendez-nws le ciel bleu, — le soleil, — les nuits parfumées et les étoiles. — Rendez-nous ces éternelles magnificences, — et reprendnous les deux tiers au moins de nos grands citoyens, — de nm illustres, de nos Célèbres, etc., etc., etc.
,^£ Les journaux font à l'envi depuis deux ans l'éloge le plus pompeux des bonbons de Malte contre le mal de mer,, — le mal de mer n'existe plus. — M. Granier de Gassagnac — qm en a fait une peinture si énergique, — qui en a tant souffert, et qui n'a eu que le tort d'affirmer que les anciens n'en avaient jamais parlé, — à quoi les Guêpes en ce temps-là — lui ont cité des passages de divers anciens qui s'en plaignaient amèrement, — M. Cassagnac lui-même ne peut voyager impunément sur mer,
^£ Ton baume est merveilleux ; — mais combien le vends-tu?
Je ne le vends pas, je le donne, car c'est le donner que de ne vendre que trois francs des bonbons aussi miraculeux ; — trais francs, messieurs — rien que trois francs ! tous les journaux de tous les partis, de toutes les couleurs, sont unanimes sur ce point : — le. mal de mer, que M. Granier de Cassagnac croil une découverte moderne comme l'imprimerie, — le mal de mer n'existe plus : — tous les journaux le disent en chœur tous les matins — comme des paysans ou des guerriers d'opéra- comique. — Plus de mal de mer ! il faudrait n'avoir pas trois francs dans la poche pour avoir le mal de mer aujourd'hui : — ouvres un journal au hasard, — ouvrez-les tous, vous les verrez tous dire — de leur plus grosse voix — c'est-à-dire en lettres à'v.n demi-pouce : — « tlus be mal de mer. » — Il n'y a plus qud les pauvres diables, les gens de peu, — qui vomissent.
e|&s Vous avez le mal de mer : — donc vous n'avez gis trois francs ; — donc vous êtes un va-nu-pieds.
Les hommes au-dessous de trois francs sont les seuls aujourd'hui qui aient le mal de mer. On ne vomit plus qu'aux secondes places — sur l'avant du bateau.
l&fe: Opinion de madame Ancelot sur une pièce de madame Ancelot.
« ... Hennance ou un an trop tard, — drame ou comédie, car cet intéressant ouvrage participe de l'un et de l'autre genre.
— Madame Ancelot s'y livre, avec la finesse d'observation et avec la grâce du style qui la distinguent, à la peinture vraie et animée de la société, — c'est une admirable investigation de tous les mystères de l'âme; — c'est, en un mot, un ouvrage de longue et haute portée, etc.
2$g Voilà bien des fois qu'on élève des plaintes sérieuses et légitimes sur certaines laçons des subordonnés de M. Greterin, directeur des douanes, à l'endroit des voyageurs et surtout des voyageuses.
On prétend que les femmes sont soumises, sur quelques points de la frontière, à des visites minutieuses sur leurs personnes — et... (je cherche des mots pour dire décemment ce que font les employés de M. Greterin) à ces plaintes, il a répondu froidement qim ces visites sont faites par des femmes.
Il me parait que M. Greterin ne considère la pudeur des femmes que comme une coquetterie — qui n'existe qu'à l'égard des hommes — et qu'il n'y a aucun inconvénient à ce que des femmes portent les mains les plus hardies sur d'autres femmes.
— M. Greterin se trompe : ces façons d'agir sont odieuses — et dignes d'un peuple sauvage.
<§££ J'avais tort, dernièrement, et j'avais tort avec M. Arago, jiie pour la centième fois je pariais avec irrévérence de cette éducation exclusivement littéraire donnée à tout un peuple, et de ces deux langues, les deux seules qui ne se parlent pas. — Les plus forts hellénistes ne comprennent pas un mot du grec moderne; — et le latin d église, — et le latin des savants, ne sont