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XIII. Il faut à l'amour des ailes et un bandeau

XIV. Il faut que l'amour dérobe tout à l'innocence, il méprise les dons volontaires.

Ah! mon Dieu! est-ce bien M. Louis- Aimé Martin qui dit cela? mais c'est horrible, — mais on ferait sur ces maximes

un commentaire plus sérieux que celui qu'il a fait sur les 1 maximes de la Rochefoucauld ! — mais ce que M. Aimé Martin nous conseille là, — ce n'est ni plus ni moins que le viol !

Est-ce que ces maximes seraient moins innocentes que je ne l'avais cru d'abord? — je me rappelle le numéro III, qui renferme des tendances un peu bachiques.

Mais rassurez-vous, mères prudentes, qui songiez à mettre les maximes de M. Aimé Martin aux mains de vos filles, — ce n'est que par hasard qu'il s'échappe ainsi en pensées inquiétantes; les idées de M. Aimé Martin sur l'amour sont tout autres que celles que vous pourriez lui supposer d'après le numéro XIV.

M. Aimé Martin est partisan de l'amour platonique : «Les autres passions, dit-il, cherchent leurs jouissances dans les choses de la terre , le véritable amour ne s'attache qu'aux choses du ciel. Ce n'est pas la beauté physique qu'on aime, mais la douceur, la générosité, etc., ou quelques autres beautés morales. »

« Ce ne sont pas les plus belles femmes qui inspirent les plus grandes passions, mais celles qui possèdent les vertus dans un degré éminent, voilà ce qu'(w aime. »

« Un demi-aveu- enchante bien plus qu'une certitude entière. »

Il est évident que M. Aimé Martin "parle de l'amour comme les anciens acteurs tyrannisés par l'Opéra, — qui récitaient leurs rôles dans la coulisse et laissaient faire les gestes à d'autres.

Voici ce que m'a fait M. Aimé Martin relativement à la Rochefoucauld, Je vous dirai une autre fois ce qu'il m'a fait relativement aux fleurs. ,

M. Louis-Aimé Martin se présente pour un des fauteuils vacants à l'Académie française.

mars 4842, 235

Mars 1842.

Les bals de l'Opéra. — Une rupture. — M. Thiers et les Guêpes. — Le bal du duc d'Orléans. — Plusieurs adultères. — Grosse scélérate. — Une gamine. — Sur quelques Nisards (suite). — Les capacités. — M. Ducos. — M. Pelletier-Dulas. — A M. Guizot. — Vacants du pourvoir. — Grattez-vous. — M. Ballanche. —M. de Vigny. — M. Vatout. — M. Patin. — Le droit.de visite. — M. de Salvandy et M. de Lamartine. — Les chaises du jardin des Tuileries. — Une prompte fuite à Waterloo. — Le capitaine Bonardin. — M. Gannal au beurre d'anchois. — A. M. E. de Girardin. — M. Dumas. — M. Ballanche. — M. Pasquier. — M. Dubignac.

£$g Les bals de l'Opéra ont fini par se moraliser, et cela d'une singulière manière ; — ils sont arrivés à un point de sans-façon tel, qu'une femme comme il faut ne peut plus trouver aucun prétexte pour s'y faire conduire.

C'est du reste une époque qui sert de raison à bien des brouilles. — Nous avons parlé l'année dernière d'une femme qui avait chassé son amant pendant le carême, et en avait repris un autre pour obéir à cet usage populaire qui veut qu'on ait quelque chose de neuf à Pâques. — Cette année, madame *** a écrit au sien , qu'elle soupçonnait d'une infidélité :

« Certainement ce n'est pas contre vous que je suis irritée, mais bien contre celle qui a accepté votre hommage : vous n'avez ni figure ni esprit, et la femme qui vous prend pour amant ne peut avoir eu pour but que de me contrarier. »

e$s£ m. thiers et les guêpes. — Le dernier numéro des Guêpes a paru le 1er février; le 5 du même mois, M. Thiers portait au bal de M. le duc d'Orléans l'habit de membre de l'Institut, — absolument comme le général Bonaparte à son

retour d'Egypte. On ne saurait mieux ni plus vite profiter d'un bon avis.

Tous les morceaux de papier imprimé ont donné, sous le bon plaisir de leurs imprimeurs respectifs, des détails plus ou moins circonstanciés, plus ou moins apocryphes, sur le bal des Tuileries ; — l'ensemble était riche et piquant ; — on a critiqué avec raison le quadrille des bergères ; — toutes les bergères étaient vêtues en rose et tous les bergers en bleu, je crois. Il eût été bien plus vrai et bien plus charmant de donner à chaque couple une couleur particulière, — ainsi qu'on le voit dans les bonsVatteau. Chaque bergère doit avoir son berger vêtu de sa couleur. — Il aurait dû y avoir un couple rose, un autre tourterelle, un autre gris-de-la-reine, etc., etc.

4^e£ M. Hugo avait le costume de membre de l'Institut, — habit aussi glorieux pour les combats qu'il a livrés pour l'obtenir que par la grandeur de la chose elle-même, — habit qui faisait allusion à la peau du lion dont se couvrait Alcide ; — il causait fort galamment avec la belle madame de ***, il se livrait aux madrigaux et aux concettis les plus rocailks.

— Vraiment, lui dit madame de***, votre esprit complète pour moi l'illusion, il semble que nous soyons à une des belles nuits de Versailles.

— Madame, répondit l'académicien, il me manque pour cela bien des choses : — tenez, par exemple, — un costume d'abbé, — la poudre, le petit collet, le rabat et une rose à la main.

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