‹ Les guêpes canadiennes, compilées et annotéesChapitre 18 sur 57 · LES CHRONIQUES QU^BECQUOISES · texte numérisé non relu

LES CHRONIQUES QU^BECQUOISES

M. G. H. Cherrier parla de la chose aa ministre de l'agriculture. M. Evanturel lui répondit, qu'un ordre on conseil donnait trois mois de salaire à tout officier «lémis pour cause de maladie, et contre lequel il n'y uvait pas de plaintes.

C'est ainsi que le gouvernement traite les pauvres ouvriers qui ont le malheur d'être malades.

Aujourd'hui, comme au commencement de la séance^ les banquettes des ministres et des chefs de l'opposition étaient vides, l'EnfantTerrible * crut à la trahison et il dit à son voisin : ** vois-tu les s. ..g. ..ils' sont après former une coalition !..."

Ceci est vrai à la lettre, et comme vous voyez, l'Enfant-Terrible n'a pas foi dans la moralité de ses chefs.

Je termine ma lettre par une histoire promise. Le gouvernement Cartier-Mcl)onald, en nommant le Dr. Landr}'' médecin-visiteur de l'hôpital de la marine, avaii parai i-i!y promis à Tuniversité Laval de prendre désormais les médecins-vibiteurs parmi ses professeurs anglais ou français, pour l'avantage de ses élèves, et comme le Dr. Pain chaud, était alors dangereusement malade, le conseil universitaire recommanda pour le remplacer, l'un de ses professeurs. Celui-ci, bien entendu, ne devait recevoir de salaire qu'après la résignation ou la mort du Dr. Painchaud.

Mais le cabinet Cartier-McDonald tomba dans l'intervalle. Le Dr. Larue dit au médecin recommandé, qu'il avait l'autorité de deux ministres pour lui dire, que si l'université renouvelait sa demande^ il serait nommé sans délai. Tout ce que l'on voulait, parait-il, c'est que 'université se fit l'obligée du gouvernement. L'uni-

* Sobriquet donné à M- J. B. Eric Dorion, dont on troarera le portrait à la page 19 de ce volume.

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versité renouvela la demande sans aiTi ère-pensée. Cependant le gouvernement n*en prit pas acte, et lei^ choses en restèrent là.

Plus tard, Tinfortuné Dr. Frémont, nous revenait de l'ancien monde dans un cercueil, et sa place devenait vacante à la prison. Plusieurs médecins la demandèrent. Le Dr. Marsdcn remua ciel et terre pour l'obtenir.

Un jour, qui n'est pas encore bien éloigné, un ministre, M. Evanturel, promet solennellement son influence au Dr. Landry, et va même, dit-on, jusqu'à déclarer son intention de résigner, si cette place de médecin est donnée à un autre.

Quelques jours après, M. Evanturel rencontre M. Landry sur la rue, lui dit que le droit de nomination appartient à M. Abbott en l'absence de M. Sicotte, fuais qu'il la code volontiers aux deux ministres du district de Québec. Puis, il lui demande ce qu'il dirait, .si on l'accouplait avec le Dr. Eobitaille du faubourg St. Jean, avec l'entente qu'il conservera sa place de médecin visiteur de l'hôpital de la Marine. Le Dr. Landry accepta cette proposition. Plus tard encore, M. Evanturel se rendit chez le Dr. Landry, pour lui dire que ce dernier arrangement aurait lieu, s'il voulait aller che^ le Dr. Painchaud pour l'engager à résigner sa place de médecin-visiteur de l'hôpital de la Marine, avec l'entente, qu'on lui laisserait £75 et que son remplaçant ne recevrait, jusqu'à sa mort, que £2ô.

M. Landry refusa de se prêter à ce tripotage, •* Allez-y si vous voulez, dit-il, pour moi, je ne ferai pas nue pareille proposition à un vieux et fidèle serviteur publie. Ce que vous voulez est une injustice, et je ne m'y prêterai pas. Mais qu'êtes- vous done dans le gouvernement si on vous traite ainsi ? '*

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M. Evanturel ne rendit auprès du Dr. Painchaud, pour lui renouveler la même proponîtion. Le vieux docteur lo reçut cavalièrement. " Non, monsieur, ditil ! Si vous croyez que je ne suis plus capable de faire le service, démettez- moi ; mais jamais je ne consentirai a partager ainsi mon modique salairo. Est-ce ainsi que vous traitez les vieux serviteurs publics ? ^*

M. Evanturel s'en retourna avec son petit bonheur.

Dans Tintervalle, il parait que le Dr. Landry avait va M. Si cotte, qui ne chantait pas comme M. Evanturel. et qui faisait comprendre que ses recommandations étaient pour peu de chose dans la balance de se^ volontés, à lui, le procui*eui'-général.

Vendredi de la semaine dernière, M. le Dr. Tassé se trouvait au bureau de Mt Sîcotte qui lui parlait de la nomination du médecin de la prison. M. Tassé ayant pompris que M. Sicottc voulait offrir la prison, sans partage, au Dr, Landr}', à la condition qu'il abandon^ lierait Thôpital de la Marine, demanda au procureurgénéral, l'autorité de lui faire cette proposition en son nom. M. Sicotte la lui donna, et M. Landry accepta Toffre ; mais quand M. Tassé revînt en porter la nouvelle à M. Sicotte, celui-ci avait changé d'idée. Il voulait maintenant, que M. Landry abandonnât Thôpital et ne prit que la moitié de la prison. M. Landry refusa tout naturellement^ ne pouvant abandonner le plus )iour prendre le moins.

L'on voit comme M. Sicotte tient à sa parole engagée, et traite son collègue M. Evanturel I

M. Tesaier fait moins de bruit que M. Evanturel, mais il réussit à placer tout doucement les siens; c'est

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son cousin le Dr. Tessier et le*Di\ Eobitaille qui sont médecins de la prison !

Quelle scandaleuse affaire et quel tripotage !

Blaisr.

Monsieur le Bédacteur.

Je vous ai dit bien des fois, que Ton me fait unt» guerre à mort; mais jusqu'ici, vous n'avez pas paru me croire, puisque je n'ai pas encore senti votre main secourable. Aujourd'hui, il n'y a plus de temps A perdre, le danger est imminent, et si vous ne me tendez le» deux bras, je suis sûr de périr. La guerre d'extermination a commencé parMes élèves*; maintenant ce sont les professeurs qui s'en mêlent.

M. Tessier aux abois, a évidemment demandé secours à l'université, et l'université lui a répondu par l'un de ses professeurs. Pourquoi le Courrier du Canada ne prend-il la défense que de M. Tessier, et pourquoi les autres ministres sont-ils laissés par lui, à leur fatale destinée ? C'est comme je viens de le dire, d'abord, parceque M. Tessier est un confrère-professeur, et ensuite, pareeque le professeur malheureux, dans son désespoir est allé invoquer secours à &c...

Le Courrier dit: ** Biaise a-t-il la conscience d'être juste, et croit-il même être habile, quand il s'évertue à faire prendre pour un niais, pour un imbécile, nw homme qu'un de nos premiers établissements d'éducation a choisi, pour un de ses professeurs, qu'une de no>

* D« l'uni venité Laral.

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premières institutions financières, a choisi pour son président ? "

A cela, moi Biaise, je ^réponds: ce que vous dites ici ne prouve rien, et le jour, où M. Tessier faisait dans In salle de l'université son grand discours en faveur du pouvoir temporel du Pape,* ceux qui Tavaient choisi pour professeur, s'aperçurent qu'ils s'étaient trompés ; <le même que l'inaction, où après quelque temps l'institution financière mentionnée, laissa son président, constate également Terreur du choix commise par cette institution.

On ne connaît l'ouvrier qu*à l'œuvre, et il était trop tard, quand les deux institutions dont je viens de parler, purent apprécier l'ouvrier.

Le Courrier dit : *' que l'espionnage semble être le mojeu des correspondances en question ; la délation et 1« dénigrement l'unique but que se propose l'écrivain i[ui les fournit." Il eut été plus près de la vérité en «lisant, que l'espionnage est le moyen employé par M. Tessier contre ses adversaires, et que l'unique but de cet espionnage, chez lui, est la délation et le dénigrement. Avant qu'il soit longtemps, je serai en mesure «le prouver mes assertions sur ce point, et de rendre encore plus odieuse, la conduite du commissaire det^ travaux publics.

Hou Dieu, les espions sont partout ! L'autre jour , j*étais assis dans la boîte des rapporteurs à gauche, et j'entendais les voix de plusieurs députés qui disaient > * A quoi sert donc Tavis imprimé aux murs de la tabagie qui dit expressément, que les membres seuls de la f'hambre ont admission^ puisque nous sommes croisés ^ann cesse dans le comité de la pipe, et espionnés par des

« En mars, 1860.

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