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Il dit, page 118 du même volume :
" Les Pères Jésuites ayaient mis toute leur influence au service <<de l'associatien qui se formait au sujet de Montréal; les « directeurs des Cent-Associés paraissaient yolr l'entreprise d*un ** œil favorable ; mais il n'en était pas ainsi de certains traiteurs, *« employés ou membres de la grande compagnie ; ceux-ci dénon- <<çaient comme des' abus les privilèges accordés à la société de •* Montréal. "
Il dit encore, dans le même volume, page 130 :
<< Les religieux n'obtenaient presque rien des Cent-Associés ; <( xi^anmoins, voyant que les sauvages ne voulaient pas venir à *< eux, ils eurent le courage de se porter avec plus d'énergie que << jamais du côté des missions. '*
Dans le même volume, parlant des accusations lancées par certains traiteurs contre les Jésnites, il dit, page 132:
<' La compagnie des Ceut-Associés comptait parmi ses membrds " les plus actifs plusieurs commerçants, ceux-là même qui diri- «geaient la traite et avaient contracté Tobligation d'aider les « Jésuites dans leurs travaux apostoliques, mais qui s'écartaient si « facilement de ce devoir. On les entendit se plaindre de ce que "les religieux traitaient à leur détriment Dès 1636, le Père << Le Jeune se défendit de cette accusation et protesta que les Pères ^* étaient, au contraire, très pauvres. Tout nous indique, en effet, << qu'ils vivaient dans les plus grandes privations, à Québec et «< ailleurs."
Dans le même deuxième volume, page 141, il donne la preuve de Tempressement que les Jésuites metUtieot à coloniser leurs terres. Avant même d'avoir vu terminer les difficultés, a propos de la propriété de leur seigneurie du Cnp de la Magdeleine, ils avaient commencé A rétablir, M. Suite dit :
'< Nous voyons que le 1er Juin 1649, le Père Buteux en distribua *< quatorze lopins à des Français qui y devinrent immédiatement " des colona stables."
DK H. SULTK. 253
Dans le troisiôme volume, des témoignages de ce genre se rencontrent partout. A la page 8, M. Suite établît le chiffre de cette taxe dont il parle ailleurs contre les Jésuites, il dit :
'< Cinq mille francs étaient accordés, chaque année, aux Jésuites << pour leurs missions."
Imaginons, moins de mille piastres sur les revenus de la traite ! A la page 23 de ce même volume, il dit :
*< Les noms de Brébœuf, Lallemand, Daniel, sont entoures d*une « auréole de grandeur que le temps ne saurait diminuer. T0U24 « nos écrÎTains leur ont payé un tribut d'hommage."
Mais, M. Suite, tous les autres Jésuites ont fait ce que ces grands sei'vitenrs de Dieu ont fait; plusieurt< autres sont morts, comme eux, sur les bûchers, et si tous n'y ont pas passé, cela n*est pas dû à ce Qu'ils se soient épi^rgnés. Pourquoi parlez-vous ailleurs avec mépris " de ces dix ou douze victimes volont'nres du zèle " religieux " et pourquoi appelez vous les Jésuites des vantards à ce propos? A la page 32 de ce même troisième volume, M. Suite cite un docwment, c'est celui par lequel on demandait au général des Jésuites à fiome, de consentir à ce qu'un Père Jésuite fût nommé évèque de la Nouvelle- France ; cette supplique se terminait ainsi : '^ cela réussissant selon nos souhaits, le pays et *' notre compagnie nous aurions très grande obligation ^' de tout le bien qu'il y pourra faire en cette dignité, '< etc." M. Suite y met une note de bas de page qui se lit ainsi :
« Le pays protestait précisément contre tout ceci I "
C'est-à-dire que Tan de grâce 1882, M. Benjamin Suite j)rote8te, sans autorisation, et malgré les documents'
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Enfin c'est comme cela tont le long des trois volâmes publiée, dand lesquels c'est M, Suite, aidé de ThistcHre, qui donne le démenti à M. Suite, fabricant d'histoires. Mais à mesure qu'il avance, on s'aperçoit qu'il supprime, de plus en plus, la vérité historique, pour se substituer aux autorités qui en sont les interprètes autorisés.
En dehors de ces questions relatives à la religion et au clergé, M. Suite a encore des erreurs et des étourderies, à la vérité plus ridicules que pernicieuses, mais qui démontrent combien il a eu tort d'entreprendre une tÂche qui ne va pas du tout h sa taille et h sa force.
C'est ainsi qu'il contredit, à propos du chiffre de la population, le renseignement donné par la Mère Marie de rincarnation dans ses lettres historiques, pour Tannée 1653. La noble et sainte femme avait évalué la population à environ 2,000 en tout. M. SuTte dit :
^* Nous estimons la population fixe, c'est-à-dire les habitants dli *' Canada, été 1663, à six cent soixante et quinze Ames.. • . "
En y ajoutant ceux qui ne comptaient pas parmi la population fixe, M. Suite dit ;
« Tous nos renseignements autorisent à penser qae la population " du Canada, en 1653, ne dépassait pas un millier d'âmes.''
M. Suite aurait dû comprendre que, contrôlant et surtout corrigeant, a deux cent trente ans de distance, un renseignement qui date de l'époque même dont il est question, renseignement fourni par une autorité <le premier ordre, il était tenu de donner les raisons et appuis du ^-nous eatimont'' suivi d'un chiffre qui se donne l'air d'une précision rigoureuse, et encore d'indiquer quelque chose au moins de tous nos rerueignemenit.
PS M. 6ULTS. 255
La curiosité da lecteur est ici piquée au vif. On demande, à M. Suite, des estimations et des renseignements appuyés de documents. Avec cela que M. Suite ne donne pas une fameuse idée de sa critique statistique, quand il dit ailleurs, parlant do Tannée 1655 :
** C'est à peine si les Français de toat rong, ftge et sexe, dépas- « saient un millier d'ftmes — soit deux cents hommes en état de « porter les armes/*
Compter que le cinquième de la population et*t composé d*hommes en état de porter les armes peut très bien faire, pour une population régulièrement et normalement constituée ; mais appliquer cette règle à la population française du Canada en 1655, c*est commettre une erreur grossière, pour la bonne et simple raison que les femmes et les enfants ne formaient alorn, au sein de cette colonisation, qu'une très faible partie du total. C'est ainsi que dix ans plus tard, en 1665, alors que cette proportion des non combattants avait été de beaucoup augmentée, le recensement nous donne plus de 1,300 hommes en fige de porter les armes, sur une population établie de 3,215, à l'exclusion de la population non encore fixée. En comptant tout, un chiffre de près de 2,500 combattants, sur un grand total de 4,415, c'est-à-dire, non pas 1 sur 5, mais notablement plus que 1 smr 2.
De tout cela il faut conclure qu'il ne reste qu'une chose à faire à M. Suite, c'est de confesser ses erreurs, de se rétracter et de fermer boutique d'histoires. C'est pour lui un devoir, et le seul moyen de se réhabiliter, dans la bonne opinion de ceux dont l'opinion vaut quelque chose.