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232 LES SILHOUËTTES LITTÉRAIRES.
the cultivation of the soil, had an opportunity of perusing the pages of this admirable story. It details the hardships and success of the new settlers, points out sources of enjoyment and profit, and inspires the doubting or desponding by the prospects of approaching comfort and independence.”—W. Ezper, Journal, (St. John, N.B.)
En écrivant Jean Rivard, M. Lajoie n’a pas eu l'intention de faire un roman, il a simplement voulu personnifier et dramatiser la vie du défricheur canadien; et il a admirablement réussi, Le plan de l'ouvrage est bien conçu, le style est naturel et gracieux, l'intérêt ne languit pas. Jean Rivard grandira avec le temps: c'est plus qu'un bon livre, c'est une bonne action,
Gérin-Lajoie a des originalités de caractère aussi amusantes qu'inoffensives. Savez-vous comment il 4 perdu l'habitude de chanter à demi-voix, quand il marche seul dans la rue? Pendant qu'il demeurait à Toronto, il se rendait, un beau matin, selon son ordi: naire, à son bureau en fredonnant ses airs favoris, lors: qu'il s’aperçut qu'une troupe de petits gamins le suivaient en se le montrant du doigt, et en chuchotant tout bas : Here is the man who sings ! Here is the man who sings
Devineriez-vous une des professions qu'il aurait le mieux aimée dans le monde? Je vous le donne en mille, Cherchez, fouettez-vous l'imagination ; vous n’y êtes pas. Jetez votre langue aux chiens.
Vous le dirai-je ?—Fondeur de cuillères ! oui, fondeur de cuillères !... Vous riez! Ecoutez son explication.
Qui ne connait l’histoire des frères Grimm, ces patients chercheurs, qui ont parcouru toute l'Allemagne pour retrouver et recueillir les traditions, légendes et
le p
cieu polit d'am où m foye fants leçor plais gaité
chansons de leur patrie. Gérin-Lajoiegrévait le même projet.
— Pour mieux réussir, disait-il, dans une pareille entreprise, le meilleur moyen serait de se mettre fondeur de cuillères. Voyez-vous, on serait admis dans toutes les familles, même dans les campagnes les plus reculées, sans éveiller aucun soupçon ; et, pendant qu’on aurait l'air occupé uniquement de son métier, on observerait le peuple chez lui, on saisirait ses mœurs sur le fait, dans leur état naturel; on interrogerait ses souvenirs. Il vous raconterait ses histoires, ses traditions, avec ses naives expressions, avec $ses paroles toutes crues de vérité, avec ses tournures simples, maïs vives, dont lui seul possède le secret,
L'hilarité fut grande parmi la gente lettrée, lorsque Lajoie énonça, pour la première fois, son ingénieuse idée.
Il y a deux parts dans la vie de Gérin-Lajoie. L'homme d'aujourd'hui n’est pas l’homme d'autrefois.
Autrefois, c'était le poète, avec ses rêveries, avec sen chansons, avec ses enthousiasmes ; c'était le journaliste, le polémiste qui écrivait l'articie mélitant, chargé à mitraille, qui haranguaïit les électeurs sur la place publique.
Aujourd’hui, c’est l’homme de cabinet, calme, silencieux, méditatif, un livre de philosophie ou d'économie politique à la main, cherchant quelque nouveau moyen d'amener le progrès et le bonheur parmi les hommes ; ou mieux encore, c’est le père de fainille, heureux au foyer domestique, entouré de sa femme et de ses enfants, ayant toujours sur les lèvres une bonne et utile leçon, un conseil sage, un service à proposer pour faire plaisir à un ami; tout cela arrosé du vieux vin de la gaité française,