‹ Les Guêpes canadiennes [microforme]Chapitre 4 sur 62 · M. PAPIN · texte numérisé non relu

M. PAPIN

Well roared lion !{ SHAKESPEARE.

Avant que de partir pour Québec, les chefs démocrates se sont distribués les rôles qu'ils allaient jouer. Comme vous avez pu le voir consigné au Moniteur, il a été résolu d’une voix unanime, que M. Papin serait le Danton de la Montagne.

M. Papin a dû ce choix à sa haute taille, à sa grosse voix, et À ses larges épaules C’est toujours lui que l'on voit et que l’on entend le premier. Il possède un beuu physique, et n'ignore pas cet avantage qu'il fait valoir par une démarche altière, et des allures de mousquetaire. Sa voix est puissante et elle serait belle, s’il ne la faisait pas quelquefois sourde en essayant de la rendre solennelle. . .

M. Papin écrit peu, me dit-on, et il parle comme tout le monde qui se mèle de parler, sans tomber beaucoup;

> pourra n'aura | tout le ge ...ma

ivemeut

on { RSPEARE.

Dcrates Jomme résolu ton de

grosse ne l’on à beuu valoir taire.

faisait solen-

e tout cou D:

ni s'élever très-fort. Il vise quelquefois au bel esprit et ne réussit pas dans ce genre, ni dans ses discours, ni dans ses interruptions qu'il rend fréquentes. Il a été un peu gâté par les journaux de son parti, et il semble croire que sa personne, sa voix, et surtout la barbe qu'il porte comme Eugène Sue et M. John Young: doivent faire sur ses adversaires l'effet de la tête de Méduse sans qu'il lui soit nécessaire de songer à ce qu'il dit, et comment il le dit.

Plusieurs orateurs, dans leurs clubs, à l’Institut Canadien de Montréal et, je suppose, dans des exercices d’éloquence à la maison, s'étaient formés un vocabulaire de certains mots et de certaines phrases, comme paï exemple, ‘“ possédant (eux) ou ne possédant pas (leurs adversaires) cette indépendance de caractère,” ou bien. “ en élevant ma voix dans cette enceinte,”' ou encore, ‘un gouvernement corrupteur et corrompu,” et cette autre phrase, ‘‘ en présence de la chambre et en présence du pays.” Ces joyaux oratoires dont tous les membres du parti ornent leurs discours forment pour bien dire. le fonds de ceux de M. Papin. Si ce n’était que de l'embarras d'y substituer autre chose, il les abandon: nerait cependant, car on l’a averti charitablement que M. Marchildon avait eu l'avantage d’inaugurer ces phrases à la dernière session, les ayant, lui, entendues dans les assemblées publiques ou apprises par cœur, dans les colonnes du défunt Avenir.

M. Masson a pris la liberté de demander à M. Papin, combien il avait mangé de pain bénit et bu d’ean bénite pour entrer en chambre. La question n’était pas il faut l'avouer, strictement parlementaire, et M. Sicotte qui veille avec la plus grande sollicitude à ce que l’on observe la civilité puérile et honnète à l'égard de Ia Montagne, rappela le représentant de Soulange à l’ordre.

Il est fâcheux cependant, que M. Papin ne daigne pas expliquer ‘en présence de la chambre et du pays,” à quelles conditions il s’est fait élire. Il a été bruit dans le temps si non de pain bénit et d’eau bénite, du moins de certains éloges adressés à M. Morin et à M. Lafontaine ; d'expressions bienseillantes envers le clergé et les institutions catholiques ; d'une promesse solennelle qui a dù flatter sensiblement notre souveraine légitime, de ne pas travailler à lui enlever cette partie de sex domaines, d'ici à quatre ans, ce qui, joint an serment que M. Papin et ses collègues ont prêté, sans aucune réserve mentale, et à la victoire dernièrement remportée sur les Russes, doit contribuer puissamment à la sécurité de l’empire britannique.

Le clergé n’a peut-être pas cependant, autant de motifs de confiance que peut en avoir le cabinet de Saint-James. Les engagements que M. Papin a pris à l'égard de nos institutions n'étaient pas, à ce qu'il parait, pour toute la durée du parlement; car déjà, avec trois autres démocrates, il a voté de compagnie avec M. Brown sur l’incorporation du collége Masson.

Le député de l’Assomption est au reste un bon enfant ; sa figure a même une expression assez joviale, lorsqu'il ne veut pas la rendre terrible, lorsqu'il oublie que c'est lui qui fait Danton. S'il a beaucoup de la grossièreté, il n'a assurément rien du génie, ni de la férocité du célèbre conventionnel. Ses discours n’ébranlent bien profondément ni le trône, ni l'autel, ni quoique ce soit, et tout çe qui reste dans l'esprit, lorsque sa grosse voix

a cessé de se faire entendre c'est, vox, vox et prœteren nihil.

igne pas pays,” à ‘uit dans lu moins . Lafongé et les elle qui time, de

de ses serment

aucune mportée sécurité

e motifs -James.

| de nos v toute autres Wn sur

enfant ; rsqu'il ie c'est sièreté, cité du t bien e soit, B voix rætereit

LA PLÉIADE ROUGS.

IT

Page 1