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qui lui a inspiré une de ces passions effrénées, que toutes les ovations démocratiques auront bien de lu peine à satisfaire, car il est homme à en reconnaître tôt ou tard, si ce n'est déjà, tout le néant, à sentir toute la fadeur de l'encens grossier que l'on brüle dans les colonnes du Pays et du Moniteur.
M. Laberge sortait du collège, Il avait caressé, comme tous les jeunes cœurs, ce fantôme du républicanisme à la façon de Rome et de Lacédémone, personnifié par les
Scœvola, les Coclès et les Léonidas. Entré dans le
monde, il s'aperçut bientôt, que de se faire crever un œil, était de nos jours, un triste moyen d'arriver à la. postérité, qu'il n'y avait pas-souvent de Thermepyles à défendre, qu'enfin, de se bruler la: main sur le brasier d’un bivouac, était commettre une action susceptible de demeurer incomprise. Il regardait inquiet autour de lui; on s'en aperçut, on l’entoura et on lui dit: il faut parler et écrire, le bavardage des clubs et le verbiage du journalisme, voilà les Thermopyles d'aujourd'hui ! Vous serez tenu de nous faire des éloges; mais en revanche, nous vous encenserons de notre mieux. La nouvelle école que l’on fondait, s'appuyait sur deux principes immuables : dire tout le bien possible de ses amis, et tout le. mal, même impossible, de ses adversaires.
Enfin, le jeune homme avait besoin d'action, d’expansion, d’un peu de fumée ; il fallait choisir entre la voie ordinaire battue par tout le monde, ou se lancer dans une voie nouvelle et inconnue ; le premier parti était le plus sage, le second le plus brillant. L'imagination déjà grande et forte, l’'emporta sur la sagesse qui qui ne faisait que de naître.
C'est ce qui ggplique pourquoi M. Laberge, abreuvé aux sources rafraichissantes du eatholicismé, se. laisse
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emporter par les éloges de ces fouilles vénéneuses, le Semeur, le Moniteur et le Cultivateur ; pourquoi lui, honnète et généreux, souffre-t-il qu’en parlant de l'abolition des dimes, on flatte les plus sordides cupidités ; pour: quoi instruit, et intelligent, il se laisse imposer des billevesées, comme les juges de paix électifs, et l'es parlements annuels. Ce n’est pas qu'il veuille se faire un marchepied de toutes ces choses pour devenir procureur-généval, il abandonne celà volontiers au chef suprême, mais c'est qu'il tient à honneur, de jouer son rôle jusqu'a bout, et comme on lui a assuré qu'il était un des chefs, il se dit à lui même comme le personnage de Scribe : il faut bien que je les suive !
Jra-t-il loin, me demandez-vous ? Mais sans doute ! Est-ce que l’on sait où l’on s'arrête, lors qu'on a pour vous guider en avant, l’'Enfant-Terrible, et par derrière ‘pout: vous pousser, le citoyen Pierre Blanchette ?
VIIT.
MM. BOURASSA, DARCHE ET GUEVREMONT,.
“ Tout ce qui arrive dans le monde a son signe qui le précède .’’ Lawennais.
La nébuleuse que voici, et qui est supposée se composer de trois étoiles d’une infiniment petite grandeur, mérite une attention toute spéciale. La découverte qui vient d'en être faite, est un signe des temps,
Depuis des années que l’on prèche au peuple souverain qu'il est infaillible, omnipotent et omniscient, il lui est survenu. qu'il pourrait bien se passer de ceux-là même, qui lui ont enseigné ces belles choses. II s’est donc mis,-dans quelques comtés, à choisir ses représentants, comme il élit souvent des commissaires d'école, et comme il élira bientôt des juges de paix; c'est-à-dire en raison directe des nr et en raison inverse des connaissances.
M. Marchildon a été le premier signe des temps.
. Comète à l'orbite fantastique, lancée dans une course furibonde, en dehors de toutes les sphères de la raison humaine, cet astre, quoiqu'il soit rouge, ne peut être rattaché à aucun système, et ne saurait faire partie de la Pléiade. D'ailleurs, nous aurions peine à le suivre dans ses furieux écarts.
Il n'en est pas de même de notre nébuleuse, qui « tout l’immobilité des étoiles fixes.
M. Bourassa est bien le type de l’inflexibilité démocratique. Rien ne remue, rien ne change, rien ne s'auite sur cette figure carrée, qui pourrait être facilement reproduite, par quatre coups de ciseau, donnés sur le premier bloe venu. Depuis le commencement de la session, il est silencieusement assis à côté de M. Darche.
Celui-ci, du moins, à quelque chose de pittoresque. Une chevelure qui parait avoir horreur du peigne comme d'un instrument de tyrannie, un costume ultra démocratique, une physionomie dure, ramassée et comme se morfondant dans un continuel mécontentement de tout le monde, et de toutes choses; voilà ce qui distingue M. Darche de son voisin M. Bourassa.
C’est bien l’homme à qui l’on a persuadé que tout habit noir, recouvre un aigrefin qui cherche à vivre à ses dépens ; que la caisse publique est livrée au pillage,
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que les curés s'engraissent des sueurs du peuple; que les hommes de professions sont tous des voleurs; que le peuple, a un droit inprescriptible à ne payer jamais vien,et à se faire payer énormément cher pour toute espèce de chose; que tous les hommes sont nés et doivent mourir égaux, et que la mesure de cette égalité, c'est lui-même, M. Darche, au niveau de qui, toutes choses doivent être ramenées ; enfin, que s'il n’y prend pas garde, il sera bientôt vendu à l’encan comme un es lave, ou comme une bête de somme, pour satisfaire à la cupidité des ministres.
Aussi, malgré qu'il soit assis au milieu des plus vertueux Montagnards, il n’a pas encore l'air de se croire en sureté ; il tient son gilet de gros drap boutonné jusqu'au menton, garde ses poings fermés dans se« goussets, et jette de temps à autre, sur tout ce qui l'environne un regard sournois et défiant.
C'est M. Darche qui présente, et propose, de faire imprimer les requêtes du citoyen Pierre Blanchette. La chambre s’est refusée à l'impression de celle qui demande l'abolition pure et simple du conseil législatif. La chambre a eu tort. Une requête du citoyen Pierre Blanchette avec commentaires par le citoyen RIeUS, méritait de passer à la postérité.
M. Darche est comme le citoyen Pierre Blanchette, pour l'abolition du conseil, pour l'abolition des rentes, pour l'abolition de toutes les takes, pour l'abolition des dîmes, pour l'abolition des juges et des avocats, et en général, pour l'abolition et la démolition de tout ce qui peut gèner qui que ce sat.
De plus, l'horreur que M. Marchildon professe pour les chemins de fer, M. Darche la reporte sur les traiueaux à patins, et les moments qu'il a pu dérober à son occupation favorite, de coller des papiers pour les
adresser aux électeurs de son comtéæt de tout le pays, il les « consacrés À préparer un projet de loi sur ce sujet. Je propose qu'on l'imprime à un million d'exem: plaires, et que l’on vote une tonne de colle à M. Darche pour qu’il répande son projet, dans les cinq parties du monde.
Avis au boau sexe. M. Darche, qui n'est pas jeune tant s'en faut, est célibataire. Considère-t-il la moitié du genre humain comme un obstacle au bonheur de l’autre moitié? Persuadé que l’on devra, tôt ou tard, abolir la famille, s'est-il abstenu prudemment de former des liens qu’il lui faudrait rompre? Je ne saurais vous Je dire au juste, mais rester célibataire, dans nos campagnes où l’on se marie si jeune, où l’on ne sait trop que faire dans les longues soirées d'hiver, c’est quelque chose de significatif, voire même de sinistre.
Connaissez-vous M. Guévremont ? Pour moi, il me semble que je le connaissais avant que de le connaître, tant il y a de gens qui ont l'honneur de lui ressembler. M. Guévremont est un petit homme brun, ou plutôt noir, que l’on est certain d’avoir rencontré de tout temps, à tous les coins de rue. Lorsqu'il fut élu contre M. Gouin, l’un des héros du vingt juin, la Montagne s'est montrée wrandement scandalisée. Depuis cependant, qu'on lui a persuadé qu'il était démocrate (et certes personne plus que lui n’a droit de l'être,) on s'est persuadé à soi-même, que l'ex-voyageur des pays d'en haut, n'était pas moins habile qu’un autre. ‘
Quoi qu’on en ait dit dans le temps, M. Guévremont sait lire et écrire, sauf l'orthographe, dont à l'exemple de plusieurs Montagnards plus illustres, il ne soupçonne pas l'existence.
Maintenant, je ne veux pas trop contester à la Montagne le droit qu'elle possède, d'élever à ses propres
le pays, sur ce d'exem:
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frais, un monument à ces trois hommes et à quelques autres; je n'y vois qu'uno petite objection, et je vais l'exposer le plus brièvement et le plus modestement possible.
I n'y a pas cinquante Canadiens-français parmi nos cent trente représentants. Ne serait-il pas bon, de suppléer à la quantité par la qualité? Malgré le bon sens tant vanté, et le patriotisme à toute épreuve de ces messieurs, n'y aurait-il pas moyen de les remplacer par quelque chose de plus brillant ? [1 me semble, sauf meilleur avis, que situés çomme nous le sommes, le moins nous élirons de Darche et de Marchildon, le mieux ce sera. Pour l’amour de Dieu, si nous ne pouvons nous entendre entre nous, tâchons du moins de nous faire respecter des autres origines,