M. LABERGE
I1 faut bien que je les suive...
puisque je suis un de leurs chefs !
Scriss.
Saluons, avec respect, la seule étoile de première grandeur qu’il y ait dans toute la constellation !
M. Laberge est de ti8s-petite taille, mais d'assez jolies formes, sa tête surtout est belle; ses yeux ont une expression de douceur accompagnée de finesse, sa bouche a de la causticité. Chez lui, les facultés perceptives l'emportent de beaucoup, sur les facultés discernantes, comme on le voit de suite, dans sa physionomie, et sur son front proéminent à la bâse.
* M. Dufresne qui a son début, en chambre, suivait le parti Rouge, l'abandonna peu de temps après, pour se joindre au parti conservateur.
28 LA PLÉIADÉ ROUGE.
M. Laberge a véritablement “ l'intelligence supé: rieure et l'éducation accomplie,” que le Moniteur avait déclaré officiellement appartenir, à tous les députés rouges. Il n'a peut-être pas au mème dogré, ‘“ l’indépendance de caractère,” qui forme le complément du signalement démocratique.
Il n'est guère possible de posséder une plus grande facilité d'éloonilun, et si une argumentation nerveuse et serrée manque presque toujours à ses discours, la période accomplie, heureuse et cicéronienne, ne lui fait jamais défaut. Son geste a de la grâce, sa diction de lu | pureté, sa voix de l'harmonie. Autant M. Dorion de
! Montréal, ennuie et fatigue avec ses arguties péremp- | toires et perpétuelles comme ses exceptions, autant M,
k Laberge plait, avec ses discocs gentils et bien tournés.
l On le dit très-éloquent lorsqu'il se passionne, et celà doit-
être, car sa voix est sympathique, mais en chambre, il s’est borné jusqu'à présent, à une sorte de persifflage élégant, qui intéresse sans émouvoir. Sa figure favorite est l’antithèse, et chez lui, elle frise quelquefois le jeu de
{| mots, ce qui n’est pas du toui parlementaire, le genre LUE parlementaire, ayant été inventé par les Anglais, qui se | sont toujours abstenus d'avoir de l'esprit.
[| Il ne fait pas un usage immodéré des phrases sacra- | mentelles. Il'n’a parlé qu'une couple de fois, d’un gou- | verrement corrompu, et n’a pas ajouté. qu’il était corrup- | teur ; il n’a encore rien dit de son indépendance de caractère, et n'a pas même l'air de se douter, ‘ qu’en
| élevant sx voix dans cette enceinte, il parle en présence | À de la chambre, et en présence du pays.”
| | Cet oubli des convenances, ce mépris des formes
démocratiques, n’ont pas peu contribué à le rendre suspect.
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De plus, il nous a menacé de verser jusqu'à la dernière goutte de son sang, pour la défense de nos institutions. On vous exempterait, M. Laberge, de verser même la première, si vous vouliez seulement nous dire, quelles sont les vieilleries auxquelles vous tenez si peu, que de ne pas vouloir répandre pour elles, une seule goutte de cette encre dont votre parti se montre si prodigue.
Avec la compagnie que vous tenez, une telle restriction ne laisse pas que d’être inquiétante. On désirerait aussi savoir, au premier moment de loisir que vous laisser: votre grande mesure des juges de pax électifs, quelle est l’allonge que vous vous proposez de faire, au programme démocratique. La chose est beaucoup plus grave qu'elle n’en a l'air; et votre réponse sur le tout, est attendue avec une anxiété qui n’est égalée, que par l'estime que l’on a pour vous.
M. Laberge est un talent distingué: ce n’est ni un prophète ni un sphinx, ni une sybille, comme le donnent à entendre quelques ministériels malicieux, afin d’aiguiser la jalousie de ses collègues de la Montagne; mais tel qu’il est, il peut bien inspirer des craintes sérieuses aux ambitieux du parti. Aussi, s’efforcent-ils de proclamer qu’il est un homme d'imagination, un caractère original et paresseux, un littérateur, un poète, ce qui est une manière comme une autre, de commencer à insinuer qu'un homme n’est bon à rien.
Ea comparant le député d’Iberville à la plupart de ceux qui l’environnent, on se demande comment il est venu là ? Hélas, comme a dit Virgile, de combien d'’erreurs n’est pas capable un jeune homme, tourmente par un arñour impitoyable... .Quid juvensis ?
C'est cette belle divinité terrestr louange, qui x séduit le cœur de M. La
qui s'appelle la erge ; c'est elle,