‹ Les Guérin de Tencin, 1520-1758Chapitre 115 sur 241 · L'ABBE DE TENCIN A ROME · texte numérisé non relu

L'ABBE DE TENCIN A ROME

une considération sans laquelle on n'i/ peut réussir dans les grandes choses. M. de Sisteron a du zèle, il a du talent, mais il est trop livré à un caractère plein d'ambition, de vanité, de présomption, de hardiesse et de fausseté. ' »

Lafitau fut donc disgracié; le cardinal de Rohan, ambassadeur en titre, reçut le conseil de se faire rappeler à Paiùs sous prétexte d'économie pour le trésor; et l'abbé de Tencin demeura seul maître du poste diplomatique, avec un titre de second plan, il est vrai, mais avec d'énormes prérogatives. Jusqu'alors sa situation avait été imprécise et ce n'était pas sans une certaine mélancolie qu'il écrivait quelque temps auparavant à son frère le président de Tencin :

« Le 8 juillet 1721 -.

« Il a plu aux nouvellistes de me faire auditeur de rôle'' sans qu'il y ait la moindre apparence. Je n'en voudrais pas même à l'âge où je suis. Il n'y a plus de ressource pour moi qu'un évèché ou la vie privée pour laquelle j'ai tout le goût possible. Je suis toujours ici avec peu de plaisirs mais beaucoup d'agrément de la pai't de nos cardinaux. »

Il attachait une grande importance aux égai'ds dont il était l'objet et aux excellentes relations qu'il s'était faites. Ainsi, le fils de Jacques II d'Angleterre, dit le chevalier de Saint- Georges, vivait à Rome, et Tencin ne manque pas d'en parler.

« Je suis très bien à la cour du roi d'Angleterre et j'y dîne et soupe très souvent'. » Et un peu plus tard : « je ne ferai po'intune sistero/iade quand je dirai que le pape C. Conti, (Innocent XIII) me fit mille et mille amitiés^. »

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