C'est-à-dire : par le demie)' courrier
L'ABBE ni-: TENCIN A ROME ;20o
des Italiens pour le clinquant, et « vingt-quatre fauteuils en bois doré, bien garnis avec des housses de damas, des galons et des franges d'or » ' donnent une idée de ce que devait être le reste.
Bientôt sa demeure fut une des plus à la mode et, le 10 février 1722, il signale à son frère cette vogue dont l'honneur le flatte, mais dont les charges l'effraient.
« J'ai tous les agréments qui peuvent adoucir mon travail et, ce qui est sans exemple à Rome, c'est que tout ce qu'il y a de grand, soit en hommes, soit en femmes jeunes ou âgées viennent sans façon manger chez moi plus souvent que je ne voudrais-. »
Dès le mois d'avril, le résultat de toutes ces gracieusetés romaines se fait sentir.
« Je suis bien fâché d'avoir recours aux lettres d'Etat^, écrit-ii à son frère. J'aime bien mieux vendre quelques-unes de mes terres pour payer mes dettes, et quand même vous trouveriez des facilités, mon avis est de vendre afin de se libérer. On n'est jamais tranquille quand on doit. Il est bon d'ailleurs de me prépai*er des fonds pour acquitter les dettes que je serai obligé de faire ici. Quelque chose qui arrive, je ne veux pas y devoir un sol en partant'. »
On le voit, si le poste était honorifique, il coûtait cher au titulaire, et la corruption des fonctionnaires au x\nf siècle n'était point si avancée qu'on l'a prétendu, puisque ceux-ci se ruinaient au service de leur pays.
L'abbé de Tencin, malgré ses sacrifices, avait peine à se tirer pécuniairement d'afîaire. Dans une lettre du 13 octobre 1722, il expose très clairement son bilan'.
1. Lettres inédites, passim. Collection du marquis de Monteynard.