Arch. nat., Y
l'aîné est toujours ici, mande-t-elle à son frère. * Il parle pourtant de retourner à son régiment. C'est un très bon garçon qui aurait valu beaucoup mieux à tous égards si on avait pris plus de soin de son éducation. Vous pouvez être assuré qu'il n'a aucun vice. Pour le Chevalier, je suis tous les jours dans l'admiration de sa sagesse; il ne joue que des jeux de commerce; il aime la bonne compagnie. Mais il aune santé très délicate et qui me fait craindre qu'il ne la fasse pas longue. Je lui ai fait rompre le carême. Je vous assure que j'ai soin de l'un et de l'autre en tout ce que je ])uis, comme si j'étais leur mère. »
L'aîné des Tencin rejoignit en efïet son régiment, dans le même temps que son oncle l'abbé était nommé archevêque. Une lettre de Mme de Tencin au Président, datée du 10 juin •1724, nous donne ces détails-^. « J'ai reçu, mon cher frère, des nouvelles de notre ambassadeur. Il me |)ai'aît fort content de sa destinée.
« J'attends des nouvelles de votre arrivée à Grenoble. J'espère que vous m'écrirez avec exactitude. M. de La Fresnaye vous a écrit deux fois et vous a envoyé les papiers. »
C'était le moment où l'installation à Embrun de l'archevêque absent devenait la préoccupation constante de Mme de Tencin et du Président.
« Je vous enverrai par le premier ordinaire, écrit-elle,^ les bulles de mon frère, avec la procuration pour prendre possession, qui est adressée à un ecclésiastique d'Embrun, les lettres de grand vicaire et la procuration pour le temporel. En cas que cet ecclésiastique, qui doit prendre possession, n'y fût pas, vous en nommerez un autre. »
Malgré l'intérêt qu'elle prend aux affaires de l'archevêque, Mme de Tencin ne néglige pas les siennes et l'on
1. 20 février 1724. Lettre inédite. Collection du marquis de Monteynard.