Mathieu Marais, I. III, p
L'AFFAIRi; LA nJKSNAYi; 2'2o
M""' (le Toncin, à qui le banquier Cottin l'avait présenté, et avec son frère l'abbé.
Il apparaît dans ses biographies qu'il tut un médiocre linancier et un détestable époux. Car il était marié. En 1718, il avait épousé Aimée Masseau. fille d'un marchand enrichi qui avait acheté la baronnie de lUe de Ré. Le frère de sa femme épousa d'ailleurs ensuite Marguerite de LaFresnaye, unissant ainsi doublement les deux familles. Mais au bout de dix-huit mois, la jeune dame de La Fi-esnaye, excédée des infidélités de son mari, était rentrée chez ses parents avec son enfant et avait fini par mourir de chagrin à vinet ot un ans tandis que son mari se lançait dans l'agio, courait les ruelles et achetait enfin une charge de conseiller au Grand Conseil.
Des débuts de cette aventure, qui se termina si tragiquement, il ressort simplement que Mme de Tencin, séduite par ce beau gaillard, usa de sa liberté pour faire un heureux de plus et que, trouvant en lui un brasseur d'atïaires, elle facilita certaines de ses opérations en intervenant, non plus comme maîtresse, mais à titre de prêteur nanti.
Malgré la nature versatile en amour de Mme de Tencin, cette liaison fut plus durable que les autres. La Fresnaye habitait rue Saint-Honoré, près de la porte du même nom, dans un appartement de Thôtel du marquis de Mancini -, et se rendait quotidiennement chez sa maîtresse à l'existence de qui il prenait une part constante. Il faisait ses commissions, la suppléait dans sa correspondance, et l'on a pu dire avec exactitude qu'ils « vivaient ensemble ».
Malgré tout, les apparences étaient sauvegardées, au point que Mme de Tencin pariait ouvertement de La Fresnave à ses frères, comme s'il se fût agi simplement d'un ami complaisant.
La présence continuelle de cet amant ne l'empêchait pas d'héberger ses deux neveux, les fils du Président. « Votre fils