Bibliolh. de Lvon. Fonds Morin-Pons
500 000 livres. Malgré de tels revers, il continuait à affecter la désinvolture du beau joueur, espérant arriver, a-t-on assuré, à épouser Mme de Tencin et à se tirer ainsi d'affaire. Il avait déjà obtenu d'elle un prêt pour une somme considérable^, mais la créancière, qui commençait à se méfier, avait exigé des garanties.
La Fresnaye était devenu propriétaire dans l'île de Ré d'un domaine- qu'il avait acquis sans doute en un moment de prospérité. Il donna celui-ci en gage. C'était tout ce qui lui restait. Aussi, lorsqu'il vit disparaître ses dernières ressources, essaya-t-il de se faire rendre par Mme de Tencin l'acte qui immobilisait les débris territoriaux de sa fortune. Ses créanciers le harcelaient ; il usa de tous les moyens auprès de sa maîtresse : supplications, menaces, désespoir.
Mme de Tencin, qui connaissait maintenant sa folie du jeu, demeura inébranlable. Elle s'était déjà montrée assez généreuse à son égard pour ne point se laisser duper encore une fois dans une mesure capable d'ébranler sérieusement sa propre fortune^.
Le banquier Cottin qui s'était entremis en qualité d'ami commun dans cette affaire, surtout en ce qui concernait la question sentimentale, reçut enfin de Mme de Tencin la lettre suivante*.
« Le - octobre -17:25.
« Je suis bien touchée. Monsieur, de vos bontés et des marques d'amitié que je reçois de vous dans cette malheureuse