TROISIÈME ET QUATRIÈME PARTIES NOUVEAUX PERSONNAGES
Mlle de Roye. Jolie jeune fille.
Mme de Mailly. Marâtre de .Aille de .Alailly.
Edouard m. lloi d'Angleterre.
La reine d'Angleterre. Philippine de Hainaut.
M. de Soijccourt. Amoureux de 'MUe de Roye.
Son père. Egalement amoureux de la même jeune fille.
La troisième partie est entièrement remplie par lavcnliire de mylord d'Arondel qui secourt une demoiselle de Roye, au moment où celle-ci se trouve mal, et il devient amoureux, tandis qu'elle-même reçoit le coup de foudre. Pourtant le cœur de la jeune fille n'avait pas été touché par l'amour du comte de Soyecourt, pas plus que pai' les propositions avantageuses du mai'quis son père qui, venu pour faire renoncer son fils à ce mariage, était à son tour, tombé amoureux de la jeune fille. Par bonheur, il s'est ressaisi avec quelque dignité et s'est efforcé, mais en vain, de rendre au jeune homme l'objet de son amour.
La demoiselle, pauvre, amoureuse et timide se laisse pousser au couvent, trouvant dans ce sacrifice une joie de martyre car, de cette façon, celui qu'elle aime ne connaîtra jamais ses sentiments et n'en verra point sa vie troublée. Ce genre de sacrifice, qui est bien de la quintessence d'amour, sert de base aux histoires que conte si agréablement Mme de Tencin. Cette ancienne chanoinesse, qui se livrait personnellement à de sensuels abandons, se complaît, une fois calmée, la plume en main, à des raffinements de sentimentalité qui sont souvent excessifs.
Ici, nous nous trouvons en face de trois couples plus malheureux les uns que les autres.
Canaple, quijdèsle début, a connule bonheurleplus intime, comme aussi le plus passager, et que Mme de Granson déses-
père par ses froideurs parce qu'elle s'imagine elle-même que Canaple est amoureux de Mlle de Mailly. Châlons, qui croit que sa fiancée a eu un enfant, ce qui constitue en général un remous violent dans les sentiments d'un homme ; et enfin mylord d'Arondel qui, fiancé à Mlle Hamilton par ordre du Roi d'Angleterre, voudrait épouser Mlle deRoye. Celui-ci est le plus heureux des trois et l'on voit comment une jeune fille, enfermée dans un couvent, peut être rendue mère sans perdre sa vertu. C'est simple. Un soir, d'Arondel la passe par-dessus le mur du couvent, l'emmène dans une petite église, l'épouse devant un prêtre, puis la repasse pardessus le mur, non sans avoir rempli ses devoirs conjugaux. C'est le fruit de ce mariage secret qui a donné le change à Châlons touchant Mlle de Mailly, car c'est à elle que fut confié le nouveau-né. Enfin tout se découvre. Châlons rend l'enfant à d'Arondel, et celui-ci retrouve sa femme dans un couvent très fermé et très isolé où Mme de Mailly, la marâtre et la seule méchante figure du livre, l'a fait conduire et quasi murée. On sent là les réminiscences des anciennes « clôtures » de la chanoinesse.
Restent Canaple et Châlons.
La quatrième et dernière partie va pourvoir à leur établissement, au milieu des événements suprêmes du siège de Calais. Par vine fiction assez adroite, l'auteur imagine que Canaple et Châlons, amoureux désespérés, se sont enrôlés parmi les six bourgeois réclamés comme victimes expiatoires par le Roi d'Angleterre. Mme de Granson, non moins malheureuse, — car elle a enfin la révélation de l'amour sincère de Canaple, — s'habille en homme et va se jeter aux pieds d'Edouard. Grâce à cette aventure amoureuse et singulière, et grâce aussi à l'intervention de la Reine, les victimes sont sauvées. Edouard entrera pompeusement dans Calais, mariera ces six personnes après en avoir voulu tuer six et, fort animé par ce jeu, fera lui-même un enfant à la Reine !...
Tout cela est fort distrayant à lire, et l'on trouve des phrases étonnantes.