‹ Les Guérin de Tencin, 1520-1758Chapitre 214 sur 241 · PAMPHLETS · texte numérisé non relu

PAMPHLETS

« Gang-anclli' favorisa son évasion (celle de Mme de Tencin) do Montflcury- et l'engagea à venir rendre grâce à Sa Sainteté d'une faveur aussi spéciale. Cette femme charmante se transporta aussitôt à Rome et le Sacré Collège lui fit l'accueil le plus flatteur (!)

Mme de Tencin passa cinq ou six mois à Home. Personne n'ignore (!!) qu'elle y portait rarement les habits de son sexe, parce qu'elle se rendait tous les jours au palais pontifical, où les femmes n'entrent point si elles ne sont déguisées.

Un peu plus tard, INlme de Tencin voyage en Suisse avec Ganganclli, qui lui dit :

Divine Alexandrine ! nous sommes enfin arrivés chez ce peuple où se trouve réuni pour la félicité tout ce que la nature peut donner et tout ce que la simplicité peut ajouter à la nature.

ALEXANDRINE

C'est donc ici le séjour de l'éternelle félicité. C'est sur l'émail de ces prairies et dans ces solitudes fleuries de la nature que ce peuple heureux s'occupe de perfectionner sa raison et d'atteindre au souverain bien.

Mais le lyrisme bucolique de Ganganelli se transforme bientôt en un sentiment plus personnel, et la dame est obligée de se défendre.

ALEXANDRINE

Si vos plans de liaison, comme vous me l'assurez, Monsieur, sont fondés sur l'estime, il vous en coûtera peu de ménager ma délicatesse en cessant une conversation qui présente des pièges à mon inexpérience. (Ici une longue discussion sur l'àme, et la dame se sent de nouveau fort inquiète.)

Ingénieux Ganganelli! vous gagnez beaucoup de terrain; ma confiance s'en alarme et jai peine à me défendre du plaisir de vous entendre.

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