Plus tard : Clément XIV
2. Ganganelli naquit en octobre 1703. Mme de Tencin sortit du couvent définitivement en 1712. Son complice ecclésiastique aurait eu par conséquent sept ans !...
ALEXANDRINE
Cesse, Ganganelli, ah ! cesse par pitié ; mon désordre demande grâce! Qu'as-tu décidé? Qu'exige-tu ?... Hé bien! ne suis-je pas assez faible et quand j'agonise d'amour, veux-tu me faire mourir de douleur? Et je me croyais vertueuse!
Ma dernière faveur, Monsieur, sera le billet que vous recevrez demain... Fasse le ciel que lorsque vous le lirez, Alexandrine ait eu le courage de cesseï' de l'être!...
Inutile de dire que cette menace de suicide ne se réalise pas. Et ce grotesque dialogue continue pendant un tiers du volume.
Au début, nous avons été abreuvés d'insanités tout aussi fortes. D'Alembert serait le lils du seigneur de Bouqucron, voisin de Montfleury, et on l'avait appelé le Rond parce qu'il devint « un gros garçon, au régime d'un paysan suisse, chez lequel on l'avait mis ».
L'ouvrage se complète de prétendues « lettres » de M. d'Alembert et se termine enfin par les « Rêves de M™® de Tencin, écrits avec M. de Voltaire )). Ces song(^s apocalyptiques n'ont d'ailleurs aucun sens.
L'ensemble de l'ouvrage paraît dirigé plutôt contre d'Alembert, mais la faiblesse de l'invention et la tournure ridicule du style en font une œuvre plus digne encore de pitié que de mépris.
Ce qui n'empêche pas l'auteur de vouloir nous persuader de l'authenticité de ses citations et de nous dire avec emphase :
« Un pigmée de la littérature, pendant mon voyage en Suisse, m'avait fait un larcin de ces deux entretiens^. J'en arrêtai l'impression, au moment où il les allait mettre au jour. »
Le pauvre homme !
1. Dialogues de Mme de Tencin et de Ganganelli, soi-disant recueillis de la bouche môme des deux acteurs par l'auteur, dissimulé derrière des buissons.
LE PILLAGE DE SAINT-BARNARD (Extrait de l'histoire des huguenots à Romans, par M. J. Chevalier.)
Nous avons sous les yeux le texte complet d'une enquête qui fut faite à Romans au mois de novembre 1563, pour constater les dégâts commis l'année précédente par les huguenots de la ville de Romans. On reçoit les dépositions de vingt témoins. Le troisième, Claude Manuel, marchand de Romans, âgé de quarante-cinq ans ou environ, dépose que « auparavant
ft les troubles l'église de S' Barnard dud. Romans csloit
« bien garnie et fermoit de bonnes et fortes portes et serrures, « et dansicelle église avoit pour turbine des pierres de marbre, « un de ses piliers de marbre et autres riches et belles pierres, « un chœur joignant à lad. turbine bien dressé et garni de « sièges et histoires ornées de bois de noyer, parmi des poul- « pitres et plusieurs beaux livres et au-dessus dud. chœur un « grand treillis de fer et un peu plus haut un grand autel de « marbre de grande et belle structure, et aud. grand autel, (.( trois châsses couvertes d'argent et plusieurs autres beaux
« reliquaires Davantage avoit dans icelle église deux paires
« d'orgues, une grande et l'autre moyenne, étant dans les « chapelles vojstées, l'une appelée de N.-D et lautre de
« S* Eloy Le clocher de lad. église garni de 8 bonnes
« cloches... Et davantage lad. église avoit plusieurs beaux « habits comme chappes d'or, de velour, de damas et aultres « draps de soye de plusieurs et diverses couleurs... Lesd. tur- « bine, chœur et tous les autels ont esté démolis, ruinés... Et « lorsqu'on enleva lesd. treillis de fer, il étoit en la boutique « que feu Jean Gaufredi tenoit sur la grande place, doù il vit
« charrier à certains portefaix les fers descl. treillis, sortant (( chargés de lad. église, et alloient décharger en la boutique « de Jacques Guillaud marchand dud. Romans, led. Guil- (.'. laut accompagnant lesd. porteurs, portant une plume « pour écrire et en la main du papier, comme s'il eût tenu « raison dud. fer, et ouï dire, lui qui dépose, que ceux de la « religion avoient baillé led. fer aud. Guillaud pour récom- (( pense des frais de fournitures qu'il avoit faits pour la « religion. Dit aussi que pendant led. temps les orgues de lad. « église ont été cassées,. rompues et abattues, et lors qu'on les « abattoit, il déposant entra en lad. église S'-Barnard et cha- « pelle oiî étaient icelles orgues, où il trouva Jean Guigou et « Séverin Chatagnier dud. Romans, qui commandoient aux « aultres... Davantage dépose que l'on a abattu et tombé dud. (( clocher 5 cloches... et aussi les couches des fonds de bap- « tome et d'un c^rand bénitier furent ôtés de lad. ci^lise et aud. « déposant baillés par messires Guigues Vcilheu et Antoine (( Veilheu habitués de lad. église, lesquelles couches il déport saut fut contraint remettre en mains et pouvoir d'un exécu- « teur, en vertu d'un commandement qu'on lui fit, par com- « mandement de M. Triors, lors gouverneur dud. Romans, « au logis duquel lesd. couches furent portés. Dit davantage « que toutes les portes de lad. église furent une nuit enlevées
« et jetées dans la rivière... A vu aussi les églises S'-Nico-
« las, S'^-Romain etS'^'^-Foy entières, desquelles aussi puis lesd. « troubles ont été ruinées et démolies »
liNSGRIPTION GRAVÉE SUR LE TOMBEAU DE FAMILLE DES SEIGNEURS DE TRIORS
Après, avoir, payé. le. LribvL. de. nalvre. Novs. avons, esté. mis. en. ceste. sepvUvre. D'ov. novs. croyons, sortir, povr. revivre, en. nos. corps. Qvand. Diev. viendra, ivr/er. les. vivaiis. et les. morts. ' Car. noslre. ferme, f'oy. a. tovsiovrs. été. telle.
Qve. d'espérer, an. ciel. vue. vie. éternelle.
De par le roy de la Perdrix.
II est faict commandement à tous vivandiers, hostellicrs, cabareticrs et aultres vendants vivres à la suitte de la cour de survendre les vivres et aultres denrées plus que du taux cy dessoubs ordonné.