CHAPITRE II
L'orfèvre Gitérin. — Sa prospérité. — Il fait embrasser a ses fils des carrières libérales et marie sa fille a un notable de Romans. — Antoine, l'aîné des Guérin, devient lieutenant du juge royal et épouse la fille de celui-ci. — progrès de la Réforme. — Intervention du baron de Vinav, puis de M. de la Motte-Gondrin. — Les hérétiques brûlent le calvaire. — Le
BARON DES AdRETS VIENT SOUTENIR LES HUGUENOTS DE ROMANS ET
massacre La Motte-Gondrin. — L'édit de pacification. — Antoine Guérin, devenu juge-mage, est chargé des indemnités et pacifie LA ville. — Il est aidé par les corporations.
La boutique du joaillier Guérin, située rue Saint-Roch*, fut très simple. Elle ouvrait sa devanture entre des arceaux de pierre ■, qui formaient un cadre un peu sévère aux bijoux et à la vaisselle plate, étalés sur des tablettes derrière le vitrage à petits carreaux. Mais à cette époque, la concurrence ne nécessitait pas le luxe des magasins, et d'ailleurs le principal commerce de Torfèvre-joaillier consistait surtout dans l'exécution des commandes, le change et la fonte des matières d'or et d'argent.
Pour exercer ce métier il fallait des hommes de conscience, et les orfèvres, avant d'être autorisés à ouvrir boutique, étaient soumis à des formalités qui fournissaient une première garantie touchant leur honorabilité. Cette sorte de marchands, par le fait même de leur commerce, se trouvaient donc déjà rangés dans une catégorie d'élite et l'on peut dire que les orfèvres, pour une partie de leur travail, remplissaient de véritables fonctions. Pierre Guérin exerça les