‹ Les Guérin de Tencin, 1520-1758Chapitre 9 sur 241 · L'ORFEVRE GUERIN · texte numérisé non relu

L'ORFEVRE GUERIN

siennes avec une intelligence et une honnêteté qui lui valurent rapidement l'estime générale de ses nouveaux concitoyens ; et sa prospérité devint telle que, dix-sept ans après son arrivée, il put acheter une terre à Monteux * et envoyer ses deux fils, Pierre et Antoine, à l'université de Valence, tout heureux de penser que les enfants du colporteur feraient sans doute des robins.

De fait, Pierre embrassa l'état ecclésiastique et devint plus tard chanoine du chapitre de Romans". Quant à Antoine il sut conquérir le titre de docteur es lois et lorsqu'il fut en âge de se marier, l'un des hommes les plus considérés de Romans, Antoine de Garagnol, lui accorda la main de sa fille Françoise. Enfin le maître de la monnaie, Claude Monnier de Rochechinard, que ses fonctions mettaient en relations fréquentes avec l'orfèvre, remarqua la sœur de Pierre et d'Antoine. Par une coïncidence curieuse elle s'appelait Françoise, comme sa belle-sœur. Claude Monnier, séduit par ses qualités et aussi sans doute par ses charmes — car dans cette famille toutes les femmes furent jolies — n'hésita pas à la demander en mariage ^ En même temps, la fortune augmentait en raison même, semblait-il, des charges que l'heureux développement de la famille imposait à l'orfèvre. Il est vrai que celui-ci ne négligeait aucune occasion de faire fructifier ses écus. En véritable homme d'affaires il avait pris, de moitié avec Jean Guerre *, un autre marchand, l'entreprise

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