NAISSANCE DE D'ALEMBERT
Quant à l'abandon do l'enfant, on se demande s'il fut exécuté par l'ordre formel de la mère ou par suite d'une entente tacite avec Molin, habitué à ces sortes d'opérations.
Malheureusement, si Mme de Tencin n'eut pas le courage, dans un moment aussi critique, de réclamer son enfant, elle eut plus tard l'occasion de le retrouver. Et toujours elle s'en tint éloignée avec une indifférence qui semble, en pareil cas, pire que la haine.
Maintenant, que l'on veuille bien imaginer quel pouvait être, touchant les devoirs maternels, l'état d'esprit d'une femme qui s'était vue, dès le début de sa vie, attaquée et contrainte par ses propres parents avec une rigueur devant laquelle des ennemis mêmes auraient reculé.
Par ses propres moyens, grâce à son énergie, à sa persévérance, elle était parvenue à conquérir cette liberté si ardemment désirée; elle en avait joui avec délices, et à peine commençait-elle à en profiter, qu'il lui aurait fallu se charger elle-même de nouvelles chaînes, au nom d'un sentiment qu'elle aurait dû ressentir mais que ses éducateurs avaient détruit par leur exemple.
Loin de lui apprendre que Ton doit aimer ses enfants, on n'avait songé qu'à se débarrasser d'elle...
Mais l'instinct maternel est le plus beau que Dieu ait mis dans le cœur de ses créatures. Quiconque s'en affranchit est criminel, et pour Mme de Tencin, en dépit des meilleures explications, l'abandon de son enfant demeurera toujours une vilaine page dans sa vie.
embers! » pour que plus tard cette expression, demeurée dans le souvenir de la famille, ait été préférée au nom de Jean-le-Rond, vraiment peu distingué. La corruption ou le désir de ne point usurper le nom des princes d'Aremberg fit mettre un l à la place de \'v et amena dWlembert.