Lettre inédite, 17*21, iijid
LE COMTE HOYM i73
amplement le nom que je vous ai donné'. Le « Petit » et moi avons résolu de vous faire une petite correction. Mais il faut pour cela que nous ne soyons que trois. Nous prendrons le jour aujourd'hui. Ne manquez pas de vous rendre chez Noce. Vous y êtes prié à souper et, comme il prend la mouche, il faudra être chez lui à une heure raisonnable. Ayez pour agréable de ne pas dîner afin dem'éviter la peine de veiller sur vos actions pendant le souper. »
Ces réunions fréquentes permettaient aux habitués de s'exprimer ensuite à mots couverts dans leurs correspondances et même de parler en public des choses les plus secrètes, tellement il leur était facile de se comprendre par des allusions, dont seuls ils possédaient la clé.
Et puis, on échangeait des papiers: sollicitations, brevets ou concessions, que l'on devait s'efforcer de présenter à la signature des grands personnages, voire du Régent, quand l'occasion semblait favorable.
« Il n'y a pas eu moyen hier de présenter votre papier au Régent, mandait Schaub à Hoym. J'en ai pourtant parlé au cardinal qui m'a assuré qu'il le portait sur lui pour le faire signer à la première rencontre convenable.
« Il est très impatient de voir avec vous l'ouvrage du G. P.' Est-il fait ou près de l'être? Et y aurait-il de la possibilité que nous puissions le porter ce soir à Versailles? Répondezmoi promptement sur tout ceci. Je dînerai chez vous avec niylord et myiady Vhitworth et je veux que ?na femme en soit aussi. Ce qui est décisif comme vous savez. Mais je ferais bien un petit voyage avec vous entre cy et le dîner, si tel était votre arrangement.
« Adieu et grand merci. Rien des compliments, ' »
On voit quelle place importante Mme de Tencin avait prise
1. Probablement « le dégoûté ». surnom sous lequel Hoym était parfois désigné en alternanco avec celui de « Grand ».
2. Grand-Président. Il s'agit presque sûrement de Montesquieu et des Lettres Persanes.